D’Al-Zarkaoui à Qirdash, les chefs de l’État Islamique en Irak et en Syrie

Le service des renseignements irakien a annoncé le mercredi 20 mai l’arrestation de Nasser al- Qirdash le principal candidat de l’Etat islamique pour occuper la place de l’ancien chef de l’organisation terroriste Abou Bakr Albaghdadi.

La même source a ajouté qu’il avait mené les interrogatoires nécessaires avec Qirdash qui a été le chef du comité délégué de l’Etat islamique et a travaillé avec l’organisation en tant que leader depuis l’époque Abou Moussab al-Zarqaoui, l’ancien chef Al Qaida en Irak. Par ailleurs, aucun détail sur l’arrestation n’a été dévoilé.

Né à Mossoul, Abdel Nasser Qirdash a occupé de nombreux postes militaires à l’époque d’Abou OmarAl-Baghdadi jusqu’à Abu Bakr Al-Baghdadi, et a participé à plusieurs opérations militaires en Syrie et en Irak. Connu pour son extrémisme l’homme est proche des dirigeants arabes de l’organisation.

Si il n’était pas capturé Qirdash serait le cinquième chef de l’organisation terroriste, après Abu Musab al-Zarqawi, Abu Hamza al-Muhajir, Abu Omar al-Baghdadi et Abu Bakr al-Baghdadi.

L’organisation Daech est le dérivé d’Al Qaida en Irak. Le départ était avec Abou Moussab al-Zarqaoui en 2004. À l’époque la mission était de combattre les forces américaines à côté du Conseil de choura des djihadistes et d’autres groupes.

Qui est Abou Moussab al-Zarqaoui ?

Abou Moussab al-Zarqaoui, né Ahmad Fadil Nazzal al-Khalayleh le 30 octobre 1966, à Zarka, en Jordanie. Membre d’Al-Qaïda en Irak, al-Zarqaoui a dirigé des camps d’entraînement en Afghanistan. Il est devenu célèbre en Irak car il été responsable d’une série d’attaques et d’attentats à la bombe pendant la guerre en Irak. Fondateur de l’organisation « Tawhid et djihad » dans les années 90, dont il a resté le chef jusqu’à sa mort en 2006.

Via des messages vocaux et des vidéos, al-Zarqaoui a revendiqué sa responsabilité, de plusieurs attaques en Irak, y compris des attentats-suicides et des exécutions d’otages. Connus plus tard comme le chef de d’Al Qaida de Djihad en Mésopotamie, une branche d’al-Qaïda en Irak.

Il était également le chef du Conseil des moudjahidines de la Choura en Irak jusqu’à son assassinat. Il est devenu célèbre après avoir tué un otage américain en Irak en 2004.

Ahmed Fadil Nazzal al-Khalayla est plus connu sous son pseudonyme Abou Moussab al-Zarqaoui. De confession sunnite, il est probablement né le 20 ou 30 octobre 1966, à Zarka en Jordanie, d’où sa nisba voulant dire « originaire d’al-Zarqa ». Sa kunya « Abou Moussab » est une référence à Mousab ibn Oumayr, compagnon du prophète Mahomet. Il a arrêté ses études après avoir terminé le deuxième secondaire et a travaillé comme employé dans la municipalité de Zarqa en 1983, et en 1984 il est entré dans l’armée conformément à la loi sur la conscription obligatoire pour une période de deux ans. En cette période, il a fait connaissance de Abdul Majeed Ibrahim Al-Majali.

Al-Zarqawi a fait son entrée dans les organisations djihadistes par le biais d’Abdul Majeed Ibrahim Al-Majali, plus connu sous son pseudonyme Abu Qutaiba Al-Urduni, en 1988, où Abu Qutaiba était le directeur du bureau afghan des services des moudjahidines en Jordanie, un bureau non officiel de recrutement de jeunes, d’organisation des conférences et de collecte de dons.  C’était Abu Qutaiba le Jordanien, qui l’a recruté et lui a facilité son voyage en Afghanistan. À Peshawar, al-Zarqawi a fait la connaissance d’Abu Muhammad al-Maqdisi. Ensuite, il est retourné en Jordanie où il a été arrêté en 1990 pour possession des armes et des explosifs chez lui. Il a été condamné à six ans de prison.

Al-Zarqawi a passé 7 ans dans les prisons jordaniennes, où il a rencontré Abu Muhammad al-Maqdisi, déjà condamné en 1996 à 15 ans de prison. En 1999 le roi jordanien Abdullah a annoncé une amnistie générale pour tous les prisonniers en Jordanie après avoir pris les rênes.  Zarqawi a quitté la prison et serait reparti pour l’Afghanistan et y serait resté jusqu’au début de l’an 2000.

Après sa libération en 1999, Zarqawi aurait participé à une tentative de bombardement de l’hôtel Radisson d’Amman, où de nombreux touristes israéliens et américains étaient présents. À ce période il a quitté le pays pour aller se réfugier à Peshawar près de la frontière avec l’Afghanistan. Ensuite a été reconnu coupable et condamné à mort par contumace.

Al-Zarqawi aurait cherché refuge en Irak après l’attaque au missile américaine sur sa base en Afghanistan en 2001.

En octobre 2002, Al-Zarqawi a été accusé de l’assassinat de la responsable de l’aide américaine Lauren Foley à Amman. Après plusieurs mois plus tard en 2003, Al-Zarqawi était considéré comme le cerveau d’une série d’attentats sanglants qui s’étalaient de Casablanca au Maroc à Istanbul en Turquie. Toutefois, l’Irak reste le centre d’activité Pour Al-Zarqawi.

Pour combattre l’armée américaine en Irak, Al-Zarqawi et ses amis en mis en place une stratégie de combat qui consiste à cibler les chiites dans l’objectif d’alimenter le conflit sectaire en Irak afin de saper la présence américaine. Cette orientation a été dévoilée en février 2004 par les américains à travers une lettre dans laquelle Al-Zarqawi a partagé sa vision avec ses collaborateurs.

 Dans la matinée du 7 juin 2006, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a annoncé la mort d’Abu Musab al-Zarqawi lors d’un raid américain. Le président américain George W. Bush a décrit Zarqaoui comme « un coup sévère pour al-Qaïda ».

Al-Zarqawi a épousé trois femmes, la première est Om Mohamed en Jordanie, mère de 4 enfants dont: Amina, Rawda, Mohamed et Musab, sa deuxième épouse, Israa, qui est la fille de Yassin Jarad, l’un des militants palestiniens impliqués dans le meurtre du chef chiite Mohamed Baqir al-Hakim, elle est tuée avec Al-Zarqawi, et la troisième femme une Irakienne a également été tuée avec lui.

Abu Hamza al-Muhajir

Abdel-Moneim Ezzeddine Ali Al-Badawi, alias: Abu Hamza Al-Muhajir ou Abu Ayoub Al-Masri, né en 1968 en Égypte au gouvernorat d’Al-Sharqiya. En 1982 il a rejoint un groupe jihadiste fondé par Ayman Al-Zawahiri et a travaillé comme assistant personnel d’al-Zawahiri. En 1999, il s’est rendu en Afghanistan pour rejoindre le camp d’Al-Farouk sous le commandement d’Oussama Ben Laden. En ce période il s’est spécialisé dans la fabrication d’explosifs, selon le général William Caldwell, porte-parole de l’armée américaine en Irak.

Après l’assassinat d’Abou Musab al-Zarqawi en 2006, Abu Hamza al-Muhajir est devenu le chef d’al-Qaïda, ensuite il été choisi comme ministre de guerre dans l’État islamique d’Iraq et premier adjoint d’Abou Omar al-Baghdadi, émir de l’État islamique d’Iraq.

En juin 2006, les forces américaines ont publié une photo qui, selon eux, était Abu Ayoub al-Masri, le nouveau chef adjoint d’Al-Qaïda en Irak, puis les autorités égyptiennes ont déclaré qu’il n’y avait pas un tel nom dans leurs dossiers, et qu’il pourrait être « Sharif Hazza Khalifa » plus connu sous son pseudonyme « Abu Ayyub al-Masri ». Il a vécu pendant un certain temps en Jordanie et à Peshawar au Pakistan, où il a obtenu une maîtrise en sciences islamiques à Médine en Arabie Saoudite. L’avocat des groupes islamiques en Égypte, a confirmé plus tard que Hazza était détenue à la prison de Tora.

Par ailleurs, la femme de Hazaa, Hoda Ahmed Al-Sayyid (Om Bilal) a déclaré au journal égyptien « Sawt al-ommah » le 17 juillet 2006 qu’elle a été choquée lorsqu’elle a vu à la télévision que son mari avait été choisi, par al-Qaïda, comme chef sachant que ce dernier avait été arrêté il y a 7 ans en Égypte pour du soi-disant terrorisme, alors comment Il a pu être en Irak. Elle a ajouté : « Pourquoi mon mari exactement, comment les américains ont arrivé à le reconnaitre et comment ils ont eu sa photo? »

Hasnah al-Yamania, l’épouse d’Abou Hamza al-Muhajir, le chef militaire d’Al-Qaïda en Irak, a décrit son mari comme un extrémiste mystérieux. Elle affirme qu’Al-Masri l’a accusée d’être l’ennemi de l’État islamique parce qu’elle lui a posé la question : « où se trouve l’État islamique d’Irak dont vous parlez et nous vivons ici dans le désert? »

Hasna ajoute qu’elle a épousé Al Masri à Sanaa en 1998 et elle a trois enfants, confirmant que le vrai nom de son mari est Abdel Moneim Ezz El-Din Ali Al-Badawi. Il est entré au Yémen avec un passeport égyptien falsifié au nom de (Youssef Haddad Labib), et il a pratiqué l’éducation en dehors de la capitale

Elle ajoute que Al Masri est arrivé à Bagdad via les Émirats et elle avait lui rejoint d’Amman en 2002. Ils ont resté à Karrada pendant sept mois et à Amiriya six, puis ils ont déménagé dans la nouvelle région de Bagdad. En cette époque, le régime de Saddam est tombé.

Selon son épouse, Al Masri a quitté Bagdad, pour s’installer à Diyala, après un mois, il a déménagé à une maison à deux étages. Après une période, les forces américaines ont attaqué. Sa femme (également yéménite) a été arrêtée puis relâchée un jour plus tard. Elle a expliqué que son mari a survécu à l’attaque et s’est enfui à Falloujah. Après la deuxième bataille de Falloujah. Elle ajoute : nous sommes partis pour Zoba’a à Abu Ghraib et en 2007, nous avons vécu à Tharthar et déménagé dans plus d’un endroit jusqu’à ce que l’endroit soit découvert. Lors d’une attaque Al Masri est tué avec Abu Omar al-Baghdadi. »

Le magazine « Le Marine Times », porte-parole du US Marine Corps, a confirmé que l’administration Bush Jr. avait réduit sa récompense pour le chef d’Al-Qaïda en Irak, Abu Hamza al-Muhajir, de 5 millions de dollars à 100000 dollars, car elle estime qu’il a perdu son efficacité et ne vaut plus cette somme.

Abou Omar al-Baghdadi al-Husayni

En 2006, l’État islamique d’Iraq a été officiellement annoncée et Abou Omar al-Baghdadi, de son vrai nom Hamid Daoud Mohamad Khalil al-Zawi est proclamé chef de la nouvelle formation. Né en 1959,  Omar al-Baghdadi était l’émir de l’armée de la secte Mansoura et a ensuite prêté allégeance à Al-Qaïda en Mésopotamie. Il a formé plus tard avec d’autres groupes le Conseil des moudjahidines de la choura. Il a été nommé ensuite Émir de ce Conseil pour succéder à Abou Moussab al-Zarqaoui puis Émir pour l’État islamique pour l’Irak. Abou Omar, a travaillé dans les services de sécurité irakienne avent d’être pourchassé par le régime de Saddam Hussein à cause de ses convictions salafistes.

Le vice-ministre irakien de l’Intérieur a annoncé jeudi, correspondant au 3 mai 2007, que les forces américaines et irakiennes avaient tué l’émir de « l’État islamique d’Irak » dans un affrontement dans la région de Ghazaliya au nord-ouest de Bagdad, mais le général William Caldwell, porte-parole de l’armée américaine en Irak, a déclaré que ses forces avaient tué « le responsable de l’information » dans l’État islamique d’Iraq, appelé Muhareb Abdul Latif Al-Jubouri, dont «l’État islamique d’Iraq» a avoué plus tard sa mort par le biais d’une déclaration publiée sur Internet.

Le jeudi 23 avril 2009, le gouvernement irakien a annoncé l’arrestation d’al-Baghdadi, quelques heures après des opérations violentes qui ont secoué la région de Diyala et Bagdad, visant des Iraniens. Mais après quelques jours  Abou Omar Al-Baghdadi Al-Husseini a donné un discours.  Cela a porté un coup sévère au gouvernement irakien, bien que les forces américaines aient nié l’arrestation depuis le début.

L’assassinat d’Abou Omar Al-Baghdadi le 19 avril 2010 a été confirmé par l’Etat islamique d’Irak.

Abu Bakr al-Baghdadi

Son vrai nom est Ibrahim Awad Ibrahim Ali Al Badri Al Samarrai, et sa renommée est Abou Bakr Al Baghdadi, né le 28 juin 1971. Il a été élu en tant que successeur à Abou Omar Al Baghdadi en avril 2010, et après les développements syriens et l’entrée de l’État islamique d’Irak en Syrie, il est devenu «l’État islamique en Irak et au Chem ».

À l’été 2014, le porte-parole de l’organisation, Abu Muhammad al-Adnani, a annoncé que les noms de l’Iraq avaient été rayés et que leurs combattants avaient supprimé les frontières qu’il qualifiait d’idole. Et que le nom actuel serait supprimé et Abu Bakr Al-Baghdadi a été proclamé Kalifa des musulmans.

Après une série d’opérations qui ont tenté de cibler « Abu Bakr al-Baghdadi », le département d’État américain a annoncé le 4 octobre 2011 qu’Abou Bakr al-Baghdadi était considéré comme un terroriste mondial. Il a annoncé une récompense de 10 millions de dollars pour ceux qui fournissent des informations menant à sa capture ou à son meurtre, et le 16 décembre 2016, les États-Unis ont augmenté la récompense à 25 millions de dollars.

Le 11 octobre 2015, un avion de l’armée de l’air irakienne a dirigé une frappe dans un endroit de la région de Karabila où Abu Bakr al-Baghdadi rencontre ses dirigeants. Plusieurs membres de protection personnelle pour Abu Bakr al-Baghdadi ont été tuée et certains des hauts dirigeants, et à cette époque.

Le 26 octobre 2019, Baghdadi aurait été tué après un raid américain dans une opération spéciale dans le gouvernorat d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie. Le président Donald Trump a approuvé la mission secrète une semaine avant qu’elle ne se produise.

Al-Baghdadi est issu des tribus Al-Badriyin (Al-Bubdari), il a terminé ses études secondaires en 1991, il a obtenu des diplômes supplémentaires que le régime irakien accordait alors aux frères des martyrs avec la mort de son jeune frère alors qu’il était soldat dans l’armée irakienne sous Saddam Hussein. Quant à Al-Baghdadi lui-même, il n’a pas été admis au service militaire, car un certificat sanitaire délivré par son université montrait qu’il souffrait de myopie aux yeux.

Après avoir terminé ses études secondaires, Al-Baghdadi a demandé à étudier à l’Université de Bagdad. Il voulait, selon les documents de l’administration universitaire, étudier le droit.

Son deuxième et troisième souhait était la linguistique et la pédagogie. Cependant, ses diplômes d’études secondaires n’étaient pas suffisant pour entrer dans l’une de ces branches d’études, il s’est donc finalement inscrit au Collège de la charia islamique de l’Université de Bagdad.

Il a obtenu un baccalauréat en études coraniques. Après cela, il a obtenu une maîtrise en 2002, et sa thèse a porté sur le sujet des récitations du Saint Coran, puis sur un doctorat. En 2003, il a épousé sa première femme dans la province irakienne d’Anbar, était devant et prédicateur d’une mosquée à Bagdad avant l’invasion américaine de l’Irak.

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