La guerre des pouvoirs: le nouveau visage de la crise politique en Tunisie

Comité de rédaction

Ces derniers jours, en Tunisie, la classe politique a haussé le ton contre le président du Parlement, Rashid Ghannouchi. Le mouvement en question vise à isoler ce dernier. Dans ce sens, l’analyste politique, Moukhtar Al-Dabbabi, affirme que l’exercice de pression politique contre Ennahdha vise principalement le président du Parlement qui a dépassé ses prérogatives naturelles garanties par la Constitution.

L’opposition accuse le chef du mouvement islamiste d’accaparer les pouvoirs exécutifs de la présidence de la République et du gouvernement, en plus de mener des démarches extérieures à l’insu de l’État tunisien comme la ratification des accords secrets avec la Turquie et le Qatar.

Mise au point de la situation

Contrairement à ce qui est propagé par les observateurs de la situation politique en Tunisie, cette campagne n’est pas mise en œuvre par le Parti destourien libre. Dans ce contexte, Al Dabbabi indique qu’elle constitue un intérêt politique pour de nombreux partis et blocs parlementaires, surtout si elle réussit à améliorer la situation et à limiter le rôle du président du parlement dans ses pouvoirs, Notant que « Ghannouchi » a fait une erreur en dépassant la Constitution, pour se présenter comme le premier homme du pays et le guide de la révolution.

Le Parti destourien libre a exigé, au cours des dernières semaines, l’audition de Rached Ghannouchi soit tenu responsabl et de lui retirer la confiance.

Les membres du PDL ont commencé par un sit-in au Parlement pour revendiquer une réponse à leurs demandes, au milieu des accusations de corruption qu’ils ont portées contre Ghannouchi.

Par ailleurs, Al-Dabbabi considère que le plus grand intérêt pour le succès des démarches du parti destourien est entre les mains du président de la République, Qais Saeed, et de son Premier ministre, Elyas Al-Fakhfakh, surtout que cela pourrait faire sortir la Tunisie son engagement avec la Turquie et le Qatar, qui est la question sur laquelle il a insisté Saied.

Le mouvement Al-Nahdha contrôle un certain nombre de portefeuilles gouvernementaux, en plus de la présidence du parlement à la lumière de son contrôle d’une petite majorité parlementaire, avec 54 complexes parlementaires.

Retour aux alliés et aux Frères musulmans

L’implication du mouvement Ennahdha dans le projet turco-qatari dans la région, comme en témoigne l’analyste politique, Jemaai Qasemi, qui affirme que le choix de Ghannouchi pour la chaîne qatari Aljazeera et l’agence de presse turque Anatolie, pour s’adresser au public tunisien sur les questions locales, plutôt que la presse nationale, prouve que ces pratiques pourraient provoquer une nouvelle escalade contre lui, surtout s’il est interprété comme une prise de position contre les médias locaux, selon le journal Al-Arab.

La Tunisie enregistre actuellement des appels à abolir le système politique actuel, semi-parlementaire, et se diriger vers le régime présidentiel, une position rejetée par le mouvement Ennahdha qui la considère comme une violation de sa légitimité.

La présence médiatique des dirigeants nahdhaouis sur des médias qataris et turcs, du point de vue d’l Qasimi, signifie qu’Ennahdha n’a pas rompus avec les Frères musulmans, ajoutant: « Le rejet par la communauté politique tunisienne des Frères musulmans est lié à la pensée de cette organisation qui est basée sur la loyauté au groupe pas au pays dans lequel il est né, et la loyauté émotionnelle tend vers l’extérieur avec lequel il se réunit pour contourner le peuple auquel il appartient.

L’UGTT En particulier, accuse le mouvement Ennahdha, d’impliquer le pays dans des accords commerciaux et économiques avec la Turquie, pour permettre à cette dernière de contrôler la décision tunisienne, et d’entraîner la Tunisie dans le camp turc.

Jeu d’alliances politiques et des consensus

Malgré le succès du mouvement Ennahdha, au cours des dernières années, de créer des alliances politiques avec des forces extérieures au cercle islamique, telles que Qalb Tounes et Nidaa Tounes, le secrétaire général du Parti tunisien du courant populaire, Zuhair Hamdi, remet en question la capacité d’Ennahdha à répéter ces scénarios maintenant, ajoutant: « C’est une tactique dont le but est de gagner du temps pour une plus grande autonomisation et attendent des changements régionaux et internationaux en sa faveur et en faveur de l’organisation internationale des Frères musulmans.

Le mouvement Al-Nahdha, a pris le pouvoir en Tunisie, suite au chute du régime « Ben Ali » grâce à les coalitions gouvernementales formées avec d’autres partis et courants, y compris son alliance avec l’ancien président, « Beji Qaid Essebsi » et l’ancien premier ministreYoussef Chahed. Ainsi elle a pu grâce au soutien de Qalb Tounes et de son président Nabil Karoui de pouvoir présider le Parlement

Hamdi indique également que le consensus, que Ghannouchi est revenu réclamer, est un nouveau vieux jeu, auquel le mouvement joue chaque fois que l’étreinte se resserre, indiquant l’ampleur de la crise à laquelle le mouvement est confronté, soulignant que la Tunisie a actuellement besoin d’une nouvelle vision nationale pour le sauvetage.

Par ailleurs, le président du parlement fait face à une crise majeure au niveau interne du mouvement. Un certain membre du mouvement réclament le départ de Ghannouchi de la présidence du parti. Ils ont lui accusé d’avoir tenté de jouer sur les lois du mouvement pour se permettre un nouveau mandat à la tête du mouvement islamique.

Crise d’accumulation

L’analyste politique, Farouk Youssef, affirme que le mouvement islamiste n’a jamais été convaincu du choix démocratique national qui prévaut dans le pays. Enfait, elle a trouvé dans le contrôle des articulations de l’État une occasion pour remplacer le régime de « Ben Ali » comme il l’a décrit, ajoutant : « Les Tunisiens ont considéré cela comme un problème passager à la lumière de la mise en place d’un système démocratique qui offre la possibilité de transférer le pouvoir, mais Ennahdha n’a pas quitté le pouvoir en 8 ans. »

« Youssef » considère également que le pire est que le mouvement a imposé son programme idéologique à la politique étrangère de la Tunisie après avoir dominé une grande partie de l’État, en particulier le ministère des Affaires étrangères. Il a souligné que les politiques et les convictions du mouvement ne permettent pas de les séparer des Frères musulmans.

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