Le gouvernement d’entente nationale remet au premier plan des recherchés à l’international et leur confie des missions

Haitham Al-Tajouri, le commandant de la «Brigade des révolutionnaires de Tripoli», a attaqué sévèrement lors d’une sortie télévisée le gouvernement libyen d’entente nationale dirigé par Fayez Al-Sarraj, en le qualifiant de gouvernement faible et ses forces d’«armée de serres». Al-Tajouri a exigé qu’il soit informé de toute personne veut entrer à Tripoli, soit des patrouilles, soit toute autre force à déployer dans la ville. Cette affaire est en rapport avec les accusations adressées au ministre de l’Intérieur d’entente nationale, Fathi Bashagha, d’avoir tenté de contrôler les entrées et les sorties de la capitale, Tripoli. Le commandant de la milice des révolutionnaires de Tripoli, Haitham Al-Tajouri, a affirmé qu’il y a un conflit au sein du gouvernement d’union nationale, en niant l’existence  d’une armée ou d’une police en Libye.

Al-Tajouri charge Bashagha

Al-Tajouri a ajouté : « Malgré la situation difficile qui prévaut en Libye et la souffrance, nous n’avons vu ni le ministère de l’Intérieur ni l’armée sauf cette «armée de serres », qui émerge et disparaît soudainement. Il a poursuivi : « Moi et mes partisans sommes sortis dans la révolution de février et nous nous sommes levés pour le bien du peuple et nous sommes toujours avec le peuple. Si l’armée et la police sont absentes, aurions-nous lâché les gens et le peuple? ».

Par rapport à l’avis de recherche du gouvernement qui lui concerne, Al-Tajouri a déclaré: « Ces avis ne nous intéresse pas. Notre principale préoccupation est les citoyens à l’intérieur de Tripoli ».

Il a enchainé : « Le gouvernement est faible et les habitants de Tripoli sont fatigués et à chaque fois ils ne reçoivent que des déclarations inutiles faites par les responsables. Nous sommes avec le peuple et la rue, et nous ne sommes pas en train de défendre les institutions de l’État, mais si quelqu’un pense à attaquer un citoyen ou le viser par une arme, il sera dissuadé fortement à l’intérieur de Tripoli ».

Al-Tajouri a exigé d’être informé ainsi que son groupe de tous ceux qui veulent entrer à Tripoli, soit des patrouilles ou de toute autre force qui veut se déployer à Tripoli parce que, selon lui, il sait qui serait avec la révolution de février et ceux qui ne le seraient pas, en indiquant en outre qu’il n’empêchera pas l’entrée de toute force du ministère de la Défense ou du chef d’état-majeur. Cela veut dire qu’il menace toutes les forces de sécurité de Bashagha.

Il a rappelé qu’il était parmi les premiers à soutenir l’armée et la police en soutenant les directions de sûreté et les postes de police et qu’il en possède les preuves et les documents. Il a conclu que le moment n’est pas propice pour les surenchères ou de rappeler qui a donné à la révolution de février, selon lui. Il a prétendu que la circonstance impose désormais à prendre partie aux côtés du peuple.

Il faut rappeler que le ministère de l’Intérieur de l’entente nationale a eu placé, jeudi dernier, le commandant de la Milice des révolutionnaires de Tripoli, Haitham Al-Tajouri, sur ses listes de personnes recherchées suite à des accusations liées au vol des deniers publics, en appelant la milice de dissuasion et d’intervention rapide dans le quartier d’Abou Salim, connu sous le nom de milice Ghaneiwa Al-Kikli, de le livrer à la police.

Ces déclarations d’Al-Tajouri sont intervenues au moment où les milices appartenant au bataillon des révolutionnaires de Tripoli ont été observées en train de se déployer d’une façon inattendue à Tripoli ces deux derniers jours. Cela a poussé certains observateurs de dire qu’une vague d’affrontements va éclater encore une fois entre les milices dans la capitale libyenne.

Il est à noter qu’Al-Tajouri est arrivé fin novembre en Tunisie en provenance des Emirats, mais les autorités tunisiennes lui ont refusé l’entrée. Malgré l’intervention de Fayez Al-Sarraj auprès du ministère tunisien des Affaires étrangères pour lui permettre d’entrer, sa demande a été rejetée, étant donné qu’Al-Tajouri est classé parmi les anciens chefs de guerre. Il est revenu sur le même avion aux Emirats.

S’appuyer sur les contrebandiers

Parmi les raisons qui font penser que des affrontements vont déclencher de nouveau entre les milices, c’est le fait que le ministre de la Défense du gouvernement d’entente nationale, Salah Al-Nimroush, a fait appel à un certain nombre de contrebandiers et de personnes recherchées à l’échelle internationale à l’instar de Mohammad Kashlaf, qui a été sanctionné par le Conseil de sécurité des Nations Unies et recherché par le procureur général. Il est surnommé «Al-Qasseb».

Ce dernier est apparu récemment aux côtés d’Al-Nimroush lors de sa dernière visite il y a deux jours aux locaux de la Garde des structures pétrolières. Ce contrebandier, connu comme étant l’un des « empereurs de la contrebande » dans les régions du Golfe ouest, a gagné sa fortune de la contrebande du pétrole de la Raffinerie et le vendre à un prix plusieurs fois plus élevé que son prix initial. Puis, il a disparu ainsi que ses bénéfices et activités ont diminué au cours de la dernière période de fermeture, pour réapparaître de nouveau avec le flux du pétrole et du carburant. Al-Qasseb possède une clinique privée dans la ville de Zaouïa, dénommée la Clinique d’Al-Nasr (victoire, Ndlr) au nom de son bataillon appelé «la Compagnie de la Victoire». Ce bataillon lui a sauvé du néant pour devenir parmi les riches jouissant du pouvoir et de la protection à la fois.

Il dirige des milices qui font partie des gardes des milices pétrolières, pourtant il figure sur la liste des personnes sanctionnées par Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agit des sanctions d’interdiction de voyage, de gel des fonds ainsi que des sanctions locales infligées par le procureur général de Tripoli.

À travers les photos publiées par le ministère libyen de la Défense, «Al-Qasseb» est apparu au premier rang parmi les participants après une absence pendant une période suite à l’arrestation de son partenaire proche, Abdul-Rahman Milad, surnommé «Bija», à Tripoli mi-octobre. Cela pose la question autour de l’implication réelle de Fathi Bashagha dans le combat contre ces personnes. Le ministère a révélé que la réunion à laquelle participait «Al-Qasseb» a discuté des questions autour de l’entrainement, de coordination du travail entre eux et les moyens de soutenir l’appareil financièrement et techniquement pour qu’il puisse continuer à travailler dans les règles de l’art. Cela signifie qu’Al-Nimroush essaie toujours de soutenir ce recherché et de lui financer.

Al-Qasseb contrôle la raffinerie de pétrole de Zaouïa depuis des années, malgré les allégations du président de la compagnie nationale, Mustafa Sanallah, au sujet de ses efforts pour l’écarter et arrêter l’hémorragie de la contrebande et de chantage. Cependant, son apparition par le biais du ministère de la Défense et son discours autour du financement indiquent le contraire. Au cours de la dernière période, un drone turc a lancé des frappes aériennes sur les tanières de petits contrebandiers, tandis que le gouvernement d’union nationale a déclaré qu’il s’agissait d’une campagne de lutte contre la contrebande. Cependant, il semblait qu’il essaierait de légaliser la contrebande et la limiter à certaines personnes ayant une influence sur les cercles gouvernementaux. C’est le cas d’Al-Qasseb et d’Al-Nimroush, et leur relation également avec Khaled al-Michri, président du Haut Conseil d’État.

Les terroristes ayant leur part dans les décisions du gouvernement de l’entente nationale

Les relations douteuses d’Al-Nimroush ne concernent uniquement des éléments suspects parmi les contrebandiers, mais il a également fait appel aux servies de l’un des membres de Daesh lorsqu’il a pris sa décision de charger Mohammad Balaam de gérer et de suivre le dossier d’échange des détenus et de cadavres, en coopération avec le Comité permanent des affaires humanitaires du ministère, sachant qu’il avait participé auparavant aux batailles des extrémistes contre les forces de l’Armée nationale à Benghazi, avant de s’enfuir à Tripoli.

Les analystes estiment que le gouvernement Al-Sarraj se prépare pour une bataille prochaine contre l’Armée nationale libyenne à laquelle il mobilise toutes ses armes. Pour cette raison, il a promu les dirigeants auxquels il a confiance pour se préparer à cette étape.

Les analystes n’excluent pas que des terroristes seront désignés dans des postes dans le ministère de la Défense d’Al-Sarraj, puisque il appartient à l’aile militaire du mufti du terrorisme, Sadiq Al-Ghariani. Mais ce qui est étonnant, selon eux, c’est qu’Al-Sarraj ferme ses yeux sur les décisions du ministère de la Défense, en raison de son impuissance et de son incapacité de rejeter les demandes du mufti.

Ils ont par ailleurs indiqué que la piètre performance du gouvernement a donné aux milices armées la possibilité d’intimider le gouvernement sous divers prétextes et avec la bénédiction du Mufti. En effet, le gouvernement d’Al-Sarraj ne met en exécution que les recommandations d’Al-Gharyani. Probablement que l’escalade de ces éléments vient pour servir des objectifs spécifiques des pays qui soutiennent le gouvernement Al-Sarraj, en tête la Turquie et le Qatar, vu qu’ils ont des rôles spécifiques à jouer pour lesquels ils sont revenus et ils disparaîtront une fois leur mission achevée.

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