Après l’exclusion du Hachd du « vote spécial », la fraude et la guerre civile menacent les élections irakiennes

Au moment où les dirigeants chiites commençaient à se mobiliser quelques jours avant les élections irakiennes et la dissolution du parlement, la décision de la Haute Commission électorale d’exclure les forces du « Hach Al-Chaabi » du vote spécifiques aux forces de sécurité, et de les inscrire pour le suffrage général, les milices pro-Iran étaient en colère, dirigées par la coalition « Al-Fateh », le bras politique des factions du « Hachd ».

La porte-parole de la Haute Commission électorale indépendante d’Irak, « Jumana Al-Ghalay », a indiqué que l’Autorité du Hachd n’a pas fourni  à la Haute Commission les noms de ses membres. Pour cela elle les a inscrits dans le suffrage universel, en soulignant que « les droits des membres du Hachd al-Chaabi est préservé dans le suffrage universel.

Confusion et concurrence

Le vote spécial doit commencer le 8 octobre, puis le vote général viendra deux jours plus tard, car le nombre de personnes autorisées à participer est de 25 millions et 139 mille et 375, tandis que le nombre d’électeurs inscrits a atteint près de 15 millions. , selon la Commission.

La porte-parole de la Commission a affirmé que « la Commission a envoyé 4 lettres officielles à l’Autorité du Hach Al-Chaabi, dans le but de lui fournir des données sur leurs affiliés et afin de participer au vote spécial, et ces données sont venues après la fin de l’étape de la mise à jour ayant commencé en février et s’est achevée en avril dernier », expliquant que « les déclarations du Hachd Al-Chaabi étaient attendues depuis longtemps, et la Commission n’a pas pu les inclure dans le vote spécial, mais elles sont concernées par le vote général, et leur droit de les élections de 2021 dans le cadre du  scrutin général.

Al-Ghalay a ajouté que « la Commission électorale s’est engagée à respecter un calendrier d’actions et des délais, et elle ne peut pas ajourner son travail, puisque chacune de ces phases a un calendrier, puis la Commission électorale poursuit son travail, car toute violation de ce calendrier aura une incidence sur la date des élections.

Il est à noter que plus de 25 millions d’électeurs ont été invités à voter aux urnes lors des élections anticipées du 10 octobre, qui devaient se tenir en 2022, selon une nouvelle loi électorale qui adopte des circonscriptions multiples et vote pour un seul candidat, qui est censé limiter la domination des grands partis et des factions « du Hachd » possédant un bloc politique, car le bloc politique qui lui est associé dans le parlement actuel comprend 48 députés sur 329, et ils sont entrés au parlement pour la première fois en 2018 .

La milice du « Hachd Al-Chaabi » avait, quelques jours avant les élections anticipées irakiennes, fait appel à 30.000 de ceux ayant été abandonnés à cause des crimes, alors que le chef de l’Autorité du Hachd Al-Chaabi a annoncé le retour au travail de ceux dont les contrats avaient été résiliés ces dernières années, indiquant que les milices sont prêtes au plus haut degré de violence afin de protéger ses intérêts et les intérêts de l’Iran pour accéder au Parlement.

Éloignement technique

En outre, les observateurs estiment que « la décision de la commission n’affectera pas le Hach Al-Chaabi, car en fait ils ont obtenu les cartes biométriques pour voter, et tout le monde participera aux élections, que ce soit par vote spécial ou public, et la privation est une question purement technique et administrative », tandis que d’autres affirment que « le Hach Al-Chaabi est lié à des factions pro-Iran, et l’exclusion de ses éléments, affecte négativement les forces qui lui sont associées dans le processus de vote.

« Mohammed Al-Baldawi », le député de la coalition « Al-Fateh » dirigé par Hadi Al-Ameri, a estimé que derrière la décision d’écarter délibérément des partis politiques anonymes, pour empêcher les combattants du « Hachd Al-Chaabi » de participer aux élections, en raison de leur exclusion du vote spécial, en expliquant qu’« il y a des empreintes claires derrière l’exclusion des combattants du Hachd Al-Chaabi  de voter lors du vote spécial ».

Il est à rappeler qu’à la fin de 2016, le parlement adoptait une loi réglementant le travail des forces du Hachd Al-Chaabi en devenant une force militaire officielle sous le commandement du commandant des forces armées, le Premier ministre.

Un membre de la commission parlementaire de sécurité et de défense, le député « Gatah Al-Rekabi », a indiqué que « le Hach Al-Chaabi est différent des autres forces armées, car il s’agit des brigades liées à des factions, et si une exclusion se fait contre ses éléments, les forces associées seront affectées négativement lors du processus de vote », ajoutant que « la raison annoncée par la Commission est que l’Autorité du Hachd al-Chaaabii n’a pas fourni les noms, mais il y a une autre question qui doit être soulevée, si les noms n’ont pas été fournies, peuvent-ils participer au vote général ?

Le représentant de la coalition de l’« État de droit » a également expliqué que « le droit de vote est garanti à tous les Irakiens, et aucun parti n’a le droit d’en priver qui que ce soit. Et la Haute Commission doit répondre s’il y a certaines parties derrière la décision d’écarter les forces du Hachd Al-Chaabi ou Non ».

Les blocs concurrents vivent dans la confusion en raison de la difficulté à convaincre le public mécontent de la nécessité de les réélire. Certains partis ne trouvent pas les mots pour convaincre les électeurs et les motiver. Nouri Al-Maliki, leader de le Coalition de l’Etat de droit, qui espère être le numéro un dans les provinces chiites, et Ammar Al Hakim, leader de l’Alliance des forces de l’État et Hadi al-Ameri, le chef de l’Alliance Al-Fateh, continuent leur rounds, tandis que les « Sadristes » se sont contentés d’écouter les directives de leur chef Moqtada al-Sadr.

Des avertissements et une guerre civile…

Par ailleurs, les dirigeants des blocs électoraux et les factions chiites soutenues par l’Iran ont révélé qu’il y a une volonté de falsifier les élections législatives, en raison de l’inquiétude croissante concernant les résultats des élections. Le secrétaire général du mouvement Asaïb, « Qais Khazali », qui dirige la plus grande milice chiite fidèle à l’Iran, a affirmé qu’« il y a une volonté de frauder les élections parlementaires électroniquement et sur le terrain », en ajoutant qu’« il n’y a pas de résultat clair et rassurant pour prévenir les fraudes sur le terrain, et que les forces politiques discutent de ce dossier avec le premier ministre, Moustafa Al-Kazemi, et que changer la politique de sécurité électorale peut contribuer à réduire la fraude.

Le chef de la milice Asa’ïb est à la tête du bloc « Al-Sadiquon » de la liste Al-Fateh dirigé par Hadi al-Ameri, chef de l’Organisation Badr, qui regroupe toutes les factions chiites fidèles à l’Iran, dont l’Organisation Badr et le Conseil suprême islamique dirigé par « Humam Hamoudi».

Les déclarations de Khazali sont intervenues quelques jours après que le chef de la Coalition pour l’État de droit, Nouri al-Maliki, ait utilisé les mots « falsification » et « guerre civile », en référence à un conflit aigu entre les blocs chiites concurrents. Al-Maliki a mis en garde, en faisant référence au courant sadriste, présidé par Moqtada Al-Sadr contre les tentatives de falsifier les élections.

Des sources politiques ont minimisé l’importance des avertissements de fraude de Khazali, en soulignant que « les déclarations de Khazali sont une tentative de marquer sa présence au festival électoral complexe et sont dues à la difficulté de prédire les résultats des élections de la semaine prochaine ».

Les sources politiques ont confirmé aux médias que « Khazali veut anticiper les choses, par crainte de l’échec des candidats de la milice Asa’ïb à obtenir les voix requises, d’autant plus que la concurrence est féroce avec les mêmes alliés chiites dans la liste d’Al- Fateh», en indiquant que « la rue irakienne qui se révolte contre les milices se rend clairement compte que Khazali ne représente pas la solution à la crise croissante du pays ».

Et la milice d’Asa’ib a exploité le soutien du religieux en Iran, « l’ayatollah Kazem Haeri », qui a émis une fatwa interdisant « l’élection de ceux qui sont en conflit avec les forces du Hachd Al-Chaabi, ou qui se cachent derrière les revendications de fusionner le Hachd avec les forces de sécurité pour l’affaiblir ou la diluer.

Il convient d’évoquer que les partis et les milices chiites sont représentés par un ensemble de listes électorales concurrentes, à travers lesquelles ils aspirent à obtenir le poste de Premier ministre pro-iranien. Le courant sadriste, dirigé par Moqtada Al-Sadr y participe  avec une liste électorale indépendante ne cachant son aspiration de remporter le poste du premier ministre, contre la liste d’Al-Fateh, regroupant des factions pro-iraniennes, puis l’Alliance de l’« État de droit » dirigée par al-Maliki, tandis que L’ancien premier ministre « Haïder al-Abadi » a choisi de s’allier avec le religieux chiite « Ammar al-Hakim » dans l’alliance des « Forces nationales de l’État ».

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