Le mouvement Ennahdha dans l’œil du cyclone

مجلس الشورى حركة النهضة

Au moment où une guerre froide s’intensifie dans l’ouest de la Libye entre l’armée nationale libyenne et les forces d’Al-Wefaq, on retrouve le président du Parlement tunisien et chef du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi défend le gouvernement Al-Wefaq. Une position largement contestée en Tunisie. Dernièrement, le bloc parlementaire du Parti Destourien Libre (PDL) a présenté une motion pour classer le mouvement des frères musulmans comme une organisation terroriste. D’autre part, une manifestation a été organisée pour dénoncer la politique de Ghannouchi et ses relations avec la Turquie et le Qatar.

Couverture politique

De nombreux observateurs estiment que le rôle attribué à Rached Ghannouchi consiste à fournir une couverture politique à la branche militaire du mouvement, qui opère dans une zone géographique plus large que la Tunisie qui inclure la Libye et l’Algérie.

L’enquête menée par un groupe d’avocats tunisiens, suite aux assassinats politiques de Chokri Belaîd et Mohamed Brahmi, a révélé le tissu caché qui lie le terrorisme en Tunisie à des organisations terroristes dans un certain nombre de pays arabes, principalement la Libye. Plusieurs documents ont été dévoilés dans le cadre de cette enquête. Ces documents ont joué un rôle majeur dans la détermination de la relation d’Abdel Aziz Daghsni, le beau-frère de Rached Ghannouchi, avec les dossiers vitaux tels que l’envoi de plus de trois mille jeunes Tunisiens aux foyers de tension au Moyen-Orient, selon l’ancien militant du mouvement islamiste, Jilani Al-Omari.

Des documents publiés au cours de cette année ont révélé que, depuis 2011, la branche militaire du mouvement Al-Nahdha, à travers 3 bataillons secrets, a lié des ponts de relations entre les frères égyptien et libyen et des organisations terroristes en Syrie et en Irak, avec un généreux soutien financier et logistique de la Turquie et du Qatar.

Accusations judiciaires

Al-Nahdha fait face à de nombreuses accusations judiciaires concernant sa possession d’un appareil secret qui se cache derrière l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaid le 6 février 2013 et du leader nationaliste Mohamed Brahmi le 25 juillet 2013. Selon les documents découverts par l’autorité de défense des deux martyrs, des preuves condamnent certains dirigeants des Frères musulmans en Tunisie et de leur organisation clandestine dans l’accumulation d’armes et leur relation avec les dépôts d’armes découverts en 2012 dans le gouvernorat de Médenine limitrophe de la Libye.

La branche militaire du mouvement Al-Nahdha comprend des commandants sur le terrain qui ont pratiqué des opérations terroristes auparavant, notamment en participant à ce que l’on appelle l’opération Souleiman (une zone à la périphérie de la capitale Tunis) qui a été témoin du conflit armé de dizaines de terroristes avec les forces de sécurité et militaires en 2006. Selon les données disponibles, les éléments terroristes qui ont mené cette opération ont rejoint Al-Nahdha après 2011.

La confrérie de la Tunisie est dans l’œil du cyclone après les demandes successives de retrait de la confiance de « Ghannouchi », le chef du mouvement « Ennahdha », en raison de son ingérence dans les affaires libyennes et de son soutien à l’occupation turque des terres libyennes et du soutien des mercenaires.

Relations empoisonnées

La député du bloc constitutionnel libre Abir Moussi, s’est adressée lors d’une séance plénière au président du parlement Rached Ghannouchi en disant: «Vos dirigeants sont classés comme terroriste dans le monde. Al-Nahdha est le plus grand danger pour la Tunisie. Nous ne sommes pas honorés de votre présence à la tête du Parlement, vous appartenez à la confrérie qui a diffusé la politiques de discorde et a rétabli les assassinats politiques.

Les frères musulmans tunisiens n’hésitent pas à défendre les terroristes sous le dôme du Parlement, où certains de leurs députés se sont spécialisés dans la glorification du terrorisme au Parlement au cours de la dernière période, et ont félicité le porte-parole officiel d’Ansar al-Sharia, Saif Al-Din Al-Rayes.

Dans ce contexte, le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption en Tunisie, Chawki El-Tabib, a mis en garde contre les conséquences du déclenchement d’une «guerre par procuration» menée par les partis tunisiens au nom des puissances régionales, estimant que la position actuelle du financement des partis, liée à la transparence, est «dangereuse».

Chawki El-Tabib a donné des détails intéressants sur les faiblesses des  organisations politiques en Tunisie et a souligné que la situation actuelle en matière de transparence est « dangereuse », compte tenu de ce qu’il a qualifié de « despotisme et d’impunité, ainsi que d’un déclin du rôle du pouvoir judiciaire et de l’échec de la commission électorale de contrôler le financement des partis ».

Les observateurs et les leaders d’opinion en Tunisie confirment que les pratiques politiques du mouvement Ennahdha mènera davantage à l’empoisonnement des relations entre les partis et pourrait conduire à l’effondrement de la coalition au pouvoir et à l’entrée du pays dans une sphère  désormais indispensable actuellement.

Le mouvement Ennahdha est la cible des critiques de tous genres récemment ou moment où le pays est traversé  par d’innombrables crises économiques et sociales, et au milieu des tentatives du mouvement, profitant de la préoccupation des Tunisiens, de continuer à autonomiser les articulations de l’État.

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