Liban : signes d’un coup d’État contre le Hezbollah

Comité de rédaction

Dans une récente déclaration incendiaire, le chef du mouvement patriotique libre en Liban, Ziyad Al-Aswad, a affirmé que le Hezbollah doit faire le choix entre le port d’armes ou le sauvetage du Liban.

Des signes d’un coup d’État dans le mouvement aouniste contre le Hezbollah et un appel direct au parti à renoncer à ses armes. Un appel qui rime avec les exigences des pays occidentaux et des États-Unis pour aider le Liban dans sa crise économique. Selon le New York Times, les déclarations d’Al-Aswad se coïncident avec une grave crise économique qui menace d’une vague imminente de pauvreté et de faim en Liban.

Un peuple affamé et des ambitions politiques

Selon Al-Aswad, la situation du peuple libanais et du pays en général, stipule que le Hezbollah respecte les conditions de la communauté internationale. Il a ajouté dans ce sens : « Vous ne pouvez pas continuer à lever l’arme tant que votre peuple a faim ». Ce qui indique que la responsabilité de la situation économique difficile au Liban est imputée aux armes du Hezbollah, ainsi que d’autres facteurs.

Par ailleurs, le premier ministre libanais, Hassan Diab, avait prévenu, jeudi, que la moitié du peuple libanais ne serait pas en mesure de trouver de la nourriture et du pain, d’ici la fin de cette année, en raison des effets de la crise de Corona et de la crise économique.

Les changements de position du Mouvement patriotique libre vis-à-vis du Hezbollah, sont en relation avec les ambitions de l’actuel leader du mouvement, Gibran Bassil. Ce dernier veut succéder à Michel Aoun à la présidence de la République libanaise. Des sources concordantes ont affirmé à MENA, que : « la nouvelle position d’Aoun est en relation avec la crise économique, mais les véritables causes du coup d’État résident dans les ambitions politiques de Bassil ».

Dans le même contexte, la source, qui a préféré garder l’anonymat, a indiqué que Bassil comprend que l’identité du nouveau président du Liban est déterminée par des accords internationaux, et donc que son chemin vers le palais de Baabda nécessite une synchronisation avec la position occidentale sur les armes de Hezbollah, soulignant que les intérêts du Mouvement patriotique libre, pour le prochain période, nécessite une révision de ses alliances avec le parti soutenu par l’Iran.

En 2006, le Hezbollah et le Mouvement patriotique libre ont signé un protocole d’accord qui a établi une alliance entre les deux partis. Une alliance majeure qui a permis à Aoun d’accéder à la présidence.

Pression internationale et lecture pour l’avenir

Notre source a ajouté que la première étape du coup d’État a commencé avec l’affaire des passages illégaux entre le Liban et la Syrie ou le Mouvement a accusé le Hezbollah d’imposer ses règles de jeux et de provoquer une situation de crise qui infecte directement l’économie libanaise. La nouvelle position hostile aux armes de Hezbollah, reflète d’autre part, l’influence des pressions occidentales sur Bassel et l’orientation de son mouvement.

Le Secrétaire général des Nations Unies, « Antonio Guterres » avait appelé il y a quelques jours à la nécessité de désarmer le Hezbollah et de réduire sa participation aux opérations militaires en Syrie et au Moyen-Orient, tandis que l’Allemagne a classé le parti parmi les organisations terroristes au milieu du durcissement des sanctions économiques américaines.

Dans le même sens, notre source confirme que Bassel a anticipé la nouvelle orientation internationale qui vise à limiter l’influence iranienne dans la région. « Le courant Aouni et son président ont suivi la situation en Irak et le coup d’État blanc du gouvernement Kadhemi contre les milices pro-iraniennes, et l’échec de ces milices à installer ses alliés à la tête du gouvernement, ce qui a incité Bassil à faire un premier pas sur la voie de la séparation avec le Hezbollah, précise notre interlocuteur.»

Un gouvernement dans l’impasse

Le clivage entre Bassil et le Hezbollah a provoqué une énorme crise au sein de la coalition gouvernementale dirigée par Hassan Diab qui reste le principal perdant.

Au cours des dernières semaines, la scène politique libanaise a connu un affrontement majeur entre les deux ailes du gouvernement chrétien, le Mouvement patriotique libre et le Mouvement Marada. En effet, ce dernier a accusé Bassil d’avoir lancer une guerre de liquidation contre les personnalités proches du chef du Mouvement Marada, Suleiman Franjieh.

D’autre part, notre source a limité l’impact de la nouvelle position du Mouvement patriotique libre sur les armes du Hezbollah, en précisant que l’impact ne sera que sur le poids politique du parti et réduira son influence sur les décisions du gouvernement, ajoutant: « L’effet réel sera de faire tomber le gouvernement Diab et l’incapacité du Hezbollah d’imposer un nouveau chef du gouvernement. Toutefois, celle une action militaire sera capable de désarmer le Hezbollah et que la position de Bassil vise à créer un nouveau équilibre avec les autres forces libanaises et avec la position internationale à l’égard du parti ».

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