L’éveil islamique, les origines de l’émergence et le ravage des résultats – Première partie

L’Unité d’études sur l’extrémisme

L’éveil islamique est un état de résurrection religieuse. Elle est née pour des raisons politiques et non religieuses : subjectives et objectives. Quant aux raisons subjectives, elles sont dues à la défaite des régimes arabes contre Israël lors de la guerre de 1967 et l’échec des régimes de notre misérable Orient à réaliser le développement et la renaissance de leurs peuples. En effet, les mouvements islamistes en général ont exploité la culture religieuse de nos sociétés et nos slogans religieux pour se présenter en tant qu’alternative politique pour diriger l’État et la société.

Pour les raisons objectives, les circonstances internationales ont servi la renaissance de l’éveil à travers la convergence de plusieurs facteurs dont la stratégie américaine de lutter contre l’étendue du communisme dans le misérable Orient et l’Europe. Les documents américains publiés l’ont attestée aussi, ainsi que la réussite de la révolution iranienne menée par « Khomeiny » et sa détermination à exporter le modèle de sa révolution vers la région arabe. Il fallait en effet freiner l’expansion communiste et de iranienne par une idéologie qui l’égale en force mais qui allait dans le sens opposé. De ce fait, la décision des États-Unis et de l’Europe était de soutenir l’éveil, de l’adopter et demander aux régimes arabes, dirigés par l’Égypte et l’Arabie saoudite, de l’adopter aussi.

Les origines de l’éveil islamique dans le mouvement de la renaissance !

Fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, le mouvement de renaissance est né en Orient en général appelant à tirer profit des sciences universelles de l’Occident et de ses systèmes politiques, outre l’appel à se débarrasser de la tradition et de travailler pour développer l’esprit de diligence et de renouvellement jurisprudentiel. En effet, les idées d’un certain nombre de personnalités réformatrices telles que Rifa’a al-Tahtawi, Djemâl al-Dîn al-Afghâni, Mohamed Abduh, Ali Abderraziq et d’autres ont contribué à semer les graines d’une pensée de renaissance/réformiste. Mais les idées de ces réformateurs représentaient les graines exploitées par l’éveil islamique, plus tard, pour se présenter à la société comme un mouvement de réforme religieuse et politique voulant la renaissance de la nation à travers un projet religieux qu’elle s’est fait légiférer par l’autorité et religieusement.

Le rôle de l’idéologie des Frères musulmans et salafiste dans l’émergence de l’éveil

La deuxième génération du mouvement des Frères musulmans et la génération islamique contemporaine, comme (Hassan al-Hudaybi, Sayyid Qutb, Mohammed al-Ghazali, Mohammad Imara, Youssef al-Qaradawi, al-Shaârawi et autres…) outre les cheikhs de l’appel salafiste, dirigés par Abdallah iben Baz avaient pu diriger l’éveil islamique intellectuellement, spirituellement et idéologiquement, afin que leurs écrits et leurs idées deviennent l’inspiration pour la génération de l’éveil qui a choisi la solution islamique comme alternative. Et « l’habit de victimisation » des Frères musulmans, brillamment utilisée par les médias de l’éveil, a contribué à lui conférer une légitimité (morale) socialement, et il a été le cadre idéologique de l’éveil d’affiliation salafiste, d’idéologie et de politique des Frères musulmans.

Les discours salafistes et des Frères musulmans – malgré leur contraste – sont considérés comme les idéologues du discours de l’éveil et les représentants les plus éminents et les plus importants de l’islam politique sunnite à l’ère moderne. Le mouvement wahhabite salafiste et les Frères musulmans sont des mouvements idéologiques au sens moderne plutôt que des mouvements religieux ou missionnaires au sens traditionnel du terme.

De ce point de vue, l’origine de référence de l’éveil islamique est un mélange des deux idéologies « salafistes et des Frères musulmans ». Les organisations jihadistes ne sont qu’une scission ou une déviation de cet éveil d’une part, et un développement naturel pour lui de l’autre. Les deux idéologies précédentes ont joué un rôle majeur dans sa naissance. Les Frères musulmans ont fourni à ces organisations des concepts dynamiques, et le wahhabisme leur a donné une profondeur radicale. Dans cette mesure, on peut résumer le cadre idéologique général de la génération islamique de l’éveil, mais il ne révèle pas toujours ses caractéristiques, d’autant plus que son processus pratique montre clairement des divergences entre les organisations alternées.

L’exploitation de l’éveil de l’héritage des pionniers de la réforme islamique et de la Renaissance

Les piliers pour lesquels s’attribue l’éveil c’est un groupe de premiers pionniers de penseurs islamiques réformistes de la renaissance, qui leur militantisme fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Leur discours s’est distingué d’être d’abord un appel intellectuel dont le but était de libérer les gens de la superstition et de la tradition ainsi que de couper les excès et de l’élever vers la diligence, l’excellence et la créativité.

La pensée réformiste islamique de la renaissance, représentée à l’époque par Djemâl al-Dîn al-Afghâni, l’imam Mohamed Abduh, Abd al-Rahman al-Kawakibi et Rashid Rida, était aussi très proche de la pensée démocratique. C’est-à-dire qu’elle adoptait les bases de l’éducation, la formation et la prise de conscience d’une manière pacifique et persuasive. En d’autres termes, elle a fait preuve d’un esprit de relativisme, de sorte qu’il ne s’est pas laissé aller vers l’illusion de posséder la vérité absolue.

Le discours de renaissance réformiste islamique à la fin du siècle dernier et au début de ce siècle a réussi à bien s’ouvrir et de façon équilibrée sur les acquis de l’époque, et n’a pas hésité à puiser dans les systèmes intellectuels modernes, et à les écouter loin des préoccupations de confrontation, de conflit et d’autodéfense innée.

L’éveil islamique a bâti sa légitimité sur cet héritage réformiste de la renaissance, mais il n’a pas fonctionné dans son essence, ni politiquement ni culturellement, bien qu’il s’y attribue. Mais il a pris ses encroûtements tout en délaissant ses fondamentaux dans la référence de la nation et son évolution de renaissance voulue par ces réformiste de renaissance. En effet, l’éveil a arnaqué le religieux étant donné qu’il n’est que leurs fruits. Toutefois, la mentalité de l’éveil et son comportement, et ses produits extrémistes, prouvent l’innocence des pionniers de la Renaissance de tout cela.

L’éveil wahhabite s’est orienté dans une direction orthodoxe pour purifier la religion de ce qui lui était arrivé à la suite de la politique ottomane et de son adoption du soufisme populiste et des déviations de la Sunna prophétique, et en vue de revenir avec religiosité aux fondements posés par le fondateur Mohammed ben Abdelwahhab. Il était brutal avec ses opposants et l’éveil des Frères musulmans a fait de l’accès au pouvoir sa principale préoccupation. Il a exploité le discours de victimisation, l’inévitable solution islamique, et l’Islam est valable pour tout les temps et les lieux, pour établir sa légitimité et de son droit au pouvoir comme une alternative aux régimes tyranniques et défaillants.

Générateurs de l’éveil islamique

L’abolition du califat islamique, l’avènement du colonialisme européen et l’alliance entre les élites laïques égyptiennes et les colonialistes ont été les prétextes sur lesquels Hassan al-Banna a fondé l’organisation des Frères musulmans, et durant la deuxième génération des Frères musulmans au cours des années cinquante du siècle dernier, c’est-à-dire après l’assassinat de son fondateur, et son conflit avec Abdennasser. Leur prêcheur cinétique était pendant cette période était Sayyid Qutb qui a théorisé un conflit d’existence avec le régime de la révolution et a créé l’Organisation 65 avec des objectifs terroristes pour renverser le régime de Nasser.

Certains d’entre eux sont allés à la persécution des Frères musulmans dans des centres de détention ; Ce fut un catalyseur pour la transformation radicale de ses idées ; Il apparaît également dans les écrits de Sayyid Qutb, dont la plupart étaient le produit de la jurisprudence de la détention, tandis que la divergence des expériences personnelles et des déviations idéologiques des théoriciens fondateurs était le deuxième déterminant qui a façonné les deux idéologies concurrentes et a créé leurs différences. En fait, le mouvement wahhabite a été fondé par un jeune érudit Najdi, Mohammed ben Abdelwahhab (1703-1792).

Les années soixante et soixante-dix du siècle dernier ont enregistré un vaste mouvement social dans le royaume d’Arabie saoudite. Il s’agissait d’une pratique de forme moderne d’activité islamique jusque-là absente de la scène politique du pays. Ce mouvement a été appelé l’éveil islamique ou l’éveil tout court. Il a rapidement pu influencer toute une génération de jeunes saoudiens en se basant sur des institutions de l’État elles-mêmes, et en même temps, des réseaux plus organisés ont été mis en place au sein de l’éveil. En profitant d’un climat politique très favorable, il était rapidement devenu une composante essentielle du tissu social saoudien.

A la prochaine partie de l’étude de l’éveil…

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