Khamenei assiégé par les crises internes et les impasses régionales

Dr Sami Khater : universitaire et professeur

Dr Sami Khater : universitaire et professeur

Alors que le système de la Wilayat al-Faqih entre dans sa cinquième décennie, il se trouve confronté à des défis sans précédent qui menacent sérieusement son existence. Au cœur de ces défis se tient Ali Khamenei lui-même, dirigeant de la République des mollahs, qui ne représente pas seulement le symbole fondamental de cet autoritarisme, mais qui est devenu à son tour l’un des plus grands problèmes du régime. Les événements récents dans la région et à l’intérieur de l’Iran montrent clairement que l’époque du « Guide éternel » approche de sa fin, et que Khamenei se retrouve désormais encerclé par les crises internes et les impasses régionales.

Au fil des années, la propagande du régime des mollahs a tenté de forger l’image d’un Khamenei indestructible et puissant ; mais les réalités du terrain et les analyses précises révèlent une situation extrêmement fragile. D’une part, les vastes protestations populaires à travers l’Iran – accompagnées de slogans comme « Mort au dictateur » visant directement Khamenei – montrent que la base sociale du régime s’est profondément érodée.

Ces soulèvements, initiés en 2017 et culminant avec les protestations de 2022, ont prouvé que le mécontentement n’est pas seulement profond et généralisé, mais que le peuple iranien voit dans le renversement total du régime la seule solution. Dans ce contexte, le rôle des femmes et des jeunes, notamment celui des « unités de rébellion » affiliées à l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI / MEK), a été déterminant et inégalé dans l’organisation et la conduite de ces mouvements.

Sur le plan régional, les politiques interventionnistes du régime et ses investissements massifs dans les groupes mandataires n’ont pas seulement contribué à déstabiliser la région ; ils ont aussi produit des résultats contre-productifs pour le régime lui-même. Les attaques récentes dans la région, notamment les frappes stratégiques visant les groupes affiliés au régime, montrent que les équilibres de puissance évoluent. Ces développements ont affaibli la mainmise du régime dans la région et réduit sa capacité de négociation.

Quant à Khamenei, qui se considérait comme l’architecte de « l’Axe de la résistance », il assiste aujourd’hui à son lent effritement. Cela exerce une pression énorme sur lui et sur les principaux décideurs du régime. Des analystes de renom, dans des journaux tels qu’Asharq Al-Awsat et Al-Arab, ont à plusieurs reprises souligné cette fragilité et cette impasse régionale.

Pour faire face à ces crises, le régime s’est tourné vers la répression interne et l’escalade de la violence. Les exécutions massives, les arrestations arbitraires et les violations flagrantes des droits humains sont devenues des instruments centraux pour assurer sa survie. Mais ces mesures n’ont fait qu’approfondir la fracture entre la population et le pouvoir, alors que la société iranienne n’est plus disposée à accepter un tel niveau de violence et d’injustice. En parallèle, la crise de la succession de Khamenei est devenue l’un des principaux points de vulnérabilité et de préoccupation au sein de la structure du pouvoir. L’absence d’un successeur consensuel et l’émergence de divergences latentes après Khamenei pourraient plonger le régime dans une période d’instabilité et d’effondrement interne.

Entre-temps, la résistance iranienne organisée, dirigée par le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) et l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran, joue un rôle central dans la révélation de la nature du régime et dans la présentation d’une alternative démocratique. Forte de quatre décennies de lutte et de sacrifices considérables, cette résistance a réussi à maintenir vivante la flamme de la libération du peuple iranien. Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a présenté son plan en dix points pour l’avenir de l’Iran, offrant une vision claire d’un Iran libre, laïque et démocratique. Ce projet ne se limite pas aux libertés civiles et politiques ; il accorde également une attention particulière aux droits des femmes, aux minorités et à la justice sociale.

Conclusion

Khamenei et le régime qu’il dirige traversent leur période la plus faible. L’encerclement par les crises internes issues des soulèvements populaires et les impasses régionales résultant des échecs de la politique étrangère signifient que la fin de cette dictature est plus proche que jamais. L’avenir de l’Iran appartient à son peuple, qui ouvrira la voie vers la liberté et la démocratie avec le soutien de la résistance organisée.

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