La société internationale SADAT pour le conseil en défense

Les dirigeants de l’entreprise sont composés de sous-officiers d’anciens officiers militaires connus pour leurs liens étroits avec Erdogan et leur grande loyauté envers lui.

Création: La société a été créée par 23 officiers et sous-officiers à la retraite sous le commandement d’Adnan Tanri Verdi le 28 février 2012. Tanri Verdi a été installé en tant que président du conseil d’administration de juillet 2012 à août 2016, lorsque il a été nommé conseiller en matière de sécurité pour Erdogan. Verdi a officiellement démissionné de ce poste en janvier 2020 en raison de fortes critiques adressées à son encontre suite à ses déclarations selon lesquelles son entreprise ouvrait la voie à l’émergence du Mahdi attendu. Toutefois, les informations indiquent que la démission n’était qu’une formalité. Il a passé la majeure partie de sa vie à gérer la guerre pour l’armée turque. Il a ensuite été président du comité ASDER Defenders of Justice, qui a créé le Centre for Defenders of Justice for Strategic Studies et a été la base de Sadat International Defence Consulting.

Le journaliste turc Zafer Yoruk affirme que c’est Adnan Tanri Verdi qui a recommandé à Erdogan la transition vers le système présidentiel et la restructuration des forces armées turques.

L’actuel président du conseil d’administration: Melih Tanri Verdi, a commencé en tant que directeur technique de la société Sadat dépuis sa fondation jusqu’en mars 2013, puis membre et vice-président du conseil d’administration d’avril 2013 à juillet 2016, puis président du conseil d’administration d’août 2016 à ce jour.

Meleh Tanri Verde a étudié l’ingénierie électrique et électronique, possède deux sociétés travaillant dans le domaine des communications et de la maintenance. Il est un agent agréé par des sociétés mondiales telles que Panasonic, Motorola et Laxon à la ville Bource en Turquie. Il a travaillé comme secrétaire général du Centre des défenseurs de la justice pour les études stratégiques (ASSAM) http://assam.org.tr/index.php/en/

Le centre est considéré comme une référence pour Sadat Company et l’une des références pour Recep Tayyip Erdogan.

Les camps de Sadat:

  • Camps du nord-ouest de la Turquie dans la région de Marmara pour former les forces d’opposition syriennes.
  • Un camp dans la province de Kocaeli, qui était à l’origine affilié à la marine turque, également pour former l’opposition syrienne de la Turquie.
  • Deux camps à Tokat et Munya, Anatolie centrale, certains éléments de ces deux camps ont été entraînés à créer le chaos si l’élection de Recep Tayyip Erdogan échoue lors des élections présidentielles turques de 2018.

Activités Sadat :

Fournir une assistance financière et militaire au Hamas, selon des rapports israéliens de 2018. Indépendamment de ce qui a été mentionné sur le site Web de la société, l’une des plus importantes activités de Sadat est la commercialisation de produits d’armes turcs, en particulier au Moyen-Orient et en Afrique, car certains médias russes ont spécifiquement mentionné que Sadat avait vendu des armes aux milices fidèles à Tripoli et que Sadate avait expédié entre juillet et septembre 2019 environ 10 000 tonnes des armes et des munitions en Libye, ainsi que des véhicules blindés, des lance-missiles et des drones.

Sadat en Libye: l’entreprise Sadat est apparue en Libye, pour la première fois, en 2013 lorsque Adnan Tanri Verdi s’est rendu en Libye où il a rencontré des chefs militaires libyens, afin de déterminer les besoins des milices libyennes associables avec la Turquie.

Sadat s’est associée à la force d’Asad Allah, une force d’opérations spéciales turque, pour réprimer les Kurdes en 2015 dans le sud-est de la Turquie.

Selon Michael Rubin, un ancien responsable américain du Pentagone, Sadat a entraîné  des combattants pour Daech et Nosra. Sadate a également joué le rôle le plus important dans la gestion et la mise en scène du coup d’État en juillet 2016. Elle a également formé environ 3000 Syriens et Libyens fin 2015 début 2016 et les a envoyé en Syrie et en Libye chacun selon son pays.

Sadat supervise le transport des combattants de la Syrie à la Libye, et les informations indiquent que 38 personnes de Sadat assurent l’opération  et 50 entraîneurs supervisent la formation.

Sadat et l’organisation des gardes (version turque du Basij iranien)

L’organisation des gardes a été créée début 2020 en Turquie, selon les déclarations d’Erdogan et des responsables de l’entreprise, elle vise à soutenir les forces de police dans le maintien de la sécurité intérieure. En janvier dernier, Erdogan a déclaré qu’ils ne pouvaient plus compter uniquement sur leurs forces de sécurité traditionnelles pour organiser les villes turques. Mais, la sécurité et la coopération logistique entre Sadat et l’organisation des gardes classent cette dernière comme une autre société de sécurité qui cherche à coopérer avec Sadat pour contrôler la rue turque.

Cette organisation travaille à la mise en place des forces armées de jeunesse en soutien à Erdogan. Une expérience similaire au groupe iranien Basij.

Selon les rapports le nombre de forces appartenant à l’organisation des gardes, touchent les 30 mille personnes qui sont sous le contrôle d’Erdogan. Revenant à l’expérience iranienne dont Erdogan a apparemment été inspiré par l’idée des deux organisations, Sadat ressemble davantage à la Garde révolutionnaire iranienne, qui est responsable des opérations extérieures, et  l’Organisation des gardes, ressemble au Basij qui est responsable de la sécurité intérieure.

En comparaison avec les gardiens de la révolution iraniens qui comptent 250 000 membres, Sadat est encore en phase de formation. Toutefois, les dirigeants de Sadat ont une influence même sur la structure de l’armée turque et le changement de ses positions et de ses dirigeants, et en ce sens, Sadat n’aura pas besoin de construire une armée privée à la lumière des avantages de la direction de l’armée où les vraies décisions sont prises.

Sadat et les organisations MSH et HÖH

Les forces de sécurité SADAT coopèrent également avec les forces spéciales du peuple Höh en matière de formation, d’armement et de consultation.

Les Forces Spéciales Populaires établies le 30 novembre 2016 se composent d’environ 7000 combattants, et sont réparties dans 22 branches en Turquie, et c’est selon les déclarations de son fondateur et leader Fateh Kaya, et elle a aussi des branches à Istanbul et à Ankara. Fatih Kaya a déclaré dans l’une des interviews, qu’en tant qu’organisation, elles ne débarqueront pas dans les rues pour réprimer les manifestations, s’il n’a pas reçu l’ordre d’Emir Al Moumenin  (c’est-à-dire Erdogan).

En novembre 2018, le nom des Forces spéciales populaires HÖH a été changé pour le Mouvement national de mobilisation (MSH), et le fondateur de l’organisation, Fatih Kaya, a été nommé membre du Parlement pour le Parti Justice et développement (AKP), cette organisation a collecté des fonds en 2018 pour contrer la guerre économique contre la Turquie.

Des informations sur Fateh Kaya, confirment qu’avant sa fondation de cette organisation, il combattait en Syrie aux côtés des forces turkmènes et dirigeait une faction militaire.

Présence de la société Sadat

La société publie une carte de sa présence mondiale, mais la carte est destinée à être l’objectif de la société et de son déploiement dans les pays islamiques, il n’y a aucune preuve de sa présence dans tous ces pays, et certainement il y a une présence de la société en Syrie, Libye, Qatar, Tunisie, Somalie, Éthiopie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo et Albanie.

Il n’y a aucune indication ou information sur l’existence de l’entreprise dans l’un des pays de l’Union européenne, mais des outils de coordination existent entre les organisations actives sous les ordres des services de renseignement turcs en Europe et Sadat ou toute autre organisation fidèle à la Turquie.

Fatih Kaya, à côté de Recep Tayyip Erdogan, et une photographie de la branche de l’organisation, une de ses voitures

L’image du site de la société Sadat

Tous les droits de publication et les droits d’auteur sont réservés au centre d’études et des recherches MENA