L’assaillant islamiste de Solingen condamné à la réclusion à perpétuité

Le tribunal régional supérieur (Oberlandesgericht) de Düsseldorf a condamné l’auteur de l’attaque au couteau de Solingen à la réclusion à perpétuité pour trois meurtres, dix tentatives de meurtre et appartenance à l’organisation terroriste « État islamique » (EI). Le tribunal a également retenu la gravité particulière de la culpabilité et ordonné une rétention de sûreté à l’issue de la peine pour ce demandeur d’asile syrien de 27 ans, suivant ainsi les réquisitions du parquet fédéral.
Issa Al Hasan était entré illégalement en Allemagne via la Bulgarie en 2023. Le 23 août 2024, il a tué trois personnes et en a grièvement blessé huit autres lors d’une fête de la ville de Solingen.
Selon le président du tribunal, Al Hasan s’était radicalisé de plus en plus depuis 2019. Ses activités en ligne témoignaient de son ancrage croissant dans l’idéologie de l’EI. Contrairement à ce qu’il affirmait, il n’avait pas agi sur ordre de l’EI, mais par conviction personnelle. Avant même de fuir la Syrie, il avait déjà prêté allégeance à l’organisation. Ses convictions djihadistes anciennes et le risque de nouveaux crimes graves justifiaient, selon le tribunal, la rétention de sûreté. Rien n’indiquait qu’il mettrait sa détention à profit pour prendre ses distances avec ses idées extrémistes.
Le tribunal a également rejeté l’affirmation d’Al Hasan selon laquelle l’attaque n’était qu’une réponse aux souffrances des musulmans à Gaza, n’y voyant tout au plus qu’un motif secondaire. Son véritable objectif était, selon lui, de « renforcer la capacité opérationnelle de l’EI en Europe » en tuant le plus grand nombre de personnes possible. Peu avant l’attaque, il avait une nouvelle fois prêté allégeance à l’EI.
L’avocat de la défense ne s’est opposé qu’à la rétention de sûreté et a accepté pour le reste la qualification juridique retenue par l’accusation. Son client avait « franchi les limites du supportable », a déclaré l’avocat, reconnaissant qu’on ignorait toujours ce qui l’avait conduit à « vénérer le mal ». Il a également salué l’attitude des parties civiles, chez lesquelles on ne décelait « pas une étincelle de haine ».
La procédure pénale étant close, l’attention se porte désormais sur ses suites politiques. Une commission d’enquête parlementaire en Rhénanie-du-Nord-Westphalie examine les éventuels manquements du gouvernement régional CDU-Verts et les défaillances systémiques des procédures d’expulsion. Elle cherche notamment à comprendre pourquoi le transfert d’Al Hasan vers la Bulgarie, où il était entré dans l’UE, a échoué des mois avant le crime. Une première tentative d’expulsion en juin 2023 avait échoué ; bien qu’elles aient su qu’il ne s’était pas caché, les autorités n’ont pas fait de seconde tentative. La responsabilité de sa procédure d’asile est ainsi passée de la Bulgarie à l’Allemagne, et Al Hasan a été hébergé dans un foyer à Solingen, à proximité du futur lieu du crime.


