Avec les menaces des Frères musulmans… De nouvelles décisions du président tunisien

Le président tunisien, Kais Saïed, a décidé de limoger un certain nombre de hauts responsables de l’État et du gouvernement, et ce dans le cadre d’un ensemble de décisions exceptionnelles que Saïed a commencé à prendre il y a deux jours, dont la première était le gel du Parlement et la destitution du chef du gouvernement Hichem Mechichi.

Les décisions de limogeage émises par la présidence tunisienne concernaient le secrétaire général du gouvernement, le chef du cabinet de la présidence du gouvernement, les conseillers de l’ancien chef du gouvernement, le président de l’Instance générale des martyrs et des blessés de la Révolution et des actes terroristes, et certains chargés de mission au cabinet du chef du gouvernement.

Il est à rappeler que «Saïed» a refusé de qualifier les décisions qu’il a prises de coup d’État, comme les qualifiait le mouvement Ennahdha, qui contrôle la présidence du Parlement, en insistant qu’elles sont constitutionnelles et relèvent de l’activation de l’article 80 de la Constitution tunisienne.

En parallèle, les Frères musulmans, qui considèrent Ennahdha en tant que son bras politique en Tunisie, ont menacé d’inciter contre le président tunisien, et l’État tunisien d’un sort similaire à celui de certains autres pays si Saïed ne revenait pas sur ses décisions concernant le gouvernement et le Parlement.

Dans un communiqué publié par les médias locaux, les Frères musulmans ont laissé entendre que la Tunisie sombrerait dans la violence, la destruction et l’effusion de sang si la décision de suspendre le Parlement continuait et n’était pas immédiatement annulée, en indiquant qu’ils ont mené des consultations intensifiées pour examiner les scénarios de confrontation avec le président tunisien et empêcher la chute du mouvement en Tunisie.

Saïed a confirmé plus tôt que sa patience était à bout parce qu’il avait mis en garde à plusieurs reprises qu’il était en mesure de désigner n’importe qui pour former un gouvernement, mais il savait qu’il n’aurait pas la majorité, il a donc préféré la patience pour donner une chance aux institutions de l’État. Il a encore dit qu’« il y a certains qui ont transformé la révolution en butin et délibérément volé la volonté du peuple, et j’appelle tout le monde à rester calme et à ne pas se laisser entraîner par des provocations et des rumeurs, car je ne veux pas aucune goutte de sang versée, et la loi doit être appliquée à tout le monde sans exception».

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