Découvrez la prison du « Gouffre de l’enfer » en Iran, l’’épicentre du viol, du harcèlement et des maladies

Souvent, la détention des femmes en Iran est liée à des affaires de viol, de harcèlement et d’abus sexuels, surtout lorsque l’accusation est en rapport avec une affaire politique ou à l’opposition du Guide. Du coup, la détenue devient un butin partagé entre les geôliers et leur direction, selon les termes de la militante iranienne des droits de l’Homme, Maryam Zadeh.

Il est à indiquer que plusieurs rapports internationaux sur les droits de l’Homme publiés par Amnesty et d’autres organisations de défense des droits de l’Homme ont condamné les pratiques des autorités iraniennes à l’encontre des militantes féministes, dont la plupart ont confirmé qu’elles avaient été victimes des violations sexuelles violentes.

Le « Gouffre de l’enfer » … l’un des monuments de la torture

Les propos de la militante des droits de l’Homme, Zadeh, ​​sur le viol et la situation des femmes détenues en Iran l’a amenée à évoquer la prison appelée localement le «Gouffre de l’enfer». Il s’agit de la prison de Qarshak, réservée par les autorités iraniennes aux détenues iraniennes accusées dans des affaires politiques, ainsi que celles emprisonnées pour des affaires liées à la violence, selon ses dires.

« Zadeh » a par ailleurs indiqué que le viol dans ce centre de détention y constitue la méthode de torture classique et principale des détenues, tout en soulignant que le viol est exécuté avec beaucoup de plaisir et de vengeance de la part de l’administration pénitentiaire et de ses dirigeants, et que ces opérations sont menées pour humilier totalement les détenues et en violation de tous les sentiments et de tous les droits de l’Homme.

« Zadeh » a ajouté que les geôliers commettent des actes de viol guidés par leurs impulsions animales dépassant ainsi la torture pour satisfaire leur frustration, en expliquant : « C’est comme si le système les avait sélectionnés avec soin parmi les refoulés sexuels pour torturer cruellement les détenues ».

Selon l’organisation Amnesty International, un grand pourcentage des détenues iraniennes ne parlent pas de leur viol en raison des traditions sociales et de leurs craintes d’être tuées et de la honte. Elle encore dit que quelques-unes seulement ont pu parler de leurs dures expériences après avoir quitté l’Iran.

Une bataille pour la survie qui ne donne aucune chance aux faibles

Le viol, malgré sa sévérité et ses impacts cruels, ne représente qu’une partie de la torture dans le Gouffre de l’enfer, selon le témoignage de « Fatima », ancienne détenue dans cette prison. Elle a indiqué que la période de son séjour dans cette prison était une vraie bataille pour la survie, non seulement avec la sécurité ou la direction de la prison mais également avec toutes les circonstances entourant les détenues, y compris le conflit entre elles.

Fatima a souligné que les autorités iraniennes ont conçu la prison et établi ses lois pour qu’elle ressemble plus à un champ de bataille dans lequel les faibles meurent et seules les fortes qui pourront survivre. Elle a poursuivi : «Souvent, les prisonnières, quelles que soient leurs affaires et leurs accusations, sont rassemblées dans des cellules communes. Et là que la lutte pour la survie déclenche entre eux, surtout que beaucoup des détenues accusées d’infractions criminelles, tandis que d’autres souffrent de crises et de problèmes psychologiques, qui se reflètent dans leur interaction avec leur entourage.

Quant aux motivations des conflits entre les prisonnières, « Fatima » a dit qu’ils sont liés au manque de services et de nourriture fournis par l’administration pénitentiaire, ce qui déclenche , par exemple, un conflit sur les lits ou les quantités de nourriture ou l’utilisation des toilettes. Elle a dans le même contexte expliqué que certaines détenues dans la prison provoquent ces conflits, que ce soit avec l’appui du système ou pour s’imposer dans les cellules.

Il est à noter qu’un rapport publié par des organisations de défense des droits de l’Homme a révélé qu’il y a deux mille détenues iraniennes environ dans le Gouffre de l’enfer, dont «Sahar Tabar» connue comme «la version zombie d’Angelina Jolie», libérée il y a quelques jours.

Fatima a résumé la situation et les conditions difficiles dans la prison en indiquant que la moitié des prisonnières dorment par terre en raison d’un manque de lits, ce qui leur cause des problèmes de santé au cou, aux os et aux articulations, en ajoutant que la simple question d’obtenir un lit dans la cellule est susceptible de déclencher une guerre entre les prisonnières.

Des nourrissons derrière les barreaux et profusion des maladies

Misère, injustice et conditions difficiles sont incarnées en une seule chose, des nourrissons derrière les barreaux, avant qu’ils apprennent à prononcer leurs premiers mots, selon le témoignage de «Fatima», qui a noté qu’un grand nombre de prisonnières étaient détenues avec leurs enfants dans le Gouffre de l’enfer, sans prendre en considération ce côté humain.

Fatima a confirmé également qu’un grand nombre d’enfants ont contracté des maladies incurables et transmissibles telles que l’asthme, la tuberculose et les infections à cause des mauvaises conditions sanitaires, du manque d’hygiène et l’absence des produits désinfectants, en qualifiant les cellules de colonies de microbes et de germes.

Commentant le témoignage de Fatima, le militant des droits de l’Homme, Zalmai Bahrazi, a rapporté les propos d’un ancien agent pénitentiaire dans de cette prison : «Toutes les détenues dans la prison sont des projets de décédées pour le régime puisque les autorités de la prison adoptent une méthode d’exécution de long-terme au lieu de la pendaison à travers les maladies et les mauvaises conditions sanitaires des détenues ».

Bahrazi a encore expliqué que la prison a été construite à l’origine pour enterre les opposantes et les activistes iraniennes. Pour cela elle s’appelle le « Gouffre de l’enfer ». Il a par ailleurs indiqué  que l’ancien agent lui a confirmé dans une conversation entre eux que l’administration pénitentiaire recouraient souvent à endommager le réseau d’assainissement garantissant ainsi toutes les conditions pour la propagation des maladies, de telle sorte que la détenue est devant deux choix, soit la mort, soit la détérioration totale de sa santé, ce qui l’empêchera de faire aucune activité en cas de sa libération.

Bahrazi a poursuivi que la seule fois où des produits désinfectants ont été introduits dans la prison était avec la propagation de l’épidémie de Coronavirus, de peur que l’épidémie ne soit transmise aux geôliers et au personnel de l’administration pénitentiaire, en précisant que les produits de nettoyage tels que le savon, le shampoing et autres sont interdits dans la prison.

Il convient de rappeler in fine que les autorités iraniennes ont mené plusieurs campagnes d’arrestation contre des militantes iraniennes au cours de ces dernières années suite à leur revendication d’accorder plus de droits aux femmes iraniennes. En effet, l’autorité judiciaire les a accusées de la promiscuité, d’atteinte à la pudeur et d’outrage contre le Guide.

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