Dans un conteste régionale enflammée, la Tunisie sans ministre des Affaires étrangères et sans ambassadeurs

Tunisie

À la lumière de tous les événements en Tunisie, y compris la formation d’un nouveau gouvernement, les conflits au parlement et les tiraillements entre les partis politiques, la diplomatie tunisienne, et en particulier la position régionale et internationale de la Tunisie, à la lumière des conflits croissants dans la région, est presque insignifiante.

En effet, la situation régionale est enflammée. Une guerre aux frontières sud-est de la Tunisie dans  la région du Sahel et du Sahara est sur le point de s’éclater. De nombreuses puissances régionales, européennes et arabes mobilisent leurs forces pour des batailles qui semblent n’attendre que la première étincelle, mais la Tunisie ne semble pas intéressée à cet égard, sauf dans la mesure où d’autres l’imposent.

Blocage diplomatique

Concrètement, l’ambassade de Tunisie à Tripoli est dépourvue d’ambassadeur qui défend les intérêts de la Tunisie et extrapole la situation dans ce pays frère. Ainsi, selon des sources concordantes le consul de Benghazi est parti pour la Tunisie il y a quelque temps en vacances annuelles et personne ne le remplace pour le moment.

Même la France, le pays le plus important pour la Tunisie, il n’existe pas un ambassadeur à Paris ni de consul général, ni de consul aux affaires sociales, ni de consul à Toulon.

Comme si la Tunisie était déterminée à vider toute la France de toute représentation diplomatique, uniquement pour satisfaire un tel fonctionnaire qui n’aime pas l’un des représentants diplomatiques de la Tunisie ou n’aime pas son nom.

En même temps, l’ambassade de Tunisie à Damas reste fermée malgré ce qui a été dit au sujet de sa réouverture depuis des années, et son ambassade à Bagdad reste également vide.

Dans de nombreuses capitales mondiales importantes, nous ne trouvons pas d’ambassadeur ou de diplomate capable de représenter réellement la Tunisie. Au contraire, nous trouvons généralement des consuls ou des diplomates de rangs différents, comme si le pays ne se souciait plus des relations avec les pays frères et amis, ou s’il ne se souciait plus beaucoup de la situation du monde et de la région.

Parallèlement, la Tunisie est soumise à des pressions diplomatiques au plus haut niveau, car elle est seule face aux pressions des axes régionaux. D’une part, des appels turcs et qataris pour attirer la Tunisie dans le cercle de soutien d’El Sarraj et le gouvernement Wifek. Et d’autre part, les émirats, l’Égypte et l’Arabie Saoudite veulent le soutien de la Tunisie pour Haftar et le parlement de Tobrek.  Face à cette situation, le ministère des affaires étrangères garde toujours la neutralité loin de tout alignement.

Pressions françaises et américaines

En revanche, la France exerce une forte pression pour revenir sur la scène tunisienne et pour servir leurs agendas dans la région.

Après avoir soutenu Yousef Chahed  et Elyes Fakhfakh, elle penche fortement du côté du président Kais Saied pour imposer ses calculs dans le pays et la région.

Il y a maintenant sur le sol tunisien deux ambassadeurs pour la France, l’ancien qui a choisi de rester pour accomplir des tâches selon ses dires, et le nouveau qui porte le rang d’ambassadeur extraordinaire, c’est-à-dire lié directement à l’Elysée, et qui a précédemment travaillé en Algérie, en Irak et en Libye. D’ailleurs, cet ambassadeur ne va que dans les régions où il y a des crises. Alors la France s’attend-elle à d’autres crises dans la région?

Quant à la deuxième forte pression, elle vient de Washington, et l’appel que le secrétaire d’État américain a lancé samedi 7 août au président Kais Saied en est une indication. Le secrétaire d’État américain a même écrit un tweet à propos de l’appel, disant: «Une conversation fructueuse aujourd’hui avec le président de la République tunisienne, Kais Saied, sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés aux Nations Unies et chez nous. La relation entre les États-Unis et la Tunisie est forte.

Les États-Unis, qui ont l’intention de renouveler les sanctions de l’ONU contre l’Iran, et pourraient également soumettre (eux ou la France) une liste sur le Liban, ont commencé à recueillir des appuis pour leurs efforts avec les membres du Conseil de sécurité. Le secrétaire d’État américain a jugé la conversation fructueuse et a déclaré que les relations entre les deux pays étaient solides. Ceci indique à quel point les Américains sont satisfaits du contenu de la conversation.

Un autre point de préoccupation: la Tunisie n’a pas de ministre des Affaires étrangères ni ambassadeurs dans de nombreuses capitales . C’est vraiment déroutant. C’est une autre mauvaise indication de ce que l’on attend de la politique étrangère de la Tunisie sur des questions internationales majeures et sensibles dans les semaines à venir.

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