La Force Al-Qods après l’assassinat de Qassem Soleimani

Le cas irakien et syrien comme modèles

Premièrement : l’Irak et la Syrie ne relèvent pas de la compétence territoriale de Qaani

Aucune des références historiques ne montre que la compétence territoriale de Qaani était l’Irak et la Syrie, selon l’ordre du jour et les missions réparties entre lui et Soleimani depuis que ce dernier avait assumé le commandement de la Force Al-Qods entre 1997 et 1998. Cela signifie qu’Ismail Qaani n’a pas l’expérience pratique ni le réseau de relations qui lui permettent de traiter avec ce grand nombre de milices parrainées par Téhéran en Irak et en Syrie, et qui sont en concurrence entre elles pour obtenir plus de soutien politique, financier et militaire de Téhéran.

En fait, les références et les études reliées aux activités de Qaani indiquent que ses principales tâches se sont concentrées sur les régions de l’est de l’Iran (Afghanistan, Pakistan et l’Asie centrale). Il est probable que Qaani aurait pris la responsabilité d’organiser les opérations limitées de l’aile extérieure en Afrique et en Amérique du Sud. Mais ce qui est sûr, l’Irak et la Syrie ne relevaient pas de la compétence territoriale de Qaani dans le tableau de la répartition du travail et des tâches.

Deuxièmement : Qaani n’appartient pas au cercle radical proche de Khamenei

Qaani ne faisait pas partie du cercle restreint proche de Khamenei, ce qui ne lui laissait pas une grande marge de manœuvre au sein des appareils gouvernementaux et des institutions du régime iranien, pour gérer les affaires financières et militaires des milices nécessitant d’énormes financements dont le régime iranien pourrait ne pas être en mesure de les fournir aujourd’hui à cause de la crise financière que traverse l’Iran, et ce contrairement à son prédécesseur, Qassem Soleimani, qui bénéficiait des prorogatives illimitées à l’intérieur de l’Iran.

Troisièmement : Qaani est une figure bureaucratique qui ne participait pas aux guerres non classiques des milices

Bien que les médias iraniens le qualifient de l’homme fort comme Soleimani, et qui possède une expérience suffisante en termes de gestion des différents fronts de bataille, Qaani demeure un chef militaire fragile, qui manque de vivacité et moins perspicace que Soleimani, d’autant plus que les références historiques n’indiquent pas son implication dans les guerres non classiques que Soleimani dirigeait en Syrie et en Irak. Cela veut dire que la répartition des tâches et du travail entre lui et Soleimani se limitait à lui confier les affaires bureaucratiques et organisationnelles.

Tout cela signifie que la plupart des milices de la Force Al-Qods sous les commandes désormais de Qaani dans la région devront traiter avec un personnage qu’elles ne connaissaient pas et ne le voyaient pas accompagner leur chef Soleimani, qui était compétent pour exploiter la concurrence des milices multinationales pour combattre en faveur de Téhéran.

Qui est le commandant effectif de la Force Al-Qods aujourd’hui?

En fait, aucun des indicateurs qui ont suivi l’étape de l’assassinat de Qassem Soleimani ne prouve que Qaani soit le chef effectif de la Force iranienne Al-Qods, mais il peut plutôt être décrit comme le commandant fantôme ou le chef du hasard, qui bénéficiait des évolutions accélérées.

Pourtant, la stratégie de la Force Al-Qods est devenue de plus en plus claire après moins d’un mois du meurtre de Qassem Soleimani et la nomination de Qaani comme son successeur, tandis que le général de brigade Mohammad Hussein-Zadeh Hijazi, qui était en charge de la Force libanaise Al-Qods, a été nommé l’adjoint de Qaani le 20 janvier 2020.

Le message iranien derrière la nomination de Hijazi était clair : il est peut-être impossible de trouver quelqu’un qui remplace Soleimani, mais la Force Al-Qods dirigée par Soleimani est toujours vivante et travaille dur pour faire avancer la stratégie régionale pour laquelle il avait lutté.

En fait, après le meurtre de Qassem Soleimani, l’Iran a été contraint de reconstruire les mécanismes de gestion et de leadership de ses milices supplétives, que Qassem Soleimani gérait et contrôlait auparavant grâce à sa personnalité et à son ancien réseau de relations.

Par conséquent, après le meurtre de Qassem Soleimani, l’Iran a cherché à changer la stratégie de contrôle et de contrôle de ce que le chef iranien Ali Khamenei appelait par le terme «guerriers sans frontières», pour construire la nouvelle stratégie sur le principe : puisque aucun dirigeant ne peut remplir le rôle de Qassem Soleimani, un réseau de mandataires régionaux de Téhéran sera géré par un réseau de commandants de haut rang ayant une longue histoire militaire de travail avec la Force Al-Qods dans la région.

évidemment, les chefs des milices iraniennes dans la région, en particulier Hassan Nasrallah et les dirigeants du Hezbollah qui figurent sur les listes des sanctions américaines et européennes, auront un rôle clé dans la mise en œuvre de cette stratégie.

En jetant un bref coup d’œil à l’histoire de Hijazi, on constate que son histoire est plus riche de plus que Qaani. Le premier a rejoint les Gardiens de la révolution depuis sa création en 1979, puis, il a progressivement pris plus de responsabilités au sein de cet établissement militaire et de sécurité.

Par la suite, Hijazi a été choisi pour diriger la Force libanaise Al-Qods afin de superviser toutes les activités de la Force Al-Qods, y compris le soutien du régime de Bachar el-Assad, en tant que point de départ et d’appui essentiel de cette stratégie, et pour soutenir le Hezbollah au Liban.

En fait, Hijazi était l’une des personnes clés qui avait entrepris le projet de fournir aux agents régionaux de Téhéran des missiles de précision. Pour cette raison, la décision de l’Iran de nommer Hijazi en tant que commandant adjoint de la Force Al-Qods est un exemple clair des efforts de l’Iran pour combler le vide laissé après le meurtre de Soleimani, et une preuve de diligence pour poursuivre le projet des missiles de précision qui étaient et demeurent encore une priorité pour la Force Al-Qods, particulièrement en Syrie et au Liban.

Diminution de l’influence stratégique iranienne :

Il est vrai que la fin de la Force Al-Qods et de l’influence de l’Iran dans la région n’aura pas lieu de sitôt, mais l’avenir de la Force Al-Qods après Qassem Soleimani est très similaire à marcher dans un désert sans aucun guide.

Ces analyses ne sont pas sans fondements, parce que la période après le meurtre de Qassem Soleimani a été caractérisée par plusieurs attraits, dont principalement est l’incapacité de l’Iran d’attirer ses milices et réunir leurs dirigeants en l’absence de Soleimani.

Les signes de la diminution de l’influence stratégique de l’Iran sur le front irakien :

Premièrement : l’échec de la formation d’un gouvernement irakien fidèle à l’Iran

Quatre mois après la démission du Premier ministre irakien Adel Abdel-Mehdi fin 2019, l’Iran n’a pas été en mesure d’unir les groupes chiites proches de lui pour parvenir à un accord sur un nouveau premier ministre. Trois de ces quatre mois ont eu lieu pendant le règne d’Ismail Qaani, qui a échoué lors de sa première mission après la formation du gouvernement Al-Kazimi, dont l’Iran l’avait accepté en raison des protestations populaires rejetant son ingérence dans les affaires irakiennes.

Il ne fait aucun doute que de nombreux dirigeants chiites irakiens ont de nombreux différends entre eux, et la présence de différents groupes chiites reflète ces différends, mais Qassem Soleimani avait réussi à forcer les dirigeants des différents groupes chiites irakiens à travailler ensemble, et il avait essayé d’exploiter la concurrence des différents groupes chiites et leur besoin de soutien iranien comme outil pour les forcer à coopérer, dans le cadre des objectifs de Téhéran.

Un regard sur trois mois de désaccords entre les différents groupes chiites en ec qui concerne le nouveau premier ministre démontre qu’Ismail Qaani n’a pas été en mesure d’exercer une pression efficace sur les différents groupes chiites.

La diminution de l’influence politique et sécuritaire de l’Iran en Irak ne s’est pas arrêté à ce stade après les évolutions qui ont suivi la formation du gouvernement d’Al-Kazimi, et peut-être les indicateurs les plus importants qui ont prouvé la diminution de l’influence iranienne en Irak sont les nouvelles successives qui ont parlé que le nouveau commandant de la Force Al-Qods a été contraint d’obtenir un visa pour qu’il puisse entrer en Irak lors de sa visite, ainsi que la baisse de 50% du soutien financier iranien aux milices irakiennes.

L’incapacité de Qaani à s’imposer en tant une alternative efficace à Soleimani, et son échec à apporter plus de soutien aux milices, dont certaines se plaignaient de Téhéran qui favorisent certaines milices au détriment d’autres, en augmentant ainsi la dispersion de ces milices et leurs conflits à tous les niveaux, ce qui peut inciter certains d’entre elles à chercher une alternative au soutien iranien, et elles pourraient trouver leur besoin dans les institutions militaires du nouveau gouvernement irakien.

Deuxièmement : l’incapacité de contrôler Moqtada Al-Sadr

Malgré sa longue histoire de coopération et d’alliance avec l’Iran, Maqtada al-Sadr n’est pas considéré comme l’un des chefs de milices ou des politiciens obéissant à l’Iran, tels que Nouri al-Maliki ou Hadi al-Ameri, qui sont considérés comme les plus importants acteurs politiques fidèles à Téhéran en Irak.

Bien qu’al-Sadr soit considéré comme un allié peu fiable de l’Iran, Qassem Soleimani a tenté d’une manière ou d’une autre de l’amener dans les rangs iraniens au passé. Mais une fois de plus, Moqtada al-Sadr se tenait du côté opposé des politiciens proches de l’Iran, ce qui a intensifié le désaccord et a constitué un obstacle à la nomination d’un premier ministre proche de l’Iran en Irak.

En réalité, Qaani n’a pas pu encore résoudre le dilemme du détachement d’al-Sadr de l’Iran, et son échec à ramener Al-Sadr dans l’étreinte iranienne peut, même au niveau tactique, aggraver les graves problèmes de Qaani et de la Force Qods en Irak.

Troisièmement : l’éclatement des milices de Hachd al-Chaabi

Actuellement, Hachd al-Chaabi fondé en 2014 souffre à cause d’une fatwa émise du religieux chiite Ali al-Sistani pour combattre Daech, de plusieurs problèmes structurels menaçant de l’éclatement de ces milices.

Au début, il semblait que le principal problème dont souffrait la Force Al-Qods après la perte de son commandant exceptionnel, Qassem Soleimani, se reflétait de la même façon sur les Forces de Hachd al-Chaabi irakiennes, qui ne pouvaient pas non plus trouver un chef de la même pointure et expérience après le meurtre de son dirigeant actuel, Abou Mahdi Al-Muhandis, accompagné de Qassem Soleimani.

En fait, non seulement l’assassinat de Qassem Soleimani a porté un coup dur à la Force Al-Qods, mais le meurtre d’Abou Mahdi al-Muhandis a également affaibli l’influence de la Force Al-Qods et de son administration sur les factions de Hachd al-Chaaabi. La situation de Hachd al-Chaabi après sa division entre Hachd Walai pro-iranien et Hachd Al-Atabet appartenant à l’autorité chiite représentée par Ali al-Sistani peut nous donner une image approximative de l’avenir de la Force Al-Qods après Qassem Soleimani.

En résumé, l’augmentation des défections parmi les rangs de Hachd signifie une augmentation des divergences des points de vue que Qaani n’a pas pu résoudre ou du moins rapprocher. Cela signifie une diminution de l’influence iranienne en Irak en général.

Les signes de la diminution de l’influence stratégique iranienne sur le front syrien

Premièrement : l’augmentation de la fréquence des assassinats parmi les dirigeants de la Force Al-Qods en Syrie

La période qui a suivi le meurtre de Qassem Soleimani a enregistré une augmentation remarquable de la fréquence des assassinats mystérieux qui ont touché un certain nombre de dirigeants importants de la Force Al-Qods en Syrie.

La série des viols de la sécurité et d’assassinats qui ont ciblé les hauts dirigeants de la Force AlQods après le meurtre de Qassem Soleimani, bien qu’elle reflète la faiblesse des services de sécurité et de renseignement de la Force Al-Qods à protéger ses cadres les plus importants dans les zones de sécurité les plus contrôlés en termes de sécurité, comme la région de Sayyida Zainab et près du palais de Bachar al-Assad, par exemple, cela a affecté d’une manière négative la structure et l’efficacité de la Force Al-Qods en Syrie, ce qui signifie également un affaiblissement supplémentaire du réseau de communication entre les groupes fidèles à l’Iran, et la diminution de son influence en Syrie.

Deuxièmement : l’année 2020 est une année paisible pour Israël

Avec l’évolution de la stratégie israélienne pour affronter l’Iran en Syrie, les opérations des milices de la Force Al-Qods lancées depuis la Syrie contre Israël ont diminué, ainsi que les frappes aériennes israéliennes qui ont suivi l’assassinat de Qassem Soleimani (en 2020), ont également et considérablement diminué. Cela dresse une autre image claire du déclin de l’influence de la Force Al-Qods en Syrie.

Cela revient à l’augmentation de la conscience des services de renseignement israéliens aux plans d’attaque de l’Iran, ce qui a amélioré la concentration de ces frappes et leur efficacité, malgré leur baisse lors de la période qui a suivi l’assassinat de Soleimani.

En fait, on ne peut pas séparer cela des failles sécuritaires dont souffre la Force Al-Qods en Syrie. Tous ces facteurs ont conduit à la diminution de l’influence de la Force Al-Qods en Syrie et l’obligation de prendre des mesures et des procédures de précaution dont le repositionnement de ses milices dans différentes zones des territoires syriens, et ce afin de réduire la gravité des frappes israéliennes sur toute la carte syrienne.

Troisièmement : l’échec de gérer le conflit russo-iranien en Syrie

Après que la Russie et l’Iran ont pu protéger leur allié el-Assad de la chute inévitable par les factions de l’opposition, les deux parties ont atteint leur objectif le plus proche portant sur le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir, mais avec la baisse des opérations militaires majeures en Syrie, les différences ont commencé à apparaître qui étaient empêchées par les circonstances de la guerre d’être visibles puisqu’elles étaient obligées de coopérer ensemble le maximum possible.

Bien que ces différences aient commencé à apparaître à la fin de la période au cours de laquelle Qassem Soleimani était encore le commandant de la Force Al-Qods, Qaani était incapable de gérer la nouvelle phase des évolutions en Syrie, où les traits des objectifs les plus éloignés des deux alliés et l’Iran, de prendre le devant de la scène.

Il est vrai que les côtés veulent une personnalité faible comme Bachar el-Assad pour lui imposer leurs conditions et leurs exigences, mais la principale différence au niveau des objectifs de long-terme de chacun des alliés est que la Russie considère Bachar el-Assad comme un outil lors de cette étape pour atteindre ses objectifs géostratégiques et économiques qui peuvent être abandonnés une fois ces objectifs atteints, tandis que l’Iran voit Bachar el-Assad comme un outil essentiel pour la réalisation de son projet en Syrie, et voit sa chute comme un coup fatal pour son projet.

  • L’impasse sous le régime d’el-Assad

Après avoir réussi à maintenir Assad au pouvoir, la Russie a cherché de transformer ce succès militaire en une réalisation politique, mais ses efforts n’ont abouti à aucun résultat, surtout après son échec à ressusciter le régime d’el-Assad aux niveaux arabe et international, et à mettre en œuvre la loi César.

Pourtant, l’Iran ne semble pas se soucier de ces conditions difficiles tant que son allié fidèle el-Assad est au pouvoir, mais les attaques médiatiques dirigées par des sources proches du Kremlin contre Bachar el-Assad ont montré le mécontentement de Moscou de son rendement et ont prédit le possible renversement d’el-Assad, ce qui pourrait constituer un coup fatal au projet iranien en Syrie.

Maintenant que la plupart de ces objectifs russes ont été atteints en Syrie, Moscou peut cesser de le soutenir en l’écartant, notamment qu’el-Assad insiste toujours à travers des messages indirects sur le fait que les Iraniens et le Hezbollah sont ses principaux alliés et soutient leur présence en Syrie. Cela constituera une menace pour les intérêts russes dans le proche et le moyen avenir.

  • La diminution de l’influence militaire iranienne en faveur de la domination russe

Bien que le conflit pour le pouvoir entre les alliés russe et iranien ait commencé à apparaitre avant l’assassinat de Soleimani, les manifestations de ce conflit sont devenues claires au cours de l’année 2020, lorsque la Russie a profité de l’effondrement économique que connaît l’Iran à cause des sanctions américaines, des frappes israéliennes ciblées en Syrie et la situation de panique suite à l’assassinat de Soleimani, pour attirer plus de milices locales qui recevaient auparavant le soutien iranien, et la formation des milices qui lui sont fidèles au cœur des deux régions sud et de l’est, dans une tentative pour restreindre l’influence iranienne.

C’est vrai que le lancement russe d’une opération militaire à grande échelle contre les milices de la Force Al-Qods pour les pousser à quitter la Syrie est peu probable, mais les responsables iraniens savent que les Russes ne sont pas contents de l’expansion de l’influence iranienne en Syrie, et ils cherchent à restreindre leur influence au maximum. La plus grande preuve en est les frappes israéliennes coordonnées avec les Russes contre les milices de la Force Al-Qods en Syrie, en l’absence totale des systèmes de défense aérienne gérés entièrement par les Russes.

Dans ces conditions, les propos disant que les Iraniens se cachent derrière les milices russes qui se sont récemment déployées dans les zones d’influence iraniennes en Syrie semblent être un gros mensonge, et la preuve est qu’aucun membre des milices russes n’a été blessé lors des nombreuses frappes israéliennes en Syrie.

Quatrièmement : l’incapacité de concilier la grande influence militaire et la maigre influence économique de l’Iran en Syrie

Le marché syrien n’était pas un choix approprié pour la coopération économique avec l’Iran, et ce à la lumière de son besoin désespéré d’un nouveau marché prometteur qui lui permettrait de contourner les sanctions américaines strictes.

En fait, les efforts iraniens pour dominer le marché syrien sont confrontés à de grandes déceptions, étant donné que les produits turcs, chinois et même saoudiens occupent les premiers rangs dans les importations syriennes non-pétrolières au cours des dix dernières années.

En même temps, les sites pro-iraniens qui surveillent de près le volume des maigres échanges commerciaux entre la Syrie et l’Iran, et sa chute continue au cours des dernières années, ne trouvent rien d’autre que de rappeler les mérites de l’Iran qui ont aidé el-Assad dans ce que l’Iran appelle « le maintien de la sécurité et de la stabilité » en Syrie.

La persistance de la situation actuelle, et la situation de « ni guerre, ni paix » dans lequel se trouve la Syrie, signifie l’imposition de l’équation perdant-perdant (il perd s’il reste et il perd s’il part) sur le régime iranien.

Cette double perte ne se limitera pas au niveau militaire, parce que les milices iraniennes déployées sur la carte syrienne sont exposée à des frappes aériennes israéliennes concentrées, mais elle touchera également l’aspect économique, pour montrer le grand paradoxe, dû à l’impossibilité de concilier le grande influence militaire iranienne et la maigre influence économique en Syrie, et donc l’impossibilité de compenser même une très petite partie de ce qu’ils ont perdu en Syrie au cours des dix dernières années.

En outre, les sites iraniens pro-régime iranien ne cachent pas leur extrême mécontentement face à la possibilité que l’Iran perde son opportunité de participer au processus de reconstruction syrienne. Ce qui le confirme, c’est qu’aucun accord économique signé avec l’Iran n’a jusqu’à présent été mis en œuvre en Syrie.

Sans oublier que de nombreuses années se sont écoulées depuis que les trois pays (Iran – Irak – Syrie) ont accepté de créer une ligne de chemin de fer reliant les frontières sud de l’Iran aux côtes méditerranéennes. Cependant, cette question n’a pas dépassé le cadre des discussions médiatiques iraniennes et internationales, et cela n’a pris aucune dimension exécutive sur le plan pratique.

L’incapacité de l’Iran de mettre en place cette ligne ferroviaire vitale, et de passer au stade opérationnelle en Syrie et en Irak toutes ces années, souligne l’un des aspects de la faiblesse de l’influence iranienne, notamment économique, dans les zones de sa profondeur stratégique, et ce malgré la présence militaire intense et à grande échelle dans ces régions.

À l’heure actuelle, il ne semble pas que l’Iran va bénéficier d’une influence économique significative en Syrie à court ou moyen-terme, contrairement à sa large domination militaire dans ce pays.

Résumé et conclusions

Tout ce qui précède nous conduit à un ensemble de conclusions qui donnent une image claire de l’avenir de la Force AlQods après Qassem Soleimani :

La personnalité d’Ismail Qaani, le nouveau commandant de la Force Al-Qods, a prouvé son échec total à diriger la nouvelle phase des évolutions sur les deux scènes syrienne et irakienne, ce qui a créé de nombreux obstacles devant lui qui l’ont empêché à diriger les affaires des milices de la Force AlQods dans les régions les plus importantes de la profondeur stratégique iranienne.

Le manque d’expérience pratique et le faible réseau des relations de Qaani sur les deux scènes syrienne et irakienne lui ont fait perdre l’avantage de contrôler les milices parrainées par Téhéran en Irak et en Syrie. Cela a aggravé cette situation de rupture et les désaccords qui existent déjà entre les chefs de ces milices. Cette donne menace de leur éclatement.

Malgré tous les slogans de vengeance pour le meurtre de Soleimani, l’échec le plus important de la Force Al-Qods est peut-être son incapacité à se venger d’une manière digne du meurtre du deuxième homme en Iran après Khamenei, ce qui signifie un changement radical dans la jeu régional, ne laissant aucun doute sur la disparition des lignes rouges et la transformation du conflit en une confrontation directe, dans laquelle la Force Al-Qods a perdu l’avantage de réagir et de se venger efficacement, en utilisant l’approche de réaction d’ordre zéro.

Si la Force Al-Qods avait atteint des stades très élevés de son expansion régionale pendant la période de Qassem Soleimani, il faut dire qu’après la perfection il n’y a que diminution et le déclin, surtout sous les ordres d’un nouveau chef qui fait face à de grandes difficultés pour s’imposer comme un prédécesseur fort capable de combler le grand vide laissé après l’assassinat de Soleimani. Ce qui prédit plus de diminution et le déclin de l’influence de l’Iran dans la région. Une donne qui aura de graves répercussions sur la stabilité du régime à l’intérieur de l’Iran.

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