Après l’investissement dans l’Etat islamique l’Iran se dirige vers les talibans

Pour l’activiste et opposant iranien Mohamed Hedayati, la politique iranienne vis-à-vis du mouvement Taliban en Afghanistan se positionne entre la technique politique et le pragmatisme. D’ailleurs, il n’exclut pas un soutien des services de renseignement iraniens au mouvement. Une situation qui a contribué d’une manière ou d’une autre à l’augmentation de la fréquence des attaques à l’intérieur des frontières afghanes, récemment. Au cours des deux derniers mois, le mouvement extrémiste Taliban a adopté plusieurs opérations et attaques visant des centres de rassemblement électoral et des cibles de sécurité, malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu avec les États-Unis.

Le rêve iranien

Tout ce qui se passe actuellement en rapport avec l’activité du mouvement Taliban, est lié selon l’activiste iranien, à l’accord, que le mouvement a paraphé avec les américains à Doha il y a quelques mois. Il ajoute dans ce sens: « La mise en œuvre des termes de l’accord signifie la sortie des forces américaines et de la coalition d’Afghanistan, ce que constitue un intérêt national pour le régime iranien. Raison pour laquelle l’Iran pousse fortement à appliquer les termes de l’accord. »

En ce qui concerne le lien entre le soutien du renseignement iranien aux attaques des Taliban et l’accord, selon notre interlocuteur, est que les attaques de l’organisation peuvent pousser le gouvernement afghan à accepter toutes les dispositions de l’accord et ses termes. Ainsi, il a mis le point sur les manœuvres qui vise à établir le chaos qui représente également un intérêt majeur pour l’Iran.

L’armée américaine avait commencé en mars dernier à se retirer d’Afghanistan En application de l’accord de paix, qui prévoit la réduction de nombre de forces américaines à 8 600 soldats, en 135 jours.

Le retrait des Américains signifie le retour des talibans au pouvoir en Afghanistan, comme il l’affirme « Mohamed Hadyeti » en précisant que ce scénario peut être un rêve pour le régime iranien, d’autant plus que tous les intérêts de l’Iran dans la région sont directement liés à l’enracinement de l’anarchie et de l’Etat des milices comme en Irak, au Yémen et au Liban, car ce sont des gouvernements et des organisations qui ne respectent pas les résolutions internationales ou la légitimité, et sont plus capables de briser le sanctions imposées à l’Iran ».
Les renseignements américains ont révélé qu’un grand nombre de dirigeants talibans et d’Al-Qaïda, dont « Hamza Ben Laden », le fils de l’ancien chef d’Al-Qaïda, avaient fui en Iran après la guerre de 2001.

La paix à travers la porte de la guerre

Ce que l’Iran recherche, dans son soutien aux Taliban, est déterminé par le chercheur stratégique iranien, « Bir Muhammad Malazhi », qui a souligné que les relations entre l’Iran et l’organisation ne sont pas une chose nouvelle.

Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien, « Ali Shamkhani » avait révélé plus tôt lors de sa visite en Afghanistan en 2018, qu’il y avait des pourparlers entre son pays et les talibans.

Ppour Malazhi l’Iran a réalisé d’une manière ou d’une autre la nécessité de travailler avec les talibans. Une réalité imposée par les conditions actuelles sur la scène internationale et régionale, notamment depuis 2018.

Le journaliste Hassan Fahs considère la recherche d’un équivalant stratégique, est l’un des motifs du gouvernement iranien pour jouer les cartes d’Al-Qaïda et des Taliban.

Certains médias iraniens avaient parlé d’un rôle important des services de renseignement iraniens dans le processus de liquidation de l’ancien chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden par l’armée américaine au Pakistan, en 2009.

Dans ce contexte, l’activiste Hadayeti explique que l’objectif de l’Iran, à travers le soutien d’Al Qaida est de garantir la poursuite des négociations avec les américains et les pays de la région. Il a ajouté dans ce sens que le régime iranien est conscient du fait qu’il est rejeté au niveau international et qu’il n’a aucun moyen d’entrer dans le système mondial, sauf à travers la porte arrière et les chambres verrouillées en négociant pour le soutien des organisations extrémistes, a-t-il dit.

En 2018, le journal britannique The Times a cité un responsable pakistanais confirmant que des centaines de combattants d’élite talibans avaient reçu une formation en Iran et que le but de ces exercices était de se concentrer davantage sur l’attaque des intérêts des États-Unis et de l’OTAN en Afghanistan.

Options d’impact

Les conséquences des attentats du 11 septembre à New York se sont étendues radicalement dans plusieurs pays. L’analyste politique « Mahdi Boutmazin » souligne que l’entrée des Américains en Afghanistan a mis le régime iranien devant un choix parmi trois, le premier consiste à garder la neutralité. Le second est le soutien du Front national islamique pour la libération de l’Afghanistan, qui sera un soutien indirect à la guerre contre l’organisation, et le troisième, le soutien aux talibans, a-t-il dit.

Face à ces options, « Butzemine » indique que l’Iran a finalement été contraint de choisir, soulignant que malgré sa position anti-Talibans dans la guerre, l’Iran essaie de faire face à la marée coloniale américaine, telle qu’elle la décrit. Cela explique pourquoi l’Iran a ouvert ses frontières en tant que point de passage pour les éléments d’Al-Qaïda pour entrer en Irak et accueillir les familles « Moudjahidines », comme il l’a fait pour la famille Ben Laden.

Les États-Unis d’Amérique avaient annoncé il y a plusieurs mois que le fils de l’ancien chef d’Al-Qaïda, Hamzah ben Laden, avait été tué dans une opération aérienne qui le visait en Iran, et les médias internationaux avaient publié des vidéos qui concernaient le mariage de « Hamzah », qui a également été évalué en Iran. Le changement dans les relations entre les deux parties, à savoir l’Iran et les Taliban, est imposé par le pragmatisme de faire face aux événements, ce qui est acceptable du point de vue politique << machiavélique >> qui exonère les moyens d’atteindre un objectif spécifique. Téhéran est un bureau de représentation du mouvement, comme l’a fait Doha, notant que la petite alliance entre Téhéran et les talibans trouve sa justification dans les multiples partisans qui partagent des intérêts communs.

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