La culture sexuelle? Entre la science et les jurisconsultes contemporains!

Aucune religion, ni céleste, ni positive ou issue d’une jurisprudence, ni une loi positive, ne peut se tenir, contre les choses inhérentes à la personne humaine ? Tout ce qui est contre le naturel ne peut pas venir du ciel. Et parmi ces questions innées sur lesquels le Bon Dieu a créé les gens, ainsi que le reste de ses créatures, est la sexualité.

Aujourd’hui, les parents dans les pays développés sont soumis à des cours d’éducation sexuelle et les réseaux sociaux spécialisés mènent des campagnes de sensibilisation et de rationalisation de cette culture pour éviter les maladies résultant des relations anormales. Il y a aussi des programmes d’enseignement scientifique dans les écoles pour éduquer les élèves; aux États-Unis et au Canada, l’éducation sexuelle est une matière de base dans le programme d’enseignement pour les niveaux préparatoire et secondaire, d’autant plus que cette culture est intégrée dans le programme scolaire comme la biologie, la santé et l’éducation physique. Et l’accent est mis sur l’enseignement « de la sécurité sexuelle » et le comportement sexuel, et la moralité sexuelle. En effet, la sexualité est devenue une science complète dans ce contexte.

La psychologie sociale met d’aujourd’hui l’accent sur l’organisation et le contrôle de la vie sexuelle, car c’est l’un des traits distinctifs de l’homme des autres créatures vivantes de par de son rôle dans la stabilité psychologique, sanitaire, sociale et même culturelle. Cela donne également à la personne une protection culturelle puisque certains sites pornographiques le présentent d’une façon bestiale.

Les Nations Unies, à travers « l’UNESCO », ont donné une grande importance à ce sujet en présentant des conseils techniques internationaux sur l’éducation sexuelle; et elles les ont distribués sur les pays membres. Elles ont par ailleurs organisé des colloques scientifiques dans plusieurs pays et ayant publié des articles de recherche sur ce sujet, dont le livre : « Principes directeurs internationaux sur l’éducation sexuelle ». Il s’agit d’une méthodologie scientifique avec des preuves scientifiques pour les formateurs en éducation sexuelle en deux parties séparées.

La culture sexuelle dans les sociétés arabes ?

Nos sociétés arabes et nos institutions éducatives n’accordent pas d’attention à cette importante culture et elles considèrent cette science comme une atteinte à la pudeur. Certains ont justifié son interdiction par crainte de son contenu. Et nos sociétés en tant que sociétés fermées et conservatrices! Elles souffrent beaucoup du fait de négliger cette question en relation avec la santé mentale, que ce soit avant ou après le mariage.

Dans une enquête par sondage sur le sujet, il en ressort que : l’une des raisons du rejet des sociétés islamiques de l’idée d’inclure la culture sexuelle dans les programmes d’enseignement, ou d’être réservés à l’aborder dans des dialogues ouverts, est l’appréhension de son contenu, la manière dont il est présenté et les conséquences de ceux-ci, et l’extrême embarras à traiter avec ce sujet, à le présenter et à en discuter ouvertement. Et ouvertement. Pour y parvenir, ils ont revendiqué de rester à l’écart de la sensualité dans la façon dont elle était présentée… tandis que d’autres sont allés à dire l’affaire est restée limitée aux parents ! Tandis que les spécialistes ont apelé à la nécessité de faire de l’éducation sexuelle l’un des fondements de l’éducation dans nos pays, tout en rationalisant son éducation.

Les Fuqaha (jurisconsultes) interdisent la culture sexuelle !

Les prêtres de l’éveil islamique et des gardiens du salafisme contemporain ont étendu le cercle de la prohibition. Ils étaient très gênés par les progrès scientifiques et technologiques de notre temps. Ils ont donc fait recours à la source fondamentaliste appelée « Sad Adhariaa » (Bloquer la voie devant la corruption, Ndlr) qui n’est pas différent de la loi d’urgence des régimes autoritaires pour interdire des choses nouvelles/contemporaines de peur que l’utilisateur l’exploite pour faire des choses moralement interdites dans nos sociétés ?! Ils ont fait de l’éducation sexuelle un tabou et une interdiction parce qu’elle provoque le désir sexuel ! Et ils considéraient cela comme l’un des secrets familiaux ? Alors ils ont fait entrer la société dans des labyrinthes ayant entraîné des maladies psychologiques et ayant ont conduit à une sorte de répression sexuelle..!

Pour combler ce manque d’éducation dans cette vie mondaine, ils ont exagéré de parle du Paradis comme une récompense pour le musulman en faisant tort à cette récompense divine quand ils en ont fait une sorte de compensation sexuelle dans ce monde. C’est une terrible erreur ; C’est comme s’ils disaient : « La récompense pour votre croyance en Dieu, ce sont les nymphes et le sexe continu… ». C’est comme si une personne entrait dans l’Islam pour avoir des nymphes et avoir des relations sexuelles avec elles !? C’est une déformation affreuse du concept de la foi, du paradis et de sa récompense.

Parler de la culture sexuelle s’élargit et se rétrécit selon la conscience et l’ouverture de la société. Quant à l’interdiction d’en parler ; elle engendre une répression sexuelle, qui conduit à des comportements immoraux, et c’est ce qui est devenu obscène à travers les phénomènes de harcèlement et de perversions non-dits ! Les crimes d’honneur et autres dans nos sociétés.

En contrepartie de cette fermeture correspond, ils parlent excessivement de la femme en tant que sédition et de ses menaces. Ils ont également répandu avec une masculinité intense, que la femme n’est qu’un récipient sexuel ! Pas une partenaire pour l’homme tel que présentée par le Coran et la Sunna du prophète. Ils ont en effet interdit toutes les relations sociales dans lesquelles les hommes se rencontrent avec les femmes sous prétexte de tomber dans le tabou. En revanche, ils parlent excessivement des relations sexuelles au paradis. D’ailleurs, l’un des ces « gardiens » a prétendu que la mission du musulman au paradis consisterait à la défloration (enlever la virginité) des nymphes.

A cause de l’interdiction et des fatwas d’interdiction, le sexe est devenu une préoccupation de la mentalité musulmane. La relation entre homme et femme s’est transformée en un processus purement sexuel. C’est peut-être l’un des secrets de l’échec de la vie conjugale, et de l’élargissement des problèmes de divorce dans nos sociétés ! Ce sont toutes des hypothèses doctrinales qui sont réfutées par les faits de la Sunna et de l’héritage islamique.

La culture sexuelle dans l’héritage islamique

L’héritage islamique regorgeait de livres de culture sexuelle. Leur nombre avait atteint plus de 100 livres dont elle était détaillée minutieusement mieux que le travail des plus grandes institutions spécialisées ? On évoque par exemple le Livre des Animaux d’Al-Jahiz au IIe siècle de l’hégire ; Et les chansons d’Abu Al-Faraj al-Isfahani au même siècle, le Collier unique d’Ibn Abd Rabbih Andalous au IVe siècle AH, et le collier de la Colombe d’Ibn Hazm andalous au Ve siècle en amour, ses manifestations, ses causes et le sexe au Ve siècle. Et le célèbre livre Tuhfat Al-Arousa (le Mariage islamique bienheureux), d’Ibn Ahmad Tijani au XIIe siècle de l’hégire.

Mais le livre « Nawader Alayek Fi Maarefat Alnaik » du savant Jalal al-Din al-Suyuti au Xe siècle de l’hégire demeure l’un des livres les plus importants sur la culture sexuelle ; Il a transformé le discours sur le sexe à travers ses livres en une culture générale, et y est parvenu lorsqu’il l’a rendu accessible à tous, et il a retiré cette culture du domaine de la pudeur, des tabous et des conversations familiales étroites ; Il en a fait une science en soi, et il a parlé des positions sexuelles et de leur nombre jusqu’à les amener à cent cinquante positions ! Il a également expliqué les pratiques sexuelles malsaines, et il a bien expliqué les noms des organes génitaux et leurs synonymes en langue arabe, et a souligné une section sur les dopants sexuels parmi les aliments et les boissons, ainsi qu’il a expliqué l’importance du sexe dans la vie humaine et son rôle dans la santé mentale du couple.

Conclusion

Les fatwas d’interdiction et de privation dans des sujets qui sont devenus aujourd’hui l’une des sciences importantes et influentes en matière de santé mentale et physique n’ont rien à voir avec notre époque. Elles représentent un état misérable d’arriération scientifique, car elles sont en contradiction avec les enseignements de l’Islam et de la Sunna de son noble prophète, l’héritage des Compagnons et le chemin des anciens savants.

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