Résumé exécutif

Cette étude aborde d’une façon très minutieuse la relation de la République de la Turquie avec la révolution syrienne depuis son déclenchement en mars 2011 jusqu’en 2022. Elle contient une description des événements les plus importants selon une frise chronologique. Et elle englobait une critique de certains termes politiques utilisés par les dirigeants turcs, et qui jouent un rôle primordial dans le déroulement actuel des événements, comme la vérité autour des rumeurs touchant les migrants syriens, comme « la Zone de sécurité », « L’accord des quatre villes » et « Est-ce les Syriens constituent-ils un fardeau économique pour l’économie turque ? » C’est un panorama de détails qui souligne l’intervention turque jusqu’à la domination de la décision des politiques, des militaires et des médias, voire même les organisations d’aides humanitaires ; en utilisant les dates pour les événements et les documents confirmant ce que veut montrer l’auteur qui était un témoin sur certains détails importants de l’histoire de la révolution.

A travers les axes suivants :

  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2011.
  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2012
  • La Turquie et la révolution syrienne en 2013-2014
  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2015
  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2016
  • Opération Bouclier de l’Euphrate
  • La chute de la ville d’Alep
  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2017
  • L’Accord des quatre villes
  • Les régions de désescalade
  • La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2018
  • Le Rameau d’olivier
  • Source de paix
  • La Zone de sécurité
  • Les Syriens constituent-ils un fardeau pour l’économie turque ?
  • La relation de la Turquie avec les territoires occupés
  • La relation de la Turquie avec Hayat Tahrir al-Cham
  • Le résultat
  • Les références

Introduction

Le déclenchement du mouvement populaire civil en Syrie en mars 2011 a connu une grande détermination des Syriens pour aller de l’avant et atteindre leurs objectifs déclarés portant sur le rejet de l’humiliation et de la dictature, et le déploiement de tous les efforts en vue de construire leur patrie sur des fondements modernes. Et à cause de la confrontation par le régime de ces aspirations par le fer et le feu, en tuant des centaines de civils au cours des premiers mois des manifestations au vu et au su de tous dans les rues des villes et des villages syriens, la compassion des peuples de la région et certains peuples du monde a commencé à grandir considérablement. Et les gouvernements de la région ont de leur coté commencé à interagir avec la révolution syrienne d’une façon disproportionnée.

Parmi ces pays était la République de Turquie, qui avait le plus grand rôle en termes d’influence sur la suite de la révolution syrienne selon les tendances de ses intérêts suprêmes. La Turquie a commencé à envoyer ses représentants rencontrer al-Assad à Damas pour trouver – comme il était annoncé à plusieurs reprises – des moyens d’une solution et d’arrêter les massacres quotidiens de citoyens.

La visite du ministre turc des Affaires étrangères à Damas le mardi 9 août 2011 a mis un terme « théoriquement » aux relations distinguées entre l’administration Erdogan et le régime al-Assad. D’autant plus qu’Erdogan a déclaré que ce qui se passe en Syrie n’est pas une affaire étrangère, mais plutôt une affaire intérieure turque.

Premièrement : La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2011

Parmi les points les plus importants sur lesquels la Turquie est intervenue au cours de la révolution syrienne sont :

  1. La Turquie a permis la tenue du premier congrès syro-syrienne à Antalya, en Turquie, sous l’appellation : « Le congrès syrien pour le changement »[1] en date de 31 mai 2011. Il regroupait les Frères musulmans, des représentants de la « Déclaration de Damas », des personnalités kurdes, des représentants des tribus, ainsi que des représentants du mouvement populaire.
  2. La Turquie a adopté la politique des frontières ouvertes pour les citoyens syriens fuyant la machine à tuer assadiste. Ainsi, la zone frontalière syro-turque est devenue un refuge pour quelques milliers de Syriens où ils habitaient dans des camps sur les frontières syriennes. Fin 2011, quelques milliers d’autres sont entrés en Turquie dont certains parmi entre eux ont été placés dans des centres d’hébergement temporaire.
  3. Le premier revers des relations de la Turquie avec la révolution syrienne

Le 29 août 2011, le lieutenant-colonel dissident Hussein Harmoush, qui formait la Brigade des officiers libres avec certains autres collègues dissidents aussi est parti avec rencontrer des officiers de sécurité turcs dans l’un des camps.[2] Mais après la réunion, parait-il, tous ont été remis au régime syrien par la Turquie dans le cadre d’un accord dont Dieu seul connaît les détails, parce que le régime d’al-Assad ne peut pas entrer sur le territoire turc et kidnapper 14 officiers et soldats syriens alors qu’ils étaient présents dans une réunion de sécurité avec des officiers turcs, puis sortir avec des territoires turcs vers les territoires syriens. De plus, que dire que des membres de la sécurité turque agissaient de leur gré est inacceptable et ne peut être crédible.

  1. La constitution du Conseil national syrien[3] à Istanbul, le premier revers de la révolution

Le 2 octobre 2011, ils ont annoncé à Istanbul la création du Conseil national syrien, qui comprenait environ 300 membres appartenaient à différents courants syriens, mais la composante dominante était les Frères musulmans soutenu par le Qatar et la Turquie. La constitution du Conseil national syrien à Ankara est considéré le point saillant de l’émergence de l’alliance turco-qatarie pour soutenir l’orientation des Frères musulmans à s’emparer et attaquer le déroulement et les résultats de la révolution populaire syrienne attendus plus tard.

Il s’agit d’un revers révolutionnaire parce que sa création était une mauvaise imitation du Conseil national libyen similaire, et n’était pas à l’issue de l’opinion des révolutionnaires syriens pour choisir un seul commandement qui se présente au monde comme le représentant du peuple. Les Frères musulmans ont réussi en effet à sauter en avant et à bloquer la route devant l’intérieur syrien. Le Conseil national a été formé, celui que de nombreux révolutionnaires considéraient ne les représenter parce qu’il était dirigé par des gens qui n’étaient présents lors des événements de la révolution.

La position populaire syrienne par rapport à la la Turquie

Les Syriens considéraient la Turquie comme un refuge sûr pour les Syriens, étant donné la position unie du peuple et du gouvernement turcs de l’accueil réservé aux Syriens était étonnant, et les Syriens ont estimé que la Turquie ressemblait à la gentille mère, après avoir comparé ce qu’ils voient en Turquie d’accueil et de respect avec ce que le régime de leur pays offre, qui est gouverné par un assassin et un régime criminel ayant terrorisé les Syriens et les ont tués avec sang-froid.

L’amour des Syriens pour la Turquie a augmenté vu les nombreux discours du Premier ministre turc Erdogan à l’époque ; qui n’épargnait aucun discours pour remonter le moral des Syriens, et leur fait sentir que la Turquie avec son poids ne voit frein pour intervenir à tout moment pour protéger les Syriens.

Deuxièmement : la Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2012

  • Au début de 2012, la Turquie est devenue, grâce à la géographie, une profondeur stratégique de la révolution syrienne, étant donné que ses territoires sont devenus un refuge pour les civils, les dissidents, les révolutionnaires et les politiciens.
  • La Turquie est devenue un point de passage pour les armes provenant du marché noir turc vers les factions de l’Armée libre et les factions djihadistes.
  • Et évidemment, la Turquie est devenue la porte d’entrée des tas d’argent provenant des pays « soutenant la révolution » pour se transformer en des salaires pour l’Armée libre et les factions islamistes après l’entrée de la Syrie dans la phase du conflit entre les factions de l’Armée libre, d’un côté, et l’armée du régime et les factions islamistes de l’autre.
  • Les organisations humanitaires internationales ont commencé à installer leurs bureaux en Turquie.
  • La Turquie est devenue le carrefour des politiciens internationaux qui y rencontrent l’opposition syrienne.
  • Les organisations humanitaires et les centres de recherche internationaux ont commencé à organiser des congrès et des conférences contenant les opposants syriens. Et des centres de formation médiatique et professionnelle pour former les militants syriens y on été ouverts.
  • Le nombre de Syriens en Turquie a atteint 14, 237 fin 2012.
  • La Turquie a hébergé environ 5 % des Syriens arrivés en Turquie dans des centres d’hébergement temporaires, ainsi qu’elle a permis au reste de s’intégrer dans la société turque en leur accordant plusieurs facilités au début.
  • Depuis le premier jour où les Syriens sont entrés en Turquie, la Turquie n’a déboursé aucun dollar de son trésor pour aider les Syriens. Les organisations humanitaires et certains pays arabes payaient le coût de la vie des Syriens dans les centres d’hébergement temporaires.
    Tandis que les Syriens, qui sont partis dans toute la Turquie, ont tenté leur chance sur le marché du travail, et ils se sont débrouillés pour gagner leur vie. Et ils travaillaient et travaillent toujours dans divers domaines et payaient les loyers de leurs maisons et les factures de l’eau, d’électricité, de téléphone, de meubles, de vêtements, de nourriture et de transport, et ils n’ont reçu aucune livre turque en tant qu’aide de l’État turc.
  • En ce qui concerne les centres l’hébergement temporaires, les organisations humanitaires et les pays arabes ont offert des aides en devises selon les coûts estimés de l’hébergement des Syriens. La Turquie, en bénéficiant de l’afflux de devises, fixait des conditions selon lesquelles tous ceux qui vivent dans des centres d’hébergement temporaires ne reçoivent pas à parts égales de l’aide. Sauf si plusieurs conditions sont remplies, comme le nombre des membres de la famille et leur âge.
  • La Turquie a également versé une partie de l’aide sous forme de coupons valables sur certains marchés avec des prix redoublés. Par exemple : la marchandise, dont le prix est 1 lire turque, est vendue cinq lires avec le coupon.
  • La Turquie a fermé les yeux sur les Syriens qui s’infiltraient en Europe à travers ses frontières terrestres et maritimes, en utilisant cela comme une carte de pression sur l’Europe, comme cela apparaîtra plus tard.
  • Le discours politique officiel turc était caractérisé par une contradiction claire. Bien qu’il définisse les Syriens présents sur les territoires turcs en tant que réfugiés, il adressait son discours interne aux Syriens en les considérant comme des invités de la Turquie et non pas des réfugiés afin que le gouvernement turc n’assume pas ses responsabilités selon les traités internationaux.

Quant à la qualification des Syriens résidant en Turquie de « réfugiés », elle est apparue notamment dans les rendez-vous internationaux dans le but d’obtenir des subventions financières de la communauté internationale, sous prétexte d’aider de son coté la Turquie pour qu’elle aide les réfugiés syriens résidents sur son territoires. Pour information, un réfugié légal est la personne à qui le pays d’accueil fournit le logement et l’habillement, la nourriture, les soins et l’éducation. Mais cela n’a pas réellement concerné qu’une petite catégorie qui ne dépasse pas 5% des Syriens présents sur le territoire turc.

On constatait que le président Erdogan continue de mentionner des sommes d’argent en hausse à chaque fois qu’il affirmait que des fonds ont été dépensés sur les Syriens fuyant les combats en Syrie et qui se trouvent sur le sol turc, sachant que le pourcentage de Syriens bénéficiaires de l’aide constituent un nombre insignifiant par rapport au nombre de Syriens actifs et présents dans tous les coins du marché du travail turc.

  • Fin 2011 et au début de 2012, les combattants étrangers en Syrie ont augmenté, provenant à travers les frontières turques d’une façon officielle.

Il est certain que le régime assadiste, avec l’aide du régime iranien, a introduit des combattants d’Al-Qaïda en Syrie parmi les forces de Hachd al-Chaabi qui opèrent en tant que forces auxiliaires de l’armée du régime, et de différentes manières, mais la majorité écrasante parmi les combattants étrangers, ils sont entrés par la République turque et par des méthodes officielles. Cela signifie que la Turquie a des dossiers de sécurité précis sur les étrangers qui ont utilisé la Turquie comme point de passage vers la Syrie.

  • Là, il convient de noter qu’aucune arme ou balle, et aucun appareil de communication ou tout équipement militaires ne passaient sans être enregistrés par les services de renseignement turcs. La Turquie est le seul pays au monde qui sait les détails des armes et de leurs utilisateurs, les types de munitions et leur quantité par rapport aux militants de toutes leurs orientations.
  • Les banques et les sociétés de change turques sont devenues un refuge et un passage de l’argent destiné au peuple syrien ou pour les activités et les événements de l’opposition.

Ainsi, la Turquie possédait tout ce qui concernait la révolution syrienne. Dès le début, la Turquie a commencé à contrôler les aides économiques et militaires des opposants d’Al-Assad. Elle a également possédé toutes les informations de sécurité liées aux combattants syriens, étrangers, équipements et des communications. Elle surveillait, bien sûr, les mouvements des opposants sur son territoire secrètement et publiquement.

Troisièmement : la Turquie et la révolution syrienne pendant les années 2013-2014

  • Au début de l’année 2013, l’Etat islamique a commencé son activité en Syrie en général, et il a commencé côte à côte avec le Front Al-Nosra à combattre tous les opposants au régime syrien et de liquider les militants civils. L’afflux de combattants arabes et étrangers de toutes les nationalités du monde a été observé à travers le territoire turc et par des moyens réguliers.
  • Le 30 août 2013, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu’une intervention militaire internationale était nécessaire contre le régime syrien. Cette déclaration a enflammé l’enthousiasme des Syriens et a élevé les parts d’éloges populaires pour Erdogan au-delà de toute limite. Cependant, cet appel n’a pas trouvé son chemin vers la mise en œuvre.[4]
    Fin 2013, l’idée de tenir les pourparlers de Genève a provoqué un séisme dans la coalition qui a conduit à la démission ou le gel de l’adhésion d’une cinquantaine de membres qui avaient rejeté l’idée de rencontrer des représentants du régime. Ils ont considéré « Genève 2 » comme un contournement de la révolution syrienne. Cette situation s’est poursuivie jusqu’à ce que Jarba soit réélu président pour un second mandat pour la coalition le 01/05/2014.

Le 17/01/2014, le gouvernement turc a tenu une réunion avec la Coalition nationale des forces révolutionnaires et d’opposition syrienne, et l’ont forcé à participer à la réunion, malgré son opposition par des Syriens. Donc, la Coalition s’est rendue à Genève 2. Il est clair là que sans la pression de la Turquie, les membres de la coalition ne se seraient pas rendus à Genève ni ailleurs.

  • En janvier 2014, le Parti de l’Union démocratique et les partis ont mis en place une administration de transition dans les régions du nord, dans la région d’Afrin, d’Ain al-Arab et d’al-Jazira.
  • Début 2014, une salle d’opération a été mise en place en Turquie, qui est un rassemblement militaire international composé d’officiers de l’armée et du renseignement des pays soutenant la révolution syrienne, dont la mission était de fournir des armes à l’Armée libre et de l’argent en fonction des missions prévues par les chefs des factions de l’Armée libre. Bien que l’arme ne soit pas de Turquie. Cependant, elle contrôlait l’entrée des armes loin de la volonté de la salle d’opération. Aucune arme ou balle n’était entrée à l’insu des services secrets turcs.
  • En raison du voisinage géographique et du besoin des combattants d’armes, d’argent, des soins médicaux et d’hébergement, tout le monde- les politiciens, les combattants et les activistes- était contraint volontairement et involontairement de répondre aux désirs turcs loin de la salle d’opération et sans discussion.

Ainsi, la Turquie est devenue le principale partie contrôlant le mouvement des factions et de leurs chefs, tous sans exception. La force de l’influence turque s’est renforcée à tel point qu’elle contrôlait tout même celui qui devait rester ou partir, soit parmi les formations militaires issues de l’Armée libre ou des organisations terroristes, voire au niveau du travail d’activistes syriens sur les territoires syriens.

Et comme exemple du contrôle des factions par la Turquie, en décembre 2013, le Front révolutionnaire syrien contactait le département turc des Affaires étrangères pour discuter de ses plans, en tant que front, pour le combat prochain avec Daech, le timing, et pour discuter les plans d’après combat.

Les arrangements pour la rencontre entre les deux parties étaient sur le point d’être achevés jusqu’à ce que je révèlait mon intention et mes souhaits personnels devant un employé du ministère turc des Affaires étrangères de combattre Al-Nosra et le reste des factions islamiques, pour les éliminer.

Et je l’avais dit d’une manière informelle alors que nous étions en train de prendre le déjeuner, sachant que cette personne je la connais à l’époque depuis plus d’un an, et je constatais sa désapprobation pour l’affaire. Après plusieurs heures de notre rencontre, un employé du ministère des Affaires étrangères m’a appelé pour me transmettre les excuses du bureau compétent pour notre rencontre prochaine, et leur désir de reprogrammer le rendez-vous.
Malgré notre compréhension de la réticence de la Turquie à étendre le conflit contre d’autres organisations islamistes, le Front révolutionnaire syrien continué d’avancer ses pions pour combattre Daech.

  • La Turquie, par l’intermédiaire des dirigeants des Frères musulmans, contribuait à mettre en échec les plans des hauts responsables militaires syriens de mettre en place des factions combattantes appartenant au ministère de la Défense du gouvernement intérimaire. Comme exemple de ce cas, ce qui m’est arrivé personnellement lorsque j’étais un conseiller temporaire du ministre de la Défense du gouvernement intérimaire au début de 2014, en même temps, j’appartenais au Front des révolutionnaires syriens.

Etant donné que le nouveau ministère de la Défense appartenant au gouvernement intérimaire syrien se penchait sur la création d’une structure et de bureaux, j’ai proposé avec des officiers supérieurs dissidents tels que le général Mohamed al-Hajj Ali, le général Mohamed Nour Khalouf et le colonel Malik al-Kurdi la formation de factions de l’Armée libre permettant de mettre en place le noyau de l’Armée nationale, appartenant au ministère de la Défense.

Cependant, le ministre de la Défense Asaad Moustafa a rejeté cela sous prétexte qu’il ne souhaitait de combattre les factions islamistes et affirmait que « tout le monde » n’acceptera pas cela. Puis il s’est avéré que cette position n’était due qu’à des ententes entre lui personnellement et les Frères musulmans et la Turquie et que « tout le monde » signifiait les Frères musulmans et le régime turc.

Bien que la Turquie ait rejeté la constitution de ce noyau militaire, mais sa mise en place n’était pas du tout sous le contrôle de la Turquie. La trésorerie du ministère de la Défense contenait plus de deux millions de dollars à l’époque, et il suffisait de réorganiser les factions et les renommer selon une structure moderne.

  • Tout ce qui était dit sur la préférence des Etats Unis pour les factions kurdes par rapport aux factions arabes plus tard à cause leur méfiance en les factions de l’Armée arabe libre, était une hypothèse absolument incorrecte. La chose la plus probable est que ce qui poussait les États-Unis à encourager la création des Forces démocratiques syriennes, c’éatit leur souhait de mettre en place une force que la Turquie soit incapable de contrôler comme elle contrôle l’Armée libre, Al-Nosra, Daech, Ahrar al-Cham, Suqour al-Cham, Jound al-Aqsa et Hurras ad-Din, Ansar al-Charia, les kazakhs, les Ouzbeks et les Tchétchènes.
  • Au début de janvier 2014, le Front des révolutionnaires syriens a expulsé l’Etat islamique de Jabal al-Zawiya. et puis au début du mois de septembre 2014, le Front des révolutionnaires syriens a également déclaré sa guerre contre l’Etat islamique à Alep et dans son nord.
  • Et pour punir le Front des révolutionnaires syriens suite à sa guerre contre le terrorisme, et avec les ordres et les facilitations turques, le Front Al-Nosra terroriste l’a éliminé, puis il a achevé le mouvement Hazm quelques jours plus tard.

Selon les ordres turcs, aucune faction de l’Armée libre n’est intervenue pour aider le Front des révolutionnaires syriens. Au contraire, les Factions de l’Armée libre ont fourni au Front terroriste les équipements et les informations de renseignement pour aider à éliminer le Front des révolutionnaires syriens.

Certains éléments de l’Armée libre ont participé aux combats contre le Front des révolutionnaires syriens aux côtés des éléments de l’EI et de l’Ahrar Al-Cham, Suqour Al-Cham et Jound Al-Aqsa.

Plus tard, il s’est avéré que la Turquie avait octroyé diverses sommes d’argent, censées provenir du Qatar, à des chefs de factions et à des organisations armées pour ne pas intervenir dans l’opération d’éradication du Front des révolutionnaires syriens. Les sources du Front ne veulent pas partager des informations pour le moment à propos de ce sujet jusqu’à ce qu’elles soient utilisées à travers des voies légales si cela est possible.

Quatrième : la Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2015

Pour cette année, la Turquie arrivait à contrôler les décisions de toutes sortes des Syriens, à partir de la formation et de la dissolution des factions, aux décisions de guerre et de paix.

Le 24 mars 2015, l’Armée de la conquête (Jaish al-Fatah) et sa salle d’opérations ont été formés par les factions Fatah al-Cham et Ahrar al-Cham.

Suqour al-Cham, Jound al-Aqsa, Faylaq al-Cham, Liwa al-Haq, Jaysh al-Sunna et Ajnad al-Cham dans l’intention de libérer Idlib qui avait eu lieu en fait à la suite du retrait du régime et de la remise d’Idlib au Front terroriste Al-Nosra.

  1. Cette année-là, le rôle des factions des Unités de protection du peuple et des Unités de protection de la femme dans le nord-est de la Syrie a commencé à être renforcé progressivement après que ces factions avaient réalisé des progrès et remporté des victoires contre l’EI dans le nord de la Syrie et après avoir réussi à protéger les régions du nord contre Daech et sa victoire sur ce dernier en les expulsant de la ville de Tell Abyad dans la province de Raqqa le 16/1/2015.
  2. Le 10/10/2015, la formation d’une alliance kurdo-arabe sous le nom de Forces démocratiques syriennes a été annoncée composée de factions : arabes, environ 60 %, et kurdes, environ 40 %, et leurs objectifs déclarés étaient d’établir l’État de la Syrie sur une base laïque avec un système fédéral ou une gouvernance décentralisée.

La Turquie et Daech

  1. La période entre l’éclatement de la révolution syrienne et l’annonce de l’établissement du Califat islamique est considérée comme une période de rassemblement d’éléments de Daech provenant du monde entier à travers la Turquie. Bien sûr, le fait que les dirigeants effectifs de l’Etat islamique soient arrivés de l’Irak et d’Iran ne peuvent pas être ignorés, ou des bases du renseignement du régime, via le régime syrien et le régime irakien.
  2. Après que l’Etat islamique avait pris le contrôle d’une partie des puits de pétrole, il commençait à vendre une partie du pétrole à la Turquie en le transportant dans des citernes protégées par des terroristes de l’Etat islamique sur le territoire syrien jusqu’à ce qu’il soit remis à la partie turque de l’autre côté.
  3. L’Etat islamique a utilisé des milliers de véhicules modernes et neufs et des véhicules 4X4 qui atteignaient les zones sous son contrôle à travers la Turquie.
  4. Les marchés de la Turquie étaient ouverts aux échanges commerciaux entre elle et les zones de l’EI, d’autant plus que la Turquie fournissait toutes sortes de soins médicaux pour tous les éléments et dirigeants de l’Etat islamique.
  5. La Turquie a utilisé l’Etat islamique pour faire des mises en scène qu’elle exposait à des opérations terroristes, tout comme le régime d’al-Assad. Le 20 juillet 2015, le gouvernement turc a prétendu que l’Etat islamique avait mené une attaque qui a tué 34 des activistes turco-kurdes qui étaient en route vers Aïn al-Arab, mais l’Etat islamique n’a pas revendiqué l’attaque. Et cet incident nous rappelle le contenu de la fuite audio de la réunion du Conseil de sécurité nationale turc au mois de mars 2014, dans lequel ils ont évoqué un plan du haut commandement turc, qui parlait d’un scénario d’introduction des chars de la Turquie vers les territoires syriens pour bombarder des sites en Turquie depuis la Syrie pour donner l’impression que la Turquie est attaquée par des éléments terroristes du côté syrien, sachant que la fuite a provoqué un fort tollé poussant Erdogan à exprimer sa colère face à cette fuite, en la qualifiant d’un un acte méprisable.
    6. La Turquie a résisté d’une façon moue tous les projets américains de créer et de former des factions combattantes de l’Armée libre. Par exemple, les États-Unis ont créé la division 30 de combattants syriens appartenant à l’Armée libre. Et ils ont œuvré à les entraîner dans des camps en Jordanie et en Turquie pour une mission précise, soit combattre Daech.

Après avoir achevé l’entraînement de la division, les États-Unis l’ont équipée des meilleurs équipements. Et après quelques jours de l’entrée des éléments de la division en Syrie, le Front Al-Nosra a simplement encerclé et contrôlé la division en saisissant ses équipements et ses armes, et en kidnappant ses commandants avec des facilitations de renseignement et de logistiques turques.[5]

La deuxième étape de la relation de la Turquie avec la révolution syrienne

Petit à petit, la Turquie commençait à hausser le ton politique et médiatique contre les Unités de protection du peuple, notamment après que ces dernières avaient réussi, le 16 juin 2015, à expulser les forces de l’Etat islamique de Tell Abyad. Les motifs de la préoccupation de la Turquie, comme elle le prétendait, étaient qu’elle craignait un changement démographique dans lequel les Kurdes deviendront majoritaire au nord syrien. Et après l’intervention militaire russe en Syrie en septembre 2015, le 24 novembre, la Turquie a abattu un avion de chasse russe qui, selon elle, avait violé l’espace aérien russe pendant 17 secondes.[6]

Personnellement, je considère l’incident d’abbattre l’avion russe par la Turquie comme le début d’une nouvelle politique turque à l’égard de la révolution syrienne.

La Russie a imposé des sanctions sévères et douloureuses à la Turquie pour avoir abattu l’avion, comme l’interdiction d’importer plusieurs matériaux, et elle a interdit à ses citoyens russes de faire du tourisme en Turquie. Erdogan a d’abord refusé de s’excuser, mais il est revenu sur son refus catégorique et s’est excusé plusieurs fois plus tard, début juin 2016.

Cinquièmement : la Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2016

L’année 2016 a connu de profonds changements dans la politique turque en général, et dans sa politique envers la Syrie et la révolution syrienne en particulier, puisque la Turquie a souffert des sanctions russes au premier semestre de cette année. Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a été limogé et remplacé par Binali Yildirim.

Le 15 juillet 2016, le président Erdogan était victime d’une tentative d’un coup d’État, à laquelle il a pu échapper. Erdogan a accusé les gens de Fathullah Gülen et les États-Unis d’Amérique d’être derrière la tentative du coup d’Etat.

Le 13/07/2016, le premier ministre turc Binali Yildirim a fait une déclaration attendue après la visite d’Erdogan à Poutine à Sotchi, en indiquant que la Turquie cherchait à développer de bonnes relations avec la Syrie, et là il voulait dire le régime d’al-Assad.[7]

Le 9 août 2016, le président Erdogan a rencontré Poutine à Saint-Pétersbourg et ils ont tracé les grandes lignes de leur partenariat en matière de complémentarité et d’échange de rôles en Syrie. Cette visite a été le tournant final de la Turquie en ce qui concerne son éloignement d’une façon effective de la révolution syrienne.

Sixièmement : Opération Bouclier de l’Euphrate

[8]

Le 24 août 2016, suite aux accords de Sotchi entre la Turquie et la Russie, qui est devenue le décideur syrien au nom du régime d’al-Assad, la Turquie a mené sa première intervention militaire directe en Syrie à travers une opération appelée le « Bouclier de l’Euphrate » sous prétexte de protéger ses frontières et de nettoyer la région de toutes les organisations terroristes, selon ses propos.

La Turquie a recruté des milliers de Syriens sous le nom de l’«Armée libre» pour opérer effectivement en tant que forces auxiliaires de l’armée turque. En partenariat avec l’Alliance internationale pour frapper formellement Daech, la Turquie a mené une attaque qui a expulsé l’Etat islamique de la ville de Jarablus après un combat très court selon des témoins oculaires. Les terroristes de l’Etat islamique se sont enfuis sans montrer aucune résistance.

Suite à cette opération, la Turquie a pris le contrôle d’environ 2055 kilomètres carrés du nord de la Syrie.

La Turquie a exploité les zones qu’elle contrôlait après l’opération « Bouclier de l’Euphrate », comme base pour cibler les combattants des Forces démocratiques syriennes (FDS) aux alentours de ces régions. De nombreux éléments des FDS étaient tués suite aux bombardements par des combattants syriens affirmant qu’ils appartenaient à l’Armée libre.

Avec cette menace directe pour les éléments des FDS par les éléments de l’Armée libre sous les ordres turcs, l’Armée libre est classée comme étant des agents des forces d’un pays étranger qui sont entrés sur le territoire syrien sous prétexte de combattre l’EI, puis elles ont exploité leur présence pour combattre des factions syriennes spécifiques, dont la Turquie ne souhaite pas leur présence.

Tous les chefs des factions de «l’Armée libre» ont justifié leur participation au « Bouclier de l’Euphrate » pour cibler et expulser l’EI et combattre le régime. Effectivement, Daech a fui et le régime est resté aux frontières de la zone délimitée par la Turquie. Aucune balle n’a été tirée contre le régime d’Al-Assad. Au lieu de libérer plus de territoires au sud, la Turquie a dirigé les factions pour combattre les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis.

Avec le lancement de l’opération du « Bouclier de l’Euphrate », la Turquie a pratiquement éliminé définitivement la possibilité de toute attaque de l’opposition contre le régime.

Septièmement : La chute de la ville d’Alep le 22 septembre 2016

Les territoires contrôlés par les rebelles en Syrie ont commencé a se rétrécir avec la chute de la ville d’Alep sous l’emprise de la Russie et du régime et l’Iran. Sa chute avait plusieurs raisons indirectes, notamment l’incapacité des chefs des combattants à diriger, les conflits internes des factions et les accords entre certains des chefs de factions et le régime d’une part, et avec les Turcs d’autre part, ainsi que la mauvaise planification de la part des factions.

Cependant, la raison principale de sa chute était en fait le retrait par la Turquie d’une grande partie des factions d’Alep pour rejoindre les combattants de l’opération du Bouclier de l’Euphrate et sa menace pour ceux qui participent réellement aux combats contre le régime d’Alep à un moment où le front d’Alep avait cruellement besoin de ces factions, dont le retrait constituait un coup de poignard dans le dos pour certains combattants honnêtes.

Pour rappel, la période entre l’opération du Bouclier de l’Euphrate et l’annonce de la chute d’Alep n’était que de 29 jours à compter de l’annonce de la chute d’Alep. Ahmet Davutoğlu a avoué lors d’une interview télévisée en 2021 que son pays est celui qui a livré Alep à la Russie contre la permission par cette dernière à la Turquie de faire une incursion dans le nord de la Syrie.

Huitièmement : la Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2017

Le 24 janvier 2017, la réussite de l’amélioration des relations russo-turques a poussé vers l’initiation d’organiser des réunions regroupant des représentants des forces d’occupation iraniennes, russes et turques qui ont tenu une réunion appelée la réunion d’Astana, la capitale du Kazakhstan, entre les représentants de l’opposition et ceux du régime.

Le congrès n’aboutissait pas à grand-chose, mais plutôt à des clauses générales qui semblent s’accorder avec les accords internationaux. Mais ce qui a été prouvé lors du congrès, c’est la capacité de la Turquie à faire pression sur l’opposition et à la diriger comme elle le souhaitait.

La Turquie fait partie maintenant du conflit et avec des forces militaires en Syrie. Il embrasse la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition, le gouvernement intérimaire, la plupart des membres de la Commission de négociation, les bureaux de et les sièges des Frères musulmans syriens, infiltrés dans toutes les articulations des institutions de l’opposition, d’une manière qui permet d’influencer les décisions de l’opposition jusqu’à elle s’en emparer.

En outre, elle a une grande influence sur Daech, Al-Nosra et toutes les factions islamistes, telles que Ahrar al-Cham et Suqour al-Cham, Jound al-Aqsa, le parti du Turkestan, Ansar al-Charia, ainsi que les factions restantes de l’Armée libre.

La raison de cette influence est que ces factions utilisent les territoires turcs comme bases arrière pour leur travail en Syrie ainsi qu’elles détiennent des comptes bancaires dans des banques turques, et les projets d’évacuation des dirigeants syriens. Tout cela doit passer par la Turquie et ses services de renseignement.

Neuvièmement : L’Accord des quatre villes du 12 avril 2017

[9]

Parmi les résultats d’Astana 1 a été l’admission par toutes les parties internationales de la domination absolue de la Turquie sur toutes les factions de l’opposition en Syrie, et sur toutes les factions terroristes opérant sur le sol syrien. L’État du Qatar qui était le seul qui soutenait financièrement et directement la coalition et ses commissions, et la principale partie qui finançait le Front al-Nosra terroriste, a procédé indirectement, en accord avec le terroriste, Qassem Soleimani, pour mettre en œuvre son plan d’échange démographique entre « Al-Zabadani et Madaya » à majorité sunnite « Foua et Kafraya » qui sont majoritairement chiites, outre le paiement de très grosses sommes d’argent contre la libération de plusieurs Qataris enlevés par les milices de Hachd al-Chaabi en Irak.
Quant au rôle de la Turquie dans cet accord, elle était le garant du Front Al-Nosra, qui a mis en œuvre l’accord en Syrie contre d’énormes sommes d’argent reçues aussi du Qatar. Sans la présence turque et le Front al-Nosra, l’accord n’aurait pas été mis en œuvre.

Il est à noter que l’accord était mis en œuvre malgré le refus des citoyens des villes de « Foua et Kafraya » de quitter leurs maisons. Quant à « Al-Zabadani et Madaya », elles étaient presque vides en raison de la destruction massive.

Dixièmement : les zones de désescalade

Le 4 mai 2017, la Russie, l’Iran et la Turquie se sont convenus de garantir et de surveiller le l’accord de cessez-le-feu en Syrie et la création des zones de désescalade. Les résultats d’Astana 1 ont encouragé les pays parrains à organiser le deuxième round de pourparlers dans le soi-disant Astana 2, où la Russie, l’Iran et la Turquie ont inventé un moyen de mettre un terme au conflit armé en Syrie, où le régime d’al-Assad a perdu ses pouvoirs depuis le début de la révolution jusqu’à cette époque.

La Syrie était divisée en zones de désescalade comme mesure temporaire visant à arrêter les combats, et l’engagement des parties à ne pas s’attaquer entre elles, la distribution de l’aide pour la population, le remise en service des infrastructures et l’établissement des points de contact entre les zones de contrôle du régime et celles sous le contrôle de l’opposition et d’autres factions terroristes. En fait, les factions syriennes étaient obligées de mettre en exécution le plan des zones de désescalade, sous la pression du gouvernement turc soutenu par des frappes aériennes russes.

Parmi toutes les zones de désescalade, la Turquie a choisi Idlib pour mettre en place à ses frontières environ 12 postes de contrôle militaire dont la mission est uniquement de surveiller la situation. La question là est : pourquoi les forces turques ne sont-elles pas parties au sud syrien, Homs et Deraa pour établir des points de contrôle comme l’a fait à Idlib ? Ou est-ce elle le garant d’Idlib seulement ?

Avec ce plan, d’autres zones de désescalade ont commencé à se transformer en zones de reddition au régime, et ceux qui refusaient de rester sous le régime ont été évacués vers le gouvernorat d’Idlib. Quant aux chefs de factions, ils se sont rendus en Turquie, où ils ont été transférés l’argent qu’ils avaient en leur possession aux banques turques, et certains d’entre eux ont ouvert de mégaprojets d’investissement sous plusieurs prétextes et avec la bénédiction et les encouragements de la Turquie, qui a accordé sa citoyenneté à la plupart des dirigeants.

Ainsi, la Syrie, qui profite à la survie d’al-Assad, est revenue sous le contrôle du régime d’al-Assad.

Onzièmement : La Turquie et la révolution syrienne pendant l’année 2018-2019

Cette année, deux opérations militaires turques ont eu lieu dans le nord de la Syrie :

Primo : Le Rameau d’Olivier le 20 janvier 2018

[10]

Suite aux accords russo-turcs, les forces russes se sont retirées d’Afrin à Tall Rifaat. Puis, les forces turques ont mené leur campagne militaire visant l’occupation d’Afrin en utilisant des mercenaires syriens plaçant les drapeaux de la révolution et de la Turquie sur leurs uniformes militaires.

L’opération a duré environ deux mois, et s’est soldée par l’occupation de la région d’Afrin et de ses environs, soit environ 280 villes et village. Les FDS se sont retirées d’Afrin en raison de leur incapacité à résister à l’armée turque et du refus des États-Unis de les soutenir contre la Turquie, ou en raison des accords américano-turcs. Les principaux événements ayant accompagné l’invasion sont comme suit :

  1. Les milices syriennes auxiliaires de l’armée turque ont pillé les maisons et les biens des citoyens syriens dans toutes les zones en Afrin nouvellement contrôlées. Le monde entier a été témoin, de ses propres yeux, des opérations de pillage choquantes, étant donné que les combattants ont tout pris comme butin, ils les ont partagés avec les Turcs et ils les ont vendus en Turquie. Leurs agissements ont confirmé que ces factions sont des mercenaires et des tueurs à gages, qui ne sont pas différents des milices de Hachd al-Chaabi ou de l’Armée du criminel Bachar al-Assad.
  2. Des millions de bouteilles d’huile d’olive qui se trouvaient dans des maisons et des presses à huile syriennes ont été expédiées en Turquie.
  3. Plus de 180.000 citoyens kurdes ont été forcés à quitter leur pays et des centaines de personnes ayant refusé de partir ont été tuées. Et les factions pro-turques ont divisées entre elles les foyers des Kurdes, les villages et les villes selon des critères préétablis entre elles.
  4. Les mercenaires ont abusé de l’honneur des femmes en les violant individuellement et collectivement, ce qui est généralement suivi par des liquidations.
  5. Les maisons des habitants déplacés d’Afrin sont devenues des projets d’investissement pour les milices turco-syriennes, en commençant à les vendre aux déplacés du sud et de l’ouest de la Syrie.

Tout cela était fait avec l’accompagnement de l’armée turque qui est surnommée l’armée mahométane relative à Mohamed II Fatih (le Conquérant). En effet, la Turquie a mis en œuvre un changement démographique qu’elle prétendait que les FSD étaient en train de le faire.

Secundo : Source de Paix : 9 octobre 2019

[11]

Pour les mêmes prétextes turcs connus pour protéger ses frontières des frappes terroristes menées par des membres du Parti des travailleurs turco-kurdes infiltrés parmi les factions kurdes syriennes, la Turquie a lancé une opération qu’elle a baptisée « Source de paix » en utilisant des mercenaires syriens sous le nom d’Armée libre. En conséquence, il s’emparait  d’une nouvelle superficie du nord syrien estimée à 4000 km2. Cette zone comprenait des villes et des villages importants tels que la ville frontalière de Tel Abyad, Ras al-Ain, Mabrouké, Al-Mnajeer et Soulouk.

Et comme lors toute opération, les forces turques et les forces auxiliaires ont commis des atrocités comme celles commises par chaque occupant, en particulier les forces auxiliaires qui ont pratiqué leur spécialité de pillage, de vol de viol.[12]

Douzièmement : La zone de sécurité

La Turquie prétend que le nombre de Syriens en Turquie a dépassé 3,5 millions, mais en réalité ces chiffres ne sont pas documentés, et il n’est pas possible d’obtenir le nombre réel de Syriens en Turquie. L’intérêt de la Turquie est que le chiffre soit aussi important, voire plus pour qu’il corresponde avec les sommes qu’elle prétendait avoir dépensé pour les Syriens depuis le début de la crise. Et de même pour qu’il corresponde aux montants qu’elle demande à la communauté internationale pour l’aider à sur ce fardeau.
Pour cela, la diplomatie turque dans les forums internationaux a répandu qu’elle avait créé une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie qui vise à protéger les civils déplacés fuyant le régime d’al-Assad et à permettre à la Turquie d’offrir un lieu sûr pour le retour des Syriens en Turquie dans leur pays au lieu d’être en Turquie, et au lieu d’aller vers l’Europe.

Malgré tous les arguments avancés par la Turquie pour lui donner le feu vert pour mettre en œuvre cette idée avec l’approbation internationale, les États-Unis n’ont pas accepté cette idée pour plusieurs raisons, dont, semble-t-il, l’absence d’une intention internationale d’établir une zone d’exclusion aérienne qui protégerait la zone de sécurité pour des raisons connues et d’autres inconnues.

En réalité, l’idée d’établir une zone de sécurité est « géniale » en théorie, mais elle n’est pas réalisable en pratique. Et sont irréalisme découle du fait que sa mise en place proprement dit coûte très cher à la communauté internationale, et il est clair que la Turquie ne paiera rien. Elle se contentera plutôt de gérer cette zone d’une façon rémunérée. Le plus important encore, c’est que le fait de mettre fin au régime d’al-Assad n’est pas pris au sérieux à tel point que les pays influents du monde se confrontent les uns contre les autres pour la Syrie et pour la mise en place de la zone de sécurité dont rêve la Turquie.

Quant aux raisons données par le président turc Erdogan pour la mise en place de la zone de sécurité, elles étaient irréalistes. Et il est clair qu’il les a utilisées pour des fins politiques en exprimant l’incapacité de son pays à freiner les vagues d’immigrés syriens vers l’Europe, et qu’il souhaite avoir une aide européenne pour empêcher les immigrés syriens à atteindre l’Europe.

Erdogan a trop mentionné le terme « zone de sécurité » lors de ses rencontres internationales. A chaque fois qu’il terminait d’énumérer les mesures prises par la Turquie pour empêcher les émigrants d’atteindre l’Europe, il rappelle à ses hôtes qu’il prévoit également de mettre en place une zone de sécurité dans le nord de la Syrie pour y renvoyer les Syriens qui craignent pour leur vie, mais la communauté internationale ne l’aide pas à le faire et elle doit assumer les conséquences de ne pas permettre à la Turquie d’agir.
La machine média turque a récemment démarré pour promouvoir l’idée que la Turquie prévoit faire revenir un million de Syriens à la zone de sécurité, après que plus d’un demi-million de Syriens soient revenus dans les régions du nord jusqu’à présent, comme elle le prétend. Toutefois, ce plan est imaginaire et irréaliste pour plusieurs raisons, notamment que le nord de la Syrie n’abrite même pas 25% des Syriens habitant en Turquie. Quant à la question du retour de milliers de personnes, cela n’a aucune trace en réalité.

Si la plupart des 3,7 millions de Syriens ne souhaitaient pas revenir volontairement dans leur région d’origine, étant donné la guerre et la persistance de ces conditions de vie misérables en Syrie, comment un originaire de Homs va-t-il sacrifier son travail et la disponibilité de toutes les nécessités de la vie en Turquie pour aller sous une tente dans une zone de sécurité loin de Homs pour y vivre aux dépens de celui qui paie? Sachant que la Turquie dit toujours qu’elle respecte les lois des Nations Unies et qu’elle ne forcera personne à revenir dans son pays. Comment décidera-t-elle donc de renvoyer un million ou moins ou plus de Syriens pour être sans abris ?

Cela signifie qu’il envisage de mettre en place la zone de sécurité d’une manière ou d’une autre, mais qu’il essaie d’obtenir un soutien financier de la part des pays qui interviennent dans la question syrienne pour qu’il contrôle le nord de la Syrie avec une couverture financière et politique qui ne lui coûte aucun centime.

Enfin, toutes les lectures de la situation dans le nord de la Syrie disent que la Turquie se dirige vers la mise en place d’une sorte de « Chypre turque » dans le nord de la Syrie sous prétexte d’établir la zone de sécurité comme première étape dont on ne sait pas la fin.[13]

Treizièmement : Les Syriens représentent-ils un fardeau pour l’économie turque ?

Il ne fait aucun doute que l’autorisation par le gouvernement turc aux Syriens fuyant l’enfer du meurtre brutal et systématique d’al-Assad de vivre sur son territoire, est chose de très positif. Cependant, il y a ceux qui qualifient cette présence de grands sacrifices par le peuple turc, comme ils le répètent certains Turcs qui sont en colère contre la présence syrienne, ou comme certains Syriens le décrivent par gentillesse ou sur la base d’un backgroung idéologique islamiste en qualifiant cela de sacrifices mythiques par « Erdogan » en prenant considération les sommes d’argent qu’Erdogan prétendait dépenser pour les Syriens, qui dépassaient les trente milliards de dollars. Mais, loin des opinions et des spéculations, on fera un simple calcul en ce qui concerne le coût réel de la présence syrienne en Turquie :

  • Les Syriens en Turquie résident dans des maisons louées, ils paient les factures d’eau, d’électricité et de gaz, et ils mangent, portent des vêtements, paient le transport, les factures de téléphone ainsi qu’ils paient une grande partie des factures des médicaments.
  • Il y a ce qu’on appelle la carte du Croissant rouge pour les familles dont le nombre d’enfants est supérieur à deux où ils paient 250 livres turques pour chaque personne. Ces fonds sont fournis par l’aide internationale pour couvrir les dépenses de quelques Syriens en Turquie.
  • Les Syriens travaillent au marché du travail turc sont comme n’importe quel Syrien qui travaille dans n’importe quel autre pays du monde. Et il y certains d’entre eux qui reçoivent une aide financière de leurs proches de l’extérieur de la Turquie. Avec un simple calcul, on constate que les Syriens ne représentent pas un fardeau pour le Trésor turc, bien au contraire.
  • La Turquie dit officiellement qu’elle accueille 3,5 millions de Syriens sur son territoire, et ceux-ci travaillent pour subvenir à leurs besoins ou ils reçoivent de l’aide de leurs proches ou des organisations internationales. Et on suppose que chaque Syrien en Turquie paie les montants mentionnés ci-dessus qui s’élèvent à 25 dollars par mois, soit un montant égal à 250 livres turques, ce qui est beaucoup moins par rapport à la réalité. Le total de ce que les Syriens injectent chaque année dans l’économie turque est d’un milliard cinquante millions de dollars américains. Il s’agit d’un montant équivalent à un cinquième du budget de la Syrie aujourd’hui et dans des périodes précédentes.
  • Des centaines d’hommes d’affaires syriens investissent leur argent en Turquie, par exemple le 9 avril 2019, la chaîne Al Jazeera a diffusé un reportage économique sur l’Association des entrepreneurs et hommes d’affaires syriens (SIAD) qui montre le volume d’affaires et les investissements des entreprises affiliées à cette seule association, qui s’élevaient à 1,5 milliard de dollars. Il convient de mentionner que les activités des membres de cette association sont concentrées uniquement dans les régions de Gaziantep et Hatay.
  • De ce qui précède, il ressort simplement que le Syrien résidant en Turquie n’est pas un réfugié selon la description internationale, et qu’il n’est pas un fardeau pour l’économie turque, ni pour le peuple turc, mais plutôt un immigré qui constitue un apport positif pour l’économie turque.
  • Cela contredit les déclarations de M. Erdogan, le président de la République, qui continue d’annoncer les coûts de la présence des Syriens en Turquie, qui s’élevait la dernière fois à environ 30 milliards de dollars. Ces chiffres sont totalement incorrects.
  • Ces déclarations ont contribué à faire monter la tension dans les relations entre les citoyens turcs pauvres et les Syriens. En effet, une fausse idée est répandue parmi eux, en raison des déclarations du président de la République, disant que le Syrien partage avec le Turc sa subsistance quotidienne. Et certains Turcs pensent que les Syriens les volent, de telle sorte que des tranches du peuple turc sont devenues de plus en plus en colère contre les Syriens parce qu’ils ont remarqué que les Syriens travaillent et reçoivent des salaires, tandis qu’ils sont au chômage.
  • C’était le dernier chiffre mentionné par le président turc dans ses nombreux discours, qui est devenu parmi les plus importantes rubriques « Combien a dépensé la Turquie pour les Syriens ?». 30 milliards de dollars.
  • Suite aux négociations de la Turquie, qui a utilisé la carte d’immigration avec les pays européens, la Turquie a pu obtenir plusieurs milliards de dollars de l’Union européenne.

Le résultat de ce qui précède est que les Syriens constituent un apport important à l’économie turque et ils ne dépendent pas de personne.

Quatorzièmement : les relations de la Turquie avec les territoires occupés

La superficie des zones contrôlées par la Turquie est d’environ 8000 kilomètres carrés, avec une population totale d’un million et quart de million de personnes, tandis que la zone d’Idlib, qui est contrôlée par Hayat Tahrir al-Cham terroriste couvre environ 3000 kilomètres carrés et contient environ deux millions de personnes déplacées et les habitants originaires de cette régions. Et ces deux régions sont par des relations organiques avec l’occupation turque.

La Turquie et les zones d’occupation directe

  1. Il y a environ 21 points militaires répartis près des principales villes et des lignes de jonction avec les FDS à Manbij, Tall Rifaat et les forces du régime syrien à Tadef. La base de Jabal Al-Sheikh Aqeel surplombant la ville d’al-Bab, est considérée comme la plus grande base turque dans la campagne du nord d’Alep.
  2. À Afrin, la Turquie possède 12 principales bases militaires turques, notamment à Bulbul et Rajo, Sheikh Al-Hadid, Jindires, Afrin, Barad, Jalbal, Shawargha, Sharnali et Kafr Janneh. Les forces turques sont déployées dans cinq points militaires dans les villes de Ras al-Ain et Tall Abyad, outre plusieurs points de contrôle, notamment près de la route internationale M4 d’autant plus qu’il y a deux principales bases militaires dans la région de Tall Abyad.
  3. Les renseignements turcs prennent les bureaux de la police civile formée par des Syriens, des sièges, mais la présence de l’armée et le renseignement turcs sont plus visibles dans les régions d’Afrin et de la campagne nord d’Alep, où il y a plusieurs niveaux de présence ainsi qu’on enregistre de nombreuses visites officielles turques dans les deux régions. Les interventions directes des services secrets turcs sont rares dans les troisièmes régions, étant donné que la Turquie table sur l’armée nationale syrienne pour traquer et réprimer ses opposants. Elle lui ai demandé de créer des prisons spéciales à cet effet afin de se protéger d’une implication directe dans les violations. Le renseignement s’appuie sur des enquêteurs de la « police syrienne et des forces nationales de sécurité publique » qui sont directement liés à l’appareil sécuritaire turc à Afrin ou Ras al-Ain.
  4. La Turquie a contribué au recrutement de mercenaires syriens et elle les a employés dans ce qu’on appelle désormais de l’Armée nationale, qui doit la loyauté à la Turquie. L’armée nationale se compose de trois corps et de deux divisions qui bénéficient d’un traitement spécial de la part de l’armée turque : il s’agit du corps du sultan Mourad, dirigé par le marchand de chaussures, Faiham IIssa, et le corps du sultan Salim Shah, dirigé par Mohamed Al-Jassem Abou Amcha, un ancien ouvrier du bâtiment. Toutes ces forces opèrent grâce au financement de l’État du Qatar.
  5. Les mouvements de toutes les factions rattachées à l’armée nationale sont protégés par l’armée turque et soutenus par cette dernière. L’armée turque a le dernier mot sur tout ce qui concerne ses mouvements ou son organisation.
  6. Depuis l’entrée des forces turques en Syrie et depuis la création des forces auxiliaires des forces turques, ces factions n’ont jamais attaqué le front du régime assadiste motivées par le sens révolutionnaire ou patriotique pour libérer les territoires du régime d’al-Assad. Cela n’a eu lieu qu’une seule fois pour se venger le meurtre d’un certain nombre de soldats turcs le 20 février 2020.
  7. La Turquie a exploité les factions de l’armée nationale en tant que mercenaires en dehors de la Syrie pour servir les intérêts de la Turquie en Libye au milieu de l’année 2020. Elle a envoyé des mercenaires de l’armée nationale et les a mis en confrontation dans un combat contre le peuple libyen pour de l’argent dont il ne recevait que peu, et celui qui se faisait tuer ou se blessait, c’était son propre malheur.
  8. Des éléments de l’armée nationale ont également été transférés en novembre de l’année 2020 pour combattre en Azerbaïdjan en faveur de la Turquie.
  9. Il n’y a pas d’activités économiques dignes d’être mentionnées dans ces régions, sauf l’imposition de redevances sur chacun qui tombe entre les mains de l’une des factions, et le pillage du reste des propriétés, ainsi que la location des maisons kurdes saisies pour ceux qui sont capables de payer, et l’abattage des oliviers pour les vendre comme du bois de chauffage, sachant que la devise utilisée est la livre turque.

Quinzièmement : La relation de la Turquie avec les zones contrôlées par Hayat Tahrir al-Cham

  1. A ce jour, la gendarmerie turque a tué plus de 400 civils syriens, dont plus de 30 femmes, de 70 enfants qui tentaient d’entrer sur le territoire turc de l’autre côté des frontières. Ce meurtre représente ce que j’appelle le « meurtre d’amusement » ayant touché plusieurs citoyens qui étaient dans leurs tentes ou ils travaillaient dans leurs terres ou des enfants qui jouaient avec leurs amis entre les oliviers syriens, comme c’était le cas pour l’enfant Yazan Bakir du village d’Al-Adnania, tué dans sa terre à côté de son grand-père qui travaillait dans sa ferme au milieu de février 2021.[14]
  2. Bien que la Turquie ait déclaré Hayat Tahrir al-Cham une organisation terroriste, mais elle se comporte envers l’organisation comme s’il s’agissait d’une organisation turque qui lui appartient. Elle n’a rien fait pour faire sortir les terroristes d’Idlib selon les accords d’Astana entre la Turquie et la Russie, au contraire, le niveau des relations entre la Turquie et Hayat Tahrir al-Cham n’a fait que se consolider.
    3. La Turquie a pu mettre en œuvre ses propres accords avec l’Iran, la Russie et le régime syrien sous la couverture d’Astana et de Sotchi en s’appuyant sur Hayat Tahrir al-Cham. Cette dernière a empêché les combattants d’attaquer le régime, et elle a fait sortir les armes lourdes du sud d’Idlib. En effet, la région est devenue dépourvue d’éléments de résistance e le régime a récupéré un tiers de la superficie d’Idlib, qui est d’environ 2000 kilomètres carrés, sans la moindre résistance.
  3. Les forces turques sont entrées dans les territoires syriens et ont mis en place 12 points de contrôle de désescalade au niveau des lignes de jonction avec le régime sous la garde d’éléments de Hayat Tahrir al-Cham, classée terroriste par la Turquie. Et lors de son premier retrait de la ligne Morek vers Jabal Zawiya, ellle a également été retirée sous la protection des éléments de Hayat Tahrir al-Cham.
    5. Outre Hayat Tahrir al-Cham, il y a d’autres organisations terroristes, telles que Hurras ad-Din, les restes de l’Etat islamique et d’autres factions kazakhes et tchétchènes dans les mêmes régions de Hayat Tahrir al-Cham. Tous les combattants jouissent d’une liberté de mouvement privilégiée sur les deux côtés des frontières syro-turques. Tout afflux de terroristes dans ou hors de la région se fait facilement et avec l’approbation turque.
  4. L’utilisation de la livre turque a été imposée dans les zones contrôlées par Hayat Tahrir al-Cham, ce qui nécessite l’entrée des sommes d’argent de la monnaie turque vers les zones contrôlées par Hayat Tahrir al-Cham et leur sortie, et c’est un autre indicateur de la solidité des relations entre Hayat Tahrir al-Cham et la Turquie.
  5. Plus de 100 organisations locales et internationales travaillent pour faire parvenir les aides humanitaires aux citoyens du nord syrien. Ces aides sont soit en nature soit en espèces. Il est utile de mentionner que toute aide en nature. Il convient de dire que toutes les aides en nature sont achetées des marchés turcs, tandis que l’aide en espèces est en dollars américains qui sont changés par des citoyens en livres turques.

8 – Un très grand nombre de citoyens bénéficient des envois de fonds mensuels transférés par leur fils et leurs familles présents dans le monde entier. Et tous ces transferts sont déboursés enfin du compte en livres turques.

Les bandes terroristes de Hayat Tahrir al-Cham ont lié la valeur des redevances/taxes sur le prix du dollar, augmentant ainsi la pression sur citoyens par l’augmentation de la valeur de la redevance en fonction du cours de la livre turque par rapport au dollar. De plus, Hayat Tahrir al-Cham impose une liste de prix sur les biens et le carburant  correspondant à la liste des prix des biens et du carburant en vigueur dans l’État turc, comme si les cités d’Idlib sont des quartiers d’Istanbul. Ainsi, les bandes terroristes de Hayat Tahrir d’al-Cham ont œuvré pour épuiser ce qui arrivait aux citoyens d’aides internationales ou d’envois de fonds avec le soutien, l’orientation et la protection des forces d’occupation turques.

Le résultat

La Turquie est passée d’un simple pays voisin avec ses propres intérêts nationaux qui peuvent ne pas se rencontrer avec les intérêts de la révolution du peuple syrien, sauf dans de petits détails, à un pays qui veut réaliser des gains aux dépens des territoires syriens et du peuple syrien.
Pour réaliser ses intérêts nationaux, semble-t-il, la Turquie est entrée dans une alliance avec la Russie et l’Iran qui avaient contribué à protéger le régime syrien de la chute en écrasant ses opposants et en commettant des massacres pouvant s’élever au niveau des crimes de guerre. Ils ont également détruit la structure démographique, comme l’infrastructure et ils ont mené la Syrie pour devenir un Etat en faillite.

Son occupation du territoire syrien et le fait de pousser des citoyens syriens à quitter leurs régions de résidence dans le nord de la Syrie sont venus, et le meurtre de civils non armés sur ses frontières sont des preuves irréfutables qu’il s’agit d’une puissance occupante traditionnelle au vrai sens du terme.

Et en raison de la ruse du gouvernement turc, le manque de clairvoyance de certains spectres de l’opposition syrienne et de la loyauté absolue de certains d’entre eux à la Turquie, le gouvernement turc a pu avoir un contrôle absolu sur les décisions de l’opposition syrienne, et il a pu même contrôler les moindres détails de ses décisions, à tel point que l’administration turque avait annoncé à Sotchi qu’elle va négocier au nom de l’opposition syrienne. Ainsi, les opposants syriens présents en Turquie ont perdu leur légitimité pour représenter le peuple syrien.

A cause de cette situation dans laquelle se trouve l’opposition syrienne, et les revers ayant ôté la capacité des révolutionnaires à imposer leur volonté au régime syrien, et à cause des conflits politiques, l’absence d’un projet national syrien inclusif, le peuple syrien est désormais face à deux voies :

D’abord : ne pas réagir, surveiller les tensions internationales et attendre que les pays du monde qui s’immiscent dans les affaires syriennes à résolvent leurs problèmes en dehors de la Syrie, puis résoudre leurs problèmes internes sur les territoires syriens, et enfin attendre la possibilité qu’ils fassent attention au peuple syrien, en espérant trouver quelque chose à abandonner sans affecter leurs intérêts nationaux.

Deuxièmement : Le peuple syrien œuvre à faire ressortir des représentants qui n’ont rien à voir avec les figures traditionnelles de l’opposition qui étaient au devant de la scène au cours de la dernière décennie. Et il forme une institution nationale qui élève l’intérêt de la nation au-dessus de toute considération, afin que cette institution travaille à renverser le régime d’al-Assad, à libérer la patrie de l’occupation et à la nettoyer du terrorisme.

Tout succès populaire au niveau national doit être précédé par des efforts nationaux sincères, en prenant en considération que l’organisation des Frères musulmans syriens, ou toute organisation partisane créée par des dissidents des Frères musulmans, ou toutes autres organisations soutenant les Frères musulmans sont des outils non nationaux liés à des agendas internationaux qui ne se soucient pas de la cause du peuple syrien national.

Et que la Syrie est la terre des héritiers de multiples civilisations qui en ont droit au même titre que tout Syrien, et que les nationalités et les religions, les coutumes, les traditions et les langues sont des droits pour ceux qui sont en Syrie et il n’est pas question de les en priver sous aucun prétexte, à condition que la citoyenneté, ses lois et ses dispositions sont le contenant qui rassemble tous les Syriens sans exception.

[1] Le congrès syrien de changement : https://www.france24.com/ar/20110531-syria-opposition-antalya-turkey-conference-bashar-assad-daraa

[2] https://www.aljazeera.net/news/presstour/2011/9/16/%D9%85%D9%86%D8%B8%D9%85%D8%A9-%D8%AD%D9%82%D9%88%D9%82%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7-%D8%B3%D9%84%D9%85%D8%AA-%D9%87%D8%B1%D9%85%D9%88%D8%B4

[3] https://www.aljazeera.net/news/arabic/2011/10/3/%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AC%D9%84%D8%B3-%D8%A7%D9%84%D9%88%D8%B7%D9%86%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A

[4] https://www.bbc.com/arabic/middleeast/2013/08/130830_turkey_syria

[5] https://www.france24.com/ar/20150802-%D8%AC%D8%A8%D9%87%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%86%D8%B5%D8%B1%D8%A9-%D8%A7%D8%AE%D8%AA%D8%B7%D8%A7%D9%81-%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D9%88%D9%84%D8%A7%D9%8A%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AA%D8%AD%D8%AF%D8%A9-%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7

[6] https://www.france24.com/ar/20151124-%D8%A8%D9%88%D8%AA%D9%8A%D9%86-%D8%B1%D9%88%D8%B3%D9%8A%D8%A7-%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7-%D8%A5%D8%B3%D9%82%D8%A7%D8%B7-%D8%B7%D8%A7%D8%A6%D8%B1%D8%A9-%D8%B9%D9%88%D8%A7%D9%82%D8%A8

[7] https://www.bbc.com/arabic/middleeast/2016/07/160713_turkey_syria_relationship_development

[8] https://aawsat.com/home/article/722486/%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7-%D8%AA%D8%B7%D9%84%D9%82-%C2%AB%D8%AF%D8%B1%D8%B9-

[9] https://www.aljazeera.net/news/arabic/2017/4/12/%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D8%B9%D8%AF%D8%A7%D8%AF%D8%A7%D8%AA-%D9%84%D8%AA%D9%86%D9%81%D9%8A%D8%B0-%D8%A7%D8%AA%D9%81%D8%A7%D9%82-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AF%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D8%B1%D8%A8%D8%B9

[10]  Syrie : l’Armée turque affirme le lancement de l’opération du « Rameau d’olivier » https://www.france24.com/ar/20180120-%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AC%D9%8A%D8%B4-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D9%85%D9%84%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%B3%D9%83%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%B9%D9%81%D8%B1%D9%8A%D9%

[11] https://www.aljazeera.net/news/politics/2019/10/9/%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7-%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A7-%D8%B4%D8%B1%D9%82-%D8%A7%D9%84%D9%81%D8%B1%D8%A7%D8%AA-%D8%B9%D9%85%D9%84%D9%8A%D8%A9-%D8%B9%D8%B3%D9%83%D8%B1%D9%8A%D8%A9

[12] https://www.alhurra.com/arabic-and-international/2020/09/20/%D8%A7%D8%BA%D8%AA%D8%B5%D8%A7%D8%A8-%D9%88%D9%86%D9%87%D8%A8-%D9%88%D8%AA%D8%B7%D9%87%D9%8A%D8%B1-%D8%B9%D8%B1%D9%82%D9%8A-%D8%AA%D9%82%D8%B1%D9%8A%D8%B1-%D8%A3%D9%85%D9%85%D9%8A-%D9%8A%D8%AA%D8%AD%D8%AF%D8%AB-%D8%AC%D8%B1%D8%A7%D8%A6%D9%85-%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A7-%D9%81%D9%8A-%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A7

[13] https://thelevantnews.com/article/%D8%A7%D9%84%D8%A8%D8%AF%D8%A1-%D8%A8%D8%A5%D9%86%D8%B4%D8%A7%D8%A1-%D9%85%D9%86%D8%B7%D9%82%D8%A9-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D9%86%D9%85%D8%B7-%D9%82%D8%A8%D8%B1%D8%B5-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D9%85%D8%A7%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8Amarch-28,-2022,-2:47-pm

[14] https://www.syriahr.com/%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%AF%D9%88%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%B1%D9%83%D9%8A%D8%A9-404-%D8%B4%D9%87%D8%AF%D8%A7%D8%A1-%D9%85%D8%AF%D9%86%D9%8A%D9%8A%D9%86/280201/