La crise du Coronavirus en Iran

La situation du coronavirus a atteint son paroxysme en Iran. Un nombre élevé de nouvelles infections met extrêmement la pression sur les cliniques alors que les vaccins tardent toujours. La fermeture partielle planifiée ne prend pas en considération la situation du peuple.

La colère de la population de Téhéran est clairement ressentie en ce moment. En quelques secondes, une foule se rassemble lorsque les journalistes occidentaux et les représentants des médias demandent à la population locale leur avis sur la gestion du gouvernement de la crise du Coronavirus. La plupart d’entre eux sont, parait-il, mécontents. «L’État devrait nous soutenir, mais il ne le fait tout simplement pas», a déclaré un jeune homme portant un tee-shirt noir sur lequel dessiné le drapeau américain. «Je suis un simple ouvrier. J’aimerais rester chez moi, mais s’il n’y a pas de soutien, nous sommes tous obligés d’aller travailler ».

La République islamique fait actuellement face à un pic de nouvelles infections : mi-avril, le nombre d’infections était de près de 25.000 par jour. Au cours de la même période, 291 décès causés par Coronavirus ont été enregistrés, a rapporté le ministère de la Santé. La situation dans la capitale Téhéran est particulièrement mauvaise. Selon les médias, des équipes supplémentaires ont dû être déployées au cimetière central en raison du nombre élevés de décès par Coronavirus.

Les campagnes de vaccination massives n’auront pas lieu qu’en septembre

La vaccination contre Coronavirus pourrait aider. Mais jusqu’à présent, le pays a introduit un nombre limité de doses. Le gouvernement l’explique par la crise économique et les sanctions américaines. Néanmoins, de nombreux Iraniens accusent les dirigeants d’exposer la vie des citoyens au danger. Début janvier, le guide suprême Ayatollah Khamenei a refusé d’importer certains types de vaccins de l’Occident.

Les premières livraisons devraient déjà être effectuées depuis la Russie et de nouvelles négociations avec Moscou doivent être en cours. En outre, le gouvernement iranien table sur son propre vaccin. Le résultat ? Les campagnes massives de vaccination de quelques 83 millions de personnes dans le pays n’auront pas lieu qu’en septembre, selon la situation actuelle.

La situation dans les hôpitaux de Téhéran est en fait très inquiétante. Selon le gouverneur, tous les lits disponibles pour les patients du Coronavirus sont occupés depuis le début de la semaine. Le ministère de la Santé impute cette augmentation rapide des infections à une vague de voyages à l’occasion des célébrations du Nouvel An iranien en fin du mois de mars et au début du mois d’avril.

Le ministère a été ridiculisé sur les réseaux sociaux à cause de cela et parce que l’État n’a rien fait souvent, même ceux qui se sont testés positifs auraient pu parcourir le pays pourtant ils étaient enregistrés auprès des autorités par téléphone.

Les commerçants et les emplois journaliers sous pression

Maintenant, le gouvernement tente de prendre des mesures pour contrer cette vague : depuis le week-end dernier, une fermeture partielle est appliquée dans de nombreuses régions du pays. La situation à Téhéran est comme suit : les magasins, les restaurants et les écoles sont fermés. Le Grand Bazar, le cœur de Téhéran, a également dû fermer. Néanmoins, il y a beaucoup d’activités dans les rues et leurs environs, plusieurs personnes font des emplois journaliers: les cireurs de chaussures, les passeurs à cyclomoteur ou les vendeurs de rue, ils comptent tous sur chaque centime. «Fermez-vous également les services de fisc ? Non, ils sont toujours ouverts », a dit un homme qui porte un polo à manches courtes. «Ce système ne peut faire qu’une chose: nous mettre sous pression. Il prospère grâce aux crises de ce pays».

Dans le bazar lui-même, stagnation totale. Les portes en fer des magasins sont fermées, seuls quelques fournisseurs conduisent des cyclomoteurs dans les longs couloirs qui relient les différentes ailes du bazar. La zone s’étend sur dix kilomètres à travers le centre sud de la ville et abrite environ 10.000 magasins qui vendent tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne : épicerie, articles ménagers, vêtements et bien plus encore.

Une petite boutique a légèrement ouvert son portail métallique, la lumière est allumée. A l’intérieur, il y a deux commerçants qui vendent généralement des tissus. «La situation actuelle est très fatigante pour eux», ont-ils dit. Leurs économies sont complètement épuisées. Ils ont fait savoir qu’ils ne reçoivent aucun soutien de l’État: «Ce serait bien s’ils ne nous prélevaient pas d’impôts pendant au moins un an», a indiqué l’un des deux commerçants. «Malheureusement, ils ne le ferons pas».

Tous les droits de publication et les droits d’auteur sont réservés au centre d’études et des recherches MENA