«Le Fantôme» ou le proche de «Soleimani»… l’éventuel successeur de «Hassan Nasrallah» ?

Après les informations contradictoires concernant l’évolution de l’état de santé du chef de la « milice du Hezbollah », et sa récente apparition lors d’un « discours entrecoupé de quintes de toux » dans lequel s’est montré épuisé, pâle et faible, un grand nombre de partisans et d’opposants du parti se sont posés des questions autour de l’éventuel successeur de « Hassan Nasrallah », tandis que d’autres nouvelles indiquaient que « sa santé s’améliore et elle est devenue meilleure qu’elle ne l’était lors de sa précédente apparition ».

Le coma et « l’intention de rétablissement »…

Le responsable culturel du Hezbollah dans la région de la Bekaa, « Fayçal Chokr », a révélé que « Nasrallah se remet de l’allergie printanière dont il a récemment souffert, et les rumeurs circulant par certains sur son infection par le Coronavirus et d’autres maladies ne sont pas vraies ». Il a démenti ce qu’il a qualifié de « fabrications médiatiques » qui parlaient de l’entrée du secrétaire général du Hezbollah libanais en coma, et que les dirigeants du parti sont à la recherche persistante d’une figure alternative parmi des noms suggérés.

Au milieu de ces informations contradictoires en relation avec le sort de Nasrallah, des partisans du « Hezbollah » libanais ont été aperçus en train de distribuer du pain et de l’eau gratuitement sur les passants de la banlieue sud dans l’intention de l’aider à se remettre de sa maladie, selon leur croyance.

La dernière apparition de Nasrallah, le 25 mai, a soulevé des questions sur la nature de sa maladie et s’il était infecté par le « Coronavirus » ou simplement par une allergie, comme son fils l’a affirmé, étant donné que son discours était entrecoupé par des quintes de toux avec des difficultés de respiration.

Au début du discours, le chef de la milice du « Hezbollah » s’est excusé auprès de son public pour son absence lors de la dernière période en raison d’un problème de santé qui lui a provoqué une toux avec laquelle il était difficile de passer à la télé.

Mais des sources israéliennes ont suggéré que : « L’armée pense que Nasrallah est infecté par le Coronavirus depuis un mois et demi, mais en raison de son refus de faire les tests, il n’est pas possible de confirmer un diagnostic précis de son état de santé», en affirmant qu’il « vit dans un abri souterrain et qu’il n’est pas suffisamment exposé au soleil, on peut donc supposer qu’il souffre d’une carence en vitamine D. Une donne qui augmente son exposition aux maladies respiratoires, et le risque de contracter le virus ».

Les médias israéliens ont révélé que « des rumeurs se sont répandues au cours des dernières semaines disant que Nasrallah aurait été transféré à l’hôpital, et il semble que son apparition dans les médias était une tentative de les réfuter, mais sa récente apparition a révélé sa faiblesse et qu’il est malade, et elle a encore renforcé les rumeurs ».

Le calife et le rôle iranien

La mort ou l’assassinat de « Nasrallah » fera perdre au parti une partie de sa domination sur la communauté chiite, après la régression de l’aide financière apportée par le parti, qui a toujours été l’un des moyens pour renforcer son influence, tandis qu’on ne sait pas quel est le mécanisme sur la base duquel le secrétaire général du Hezbollah sera choisi, le plus haut poste au sein du parti.

Les observateurs considèrent que le rôle iranien est déterminant dans le choix du successeur de Nasrallah, étant donné la subordination du parti à Velayet-e Faqih, comme il n’est pas nécessaire que la personne qui occupe le poste le plus élevé connu dans le parti est le candidat pour succéder à Nasrallah, comme cheikh Naim Qassem, le chef adjoint du parti, qui avait été auparavant dépassé par « Nasrallah » et ce dernier avait dirigé le parti, tandis que « Qassem » occupait le même poste qu’il occupe actuellement.

Il est à rappeler que lorsque le premier secrétaire général du parti, « Subhi al-Tufaili », a été renversé, « Abbas al-Moussaoui » a occupé don poste, et après la mort de ce dernier, Nasrallah est venu lui succéder.

Dans l’institution de Hezbollah l’aspect des renseignements fusionne avec le militaire et le religieux, étant donné qu’il y a des postes cachées qui sont plus élevées que celles déclarées, d’autant plus que les ailes militaires assument généralement un rôle plus important que ce qui apparaît publiquement dans la prise des décisions déterminantes.

Par ailleurs, un politologue intéressé par les organisations politiques libanaises, « Ali Haidar », a indiqué que « le Hezbollah n’adopte pas un mécanisme ouvert lors de la nomination d’un secrétaire général. Le calife est toujours choisi parmi le conseil djihadiste du parti, ce conseil qui est dirigé d’une façon formelle par « Nasrallah ». Cependant, en réalité, il était dirigé par « Imad Moughniyeh », et il est donc attendu que le successeur de Nasrallah soit choisi parmi eux.

Le proche de Soleimani

Le journal iranien Khurshid a rapporté que « Hashim Safi al-Din » a été choisi pour succéder à « Hassan Nasrallah », en cas de son assassinat. Le poste du dirigeant exécutif occupé par Safi al-Din, le deuxième poste au sein du parti puisqu’il s’occupe de tous les détails du travail partisan, les procédures organisationnelles ainsi qu’il contrôle les différents détails au sein du parti.

« Safi al-Din » a 57 ans et il est nommé le deuxième homme du parti, car il est l’un des principaux dirigeants. Il est également le chef du Conseil exécutif du Hezbollah. Il a un lien de parenté avec Hassan Nasrallah, « son cousin », et il est marié à la fille de « Mohammed Ali al-Amin », membre du comité de légitimité au Conseil suprême islamique chiite, et Safi al-Din a étudié dans la ville iranienne de Qom avec Nasrallah, ainsi qu’il a une relation étroite avec lui, et l’un des partisans de l’idée de Velayet-e Faqih, car il suit les détails quotidiens du travail du parti et des procédures d’organisation.

La supervision de Safi al-Din des affaires politiques et des programmes sociaux et économiques du parti a aidé à établir des relations solides avec les dirigeants de l’aile militaire, et il gère également un énorme groupe d’investissements visant à garantir l’indépendance financière du Hezbollah et d’assurer le financement de son énorme corps organisationnel. En 2017, les Etats Unis et l’Arabie saoudite ont mis Safi al-Din sur la liste noire des terroristes, suite à ses opérations au profit du parti dans tout le Moyen-Orient, et son travail consultatif pour mener des opérations terroristes.

Le mariage de « Zainab Soleimani » environ 6 mois après le meurtre de son père, l’ancien commandant de la Force al-Qods, « Qassem Soleimani », avec « Reza Hashim Safi al-Din », reflète la forte relation entre ce dernier et les dirigeants iraniens. Les personnes qui connaissent « Safi al-Din » indiquent que sa personnalité est une extension de la personnalité de Nasrallah, et que son expérience organisationnelle et ses excellentes relations avec les militaires au sein du parti font de lui un successeur exemplaire.

Le fantôme…

Les médias ont rapporté que Talal Hamiyah, né le 27 novembre 1952, est originaire de la ville de Taraya, située dans la Bekaa centrale, et il est l’une des rares personnalités en contact direct avec Nasrallah, l’un des candidats les plus en vue pour être le successeur de Nasrallah en cas d’absence de ce dernier.

Hamiyah appartient à la branche militaire du parti, il est donc caché et travaille en secret, car il est considéré comme l’un des membres de la première génération du parti. Il l’a rejoint au milieu des années 80 lorsqu’il a assumé la responsabilité de formation des membres du parti à Burj al- Barajneh dans la banlieue sud de Beyrouth, et Hamiyah était proche du premier chef militaire du parti, Imad Moughniyeh, tué en 2008 dans une voiture piégée à Damas.

Hamiyah a plusieurs pseudonymes, dont « Talal Hosni », « Ismat Misarani » et « le fantôme » en raison de son éloignement de la vie sociale, et il est l’une des personnalités solides et mystérieuses, car il est décrit comme ayant une grande intelligence, et son engagement envers des règles de sécurité strictes, et il n’a pas de papiers administratifs au Liban, bien qu’avant de rejoindre le Hezbollah, il ait travaillé comme employé administratif à l’aéroport de Beyrouth jusqu’en 1982.

Hamiyah dirige l’(Unité 910), qui est responsable des opérations étrangères secrètes du parti, d’autant plus que sa mission de coordination lui a donné une grande expérience dans ce domaine. Ainsi, selon les renseignements occidentaux, il a assumé la présidence du conseil djihadiste du parti en 2016, et il exploite des « cellules dormantes ». Partout dans le monde, en particulier en Amérique du Sud et en Europe occidentale, ainsi que certaines d’entre elles établies dans les États du Golfe et en Afrique, en s’appuyant sur l’incubateur populaire chiite qui passe des contrats avec des collaborateurs et des agents pour apporter le soutien logistique et financier au parti, outre son rôle dans le recrutement de volontaires pour les opérations à l’étranger, notamment le recrutement et l’envoi des volontaires en Irak.

Selon le site Web « Rewards for Justice » (inspiré d’un programme américain qui offre des récompenses à toute personne fournit des informations sur des dirigeants recherchés et classés comme terroristes), la formation dirigée par Hamiyah est chargée de planifier, de coordonner et de mener des attaques en dehors du Liban, en particulier celles qui visaient principalement les Israéliens et les Américains. Son nom a été lié à plusieurs attentats, et il est accusé d’avoir participé au détournement de l’avion de la TWA en juin 1985.

Il est à noter que la cote de « Hamiyah » est en hausse pour assumer la direction du parti en vue de son accession à des postes avancés dans l’aile militaire. En fait, les informations indiquent qu’il occupait le poste de chef adjoint du conseil militaire dirigé par « Nasrallah ».

Fouad Chokr…

« Fouad Chokr » est originaire du village de « Nabi Chit » dans le gouvernorat de Bekaa. Il est né en 1962. Il a rejoint le Hezbollah depuis sa fondation dans les années 80 du siècle dernier, et a gravi les échelons pour devenir conseiller des affaires militaires de Nasrallah.

Chokr est membre du Conseil djihadiste, qui est la plus haute instance militaire du parti. Il a pris le commandement des forces du Hezbollah en Syrie, succédant à l’ancien chef, Moustapha Badreddine, tué en 2016.

« Chokr » a été placé en juillet 2015 sur la liste des sanctions américaines, ainsi que sur les listes du terrorisme en Arabie saoudite en raison d’accusations de « son implication dans la propagation du chaos et de l’instabilité et de mener des attentats terroristes ». En outre, le département d’État américain a également accordé en octobre 2017 une récompense pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars pour des informations sur « Fouad Chokr », soit donner des informations sur son emplacement ou des informations menant à son arrestation ou le condamner».

Malgré la circulation du nom de « Shokr » comme éventuel successeur de Nasrallah, mais les chances d’accéder à ce poste restent faibles par rapport à « Hamiya », qui le devance dans le poste militaire du parti, les deux hommes étant candidats au poste du chef adjoint du Conseil militaire, après l’assassinat de Moughniyeh avant que Hamiyah s’accapare ce poste.

Naïm Qassem

Administrativement, Naïm Qassem est considéré comme étant le deuxième homme du parti, puisqu’il occupe le poste de secrétaire général adjoint, mais le fait d’occuper ce poste ne lui a permis pas d’accéder au poste du secrétariat général du parti après l’assassinat d’Abbas al-Moussaoui en 1992, et cela réduit ses chances d’être le successeur de Nasrallah.

« Qassem » a 68 ans, et il a un diplôme en chimie en français à l’Université libanaise, et ses études religieuses ont coïncidé avec des études universitaires, puisqu’il a obtenu les étapes supérieures des études du séminaire religieux (Hawza).

Il occupe aussi le poste de secrétaire général adjoint du Hezbollah, depuis 1991 pour cinq mandats consécutifs, et il est responsable du travail parlementaire et ministériel au sein du parti.

Il est à rappeler que « Qassem » avait travaillé avec « Moussa Sader » au début de la création du « Mouvement des dépossédés », et il a rejoint le Hezbollah au début de sa création en 1982, mais il ne fait pas partie de ses membres fondateurs.

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