Le Barrage de la Renaissance : messages de l’Égypte aux pays africains

L’Égypte continue de déployer des efforts diplomatiques pour résoudre la crise du barrage de la Renaissance éthiopienne menaçant la sécurité nationale de l’eau en remplissant le barrage avec l’eau du Nil, la bouée de sauvetage de l’Égypte.

Il semble que Le Caire et Addis-Abeba se battent pour gagner le soutien africain, suivi de l’échec de la médiation américaine entre les deux parties.

Malgré les fréquentes visites du ministre égyptien des Affaires étrangères dans les États arabes d’Afrique du Nord, qui ont déjà déclaré leur solidarité avec l’Égypte, Le Caire cherche à mobiliser les positions africaines, en particulier celles des pays du bassin du Nil, tentant de dépasser les efforts éthiopiens. Ainsi, les visites et les messages de l’Égypte en Afrique ont été remarquablement répétés.

Tanzanie : nouvelle étape africaine

Jeudi, la Tanzanie a reçu un message du président égyptien Abdul Fattah al-Sisi sur les derniers développements des négociations sur le barrage de la Renaissance.

Le message a été remis par le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shukri à son homologue tanzanien Palamagamba Kabudi lors de leur rencontre en Tanzanie, dans le cadre de la tournée de Shukri dans plusieurs pays africains.

Au cours de la visite, Shukri a exposé les développements des négociations de 5 ans négociées par les États-Unis et la Banque mondiale, et qui ont abouti à la formulation d’un accord juste et équilibré, répondant aux intérêts des trois pays du bassin du Nil, l’Égypte, l’Éthiopie et le Soudan.

Le ministre tanzanien a affirmé que le message serait remis au président, qui n’a pas pu rencontrer Shkri en raison de sa visite dans les zones inondées de son pays, selon le communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Kabudi a souligné que l’Éthiopie apprécie les efforts et la flexibilité dont l’Égypte a fait preuve au cours des pourparlers pour parvenir à un accord qui protégerait les intérêts des trois pays.

Course éthiopienne égyptienne

Dernièrement, l’Égypte et l’Éthiopie ont tenté de faire la lumière — diplomatiquement — sur la crise grâce à des visites à l’étranger effectuées par le président éthiopien Sahle-Work Zewde d’un côté et le ministre égyptien des Affaires étrangères de l’autre, pour expliquer les derniers développements du dossier du barrage de la Renaissance.

Le président éthiopien s’est récemment rendu au Rwanda, en Ouganda et au Kenya, expliquant les derniers développements à ses homologues des trois pays concernant les pourparlers du barrage de la Renaissance avec le Soudan et l’Égypte, dans le but de parvenir à un accord sur le processus de remplissage et de fonctionnement.

Zewde a déclaré que son gouvernement s’est engagé à travailler et à coopérer avec les pays du bassin du Nil selon le principe d’une utilisation raisonnable et équitable de l’eau.

Addis-Abeba a toujours fourni toutes les informations nécessaires concernant les préoccupations des pays en aval concernant la construction du barrage de la Renaissance, a-t-elle ajouté.

Zawde a exprimé son espoir de mettre en œuvre l’accord sur la Déclaration de principes, signé à Khartoum, 2015, entre l’Égypte, le Soudan et l’Éthiopie, et a souligné la position de l’Éthiopie selon laquelle le Nil pourrait être une source de coopération plutôt qu’une source de conflit et de malentendus.

Diplomatie égyptienne… nouveaux cycles

Mardi, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Shukri a commencé sa tournée africaine par une visite à Bujumbura, la capitale burundaise, délivrant un message du président Sissi concernant le barrage de la Renaissance.

Outre le Burundi, la visite du ministre comprenait des visites en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Rwanda, en République démocratique du Congo, au Soudan du Sud et au Niger.

Il y a quelques jours, le ministre égyptien a effectué deux tournées dans des pays arabes et européens, au cours desquelles il a dispensé des massages sur le même sujet.

Dernière escalade

Le samedi 7 mars, Le Caire a rejeté la dernière déclaration éthiopienne, qui critiquait la décision de la Ligue arabe, approuvant les droits historiques de l’Égypte sur l’eau du Nil et rejetait toute mesure unilatérale éthiopienne.

« Nous avons toujours une solution équilibrée à la crise du barrage de la Renaissance, qui protège les intérêts de toutes les parties », a expliqué le ministère égyptien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Pendant ce temps, Addis-Abeba a annoncé qu’il ne participerait pas aux pourparlers qui se tiendront à Washington le mois dernier, pour étudier les propositions du département du Trésor américain sur un projet d’accord concernant le remplissage et l’exploitation du barrage Renaissance.

Il avait également décidé de commencer à stocker 4,9 milliards de mètres cubes d’eau du Nil dans le barrage de la Renaissance en juillet prochain.

Le Caire a rejeté la décision éthiopienne de remplir le barrage sans accord préalable, ce qui indique qu’Addis-Abeba a délibérément manqué les pourparlers de Washington.

Parallèlement, les ministères égyptiens des Affaires étrangères et de la gestion de l’eau ont exprimé leur mécontentement et leur rejet de la déclaration publiée par le gouvernement éthiopien concernant le cycle de négociations sur le barrage de la Renaissance, qui s’est tenu à Washington les 27 et 28 février.

Tous les droits de la publication et les droits de l’auteur sont réservés au Monitor MENA