L’Organisation de Secours Islamique, Bayt al-mal du terrorisme

L’Unité d’études sur l’extrémisme à l’Observatoire

Aux débuts de l’Islam, les lois du Takaful (solidarité) social basées sur les aumônes, la zakat, les dons des riches et autres constituaient un processus préliminaires pour construire une société moins cruelle pour les pauvres. En effet, au lieu de l’indigence, ces derniers pouvaient espérer une aide payée par les riches afin de les sauver. Cependant, depuis, la propagation des fondamentalismes religieux islamiques, la rumeur commençait à se répandre parmi les pauvres que la pauvreté est la cause de l’éloignement de la société de la religion et de ses principes. Une chose sur laquelle les juristes (islamiques) et les oulémas ont œuvré pour la consolider, notamment avec l’adoption de cette idée par les Frères musulmans, qui se sont imposés dans le contexte de la culture religieuse et de la conscience communautaire comme les gardiens du texte et ses représentants dans l’application de la discipline sociale et la mise en place de leurs organisations dont la plus importante est l’Organisation de secours islamique (Islamic Relief Organization), qui est devenue une source de financement du terrorisme.

L’influence des Frères musulmans en Grande-Bretagne et en Europe

Bien que les relations entre Londres et les groupes islamiques extrémistes existent depuis le début du siècle dernier et que le Royaume ait servi de base aux groupes et de centre de leurs opérations en Europe, mais les révisions totales effectuées par le gouvernement britannique pour déterminer les priorités politiques du pays dans l’ère post-Brexit, ont jeté la lumière sur les diverses activités des Frères musulmans comme étant une menace majeure pour ses citoyens et ses intérêts. En effet, de nombreuses études ont prouvé que l’influence des Frères musulmans en Grande-Bretagne s’est récemment étendue à travers un groupe d’institutions et de centres qui comptait 60 organisations en Angleterre, y compris des organisations caritatives et des institution intellectuelles, voire des chaînes de télévision. Et ils continuent d’ouvrir des filiales au Royaume-Uni à l’instar de l’ouverture d’un « bureau des Frères musulmans » dans le quartier de Cricklewood, au nord de Londres, et à l’extérieur. Mais la plus active était l’Organisation de secours islamique, dont ses activités touchent environ 40 pays à travers le monde.

L’Organisation de secours islamique a pu, grâce à la collecte de dons et d’aides financières, donner aux Frères musulmans une force supplémentaire leur permettant de déstabiliser tout pays dans lequel ils se trouvent ou de renverser des gouvernements. On peut constater cela à travers les rapports britanniques ayant mis en garde contre le danger de la l’étendue des centres de la Confrérie dans le pays, et en la considérant comme le principal suspect derrière l’augmentation des opérations terroristes pour atteindre des proportions sans précédent entre les années 2019 et 2020. En outre, il a été publié, selon des rapports préparés par plusieurs agences de sécurité en Allemagne, un rapport parlementaire a récemment ayant révélé la relation des Frères musulmans avec le financement des organisations terroristes en exploitant l’argent des dons accordés par les contribuables à l’« Organisation de secours islamique » fondée par Hany al-Banna appartenant aux Frères musulmans à Birmingham, Royaume-Uni.

Le rapport parlementaire allemand a indiqué que l’Organisation a reçu des dons d’un montant total de 6 millions et 100.000 euros jusqu’en 2016, et qu’elle n’opère pas uniquement en Allemagne mais elle a plutôt une large activité dans le monde entier. La Cour fédérale allemande a commencé à épluché les subventions officielles de l’Organisation de secours islamique en Allemagne, une branche de l’Organisation internationale de secours islamique, et ayant des liens étroits avec les Frères musulmans, selon l’estimation des autorités de sécurité allemandes.

Un rapport du Middle East Studies Forum (forum du Moyen-Orient pour les études) a également évoqué que l’organisation avait reçu 80 millions de dollars des contribuables occidentaux au cours de la dernière décennie, dont 700.000 dollars du gouvernement américain et l’Organisation de secours islamique est étroitement lié aux réseaux des Frères musulmans.

L’organisation de secours islamique et les agendas du terrorisme

Après avoir reçu de nombreux rapports révélant la couverture de l’Organisation de secours islamique, Hussein Kheder, vice-président du secrétariat général à l’intégration au Parti socialiste allemand, a indiqué que : « l’Organisation est enregistrée chez les parties gouvernementales en tant qu’institution à but lucratif, mais elle reçoit des milliards de dollars de financement dans tous les pays où elle opère et elle utilise ces fonds pour mettre en œuvre des agendas extrémistes. Et qu’elle fait du travail caritatif une couverture pour financer le terrorisme et les agendas extrémistes des Frères musulmans. Et ce, après que les fondateurs avaient pu réussir à l’enregistrer en Allemagne auprès du Conseil suprême des dons, ce qui lui a permis de collecter facilement des milliards de dollars par mois sous la couverture du travail caritatif.

Mais le gouvernement allemand a découvert une suspicion en la matière après avoir suivi les flux de fonds ayant démontré que l’Organisation de secours islamique coopère étroitement avec toutes les organisations appartenant aux Frères musulmans en Allemagne, en expliquant qu’il y a un grand nombre d’organisations communautaires affiliées aux Frères musulmans en Allemagne, qui sont actuellement traquées en raison d’activités suspectes et de leur soutien du terrorisme, notamment le groupe Young Men’s Muslim Association (Association musulman des jeunes hommes).

Le processus de suivi de l’Organisation de secours islamique et les différents rapports, comme le rapport du Parlement allemand, ont prouvé une relation étroite entre l’Organisation de secours islamique et le financement d’opérations terroristes menées par les Frères musulmans dans plusieurs pays, en tête de liste l’Egypte. Et le rapport préparé par Sam Westrop, chercheur au Middle East Studies Forum, indique que Hany al-Banna, fondateur de l’Organisation de secours islamique et son directeur actuel, est l’un des principaux éléments des Frères musulmans extrémistes et il a des liens étroits avec le soutien du terrorisme, et qu’Essam al-Haddad, co-fondateur de l’organisation et conseiller en politique étrangère à l’époque du président égyptien déchu, Mohamed Morsi, est l’un des principaux suspects dans des affaires de terrorisme en Egypte, où le ministère public égyptien a dit qu’al-Haddad avait exploité l’Organisation de secours islamique pour financer les Frères égyptiens, en expliquant qu’il finance le terrorisme par le biais des organisations de charité internationales comme l’Organisation de secours islamique.

Quant au chercheur égyptien spécialiste des affaires des mouvements terroristes, Amrou Farouk, il a souligné que l’«Organisation de secours islamique» fondée par les dirigeants de l’organisation internationale des Frères musulmans en 1984 dans la ville de «Birmingham» au nord de Londres, Grande-Bretagne, comme Hany al-Banna et Essam Al-Haddad, avec ses filiales dans plus de pays 40, a servi de couverture légitime pour collecter des fonds auprès des communautés arabes et islamiques, et leur a donné l’occasion de faire étendre leurs activités dans de larges zones géographiques sous prétexte de l’action humanitaire. Et que «l’Organisation de secours islamique» a été la première organisation non gouvernementale « islamique » à recevoir un financement du gouvernement britannique, en 1994, lorsqu’elle avait reçu 180.000 livres pour financer un centre de formation communautaire au Nord Kordofan, au Soudan, et trois ans plus tard, en 1997, elle a créé la Tic International pour la gestion du recyclage des vêtements donnés à l’organisation au Royaume-Uni.

Cependant, les autorités égyptiennes ont refusé d’accueillir une branche de l’Organisation de secours islamique au Caire, pendant la période de règne de l’ancien président Hosni Moubarak, ce qui les a poussés à intégrer le comité de « secours islamique » à l’Union des médecins égyptiens, et à l’Union des médecins arabes Union, qui la contrôlaient, pour exploiter ce comité comme une alternative à la branche de l’Organisation au Caire.

Les travaux de ce comité étaient supervisés par le Dr Ahmed Al-Malt, l’adjoint du guide des Frères musulmans, Abdel Moneim Aboul Fotouh, et Ashraf Abdel Ghaffar, ancien secrétaire général-adjoint de l’Union des médecins  et l’un des accusés dans l’affaire de blanchiment d’argent de l’organisation internationale des Frères musulmans, ayant obtenu la nationalité bosniaque et était désigné conseiller du feu président de Bosnie-Herzégovine Alija Izetbegović pour les affaires de secours.

Farouk a expliqué que la Confrérie avait pu créer une branche de l’organisation après les événements de la révolution de janvier 2011, mais elle était fermée après que le Caire a eu prouvé qu’elle avait reçu de l’argent de l’organisation mère à Londres, s’élevant à environ 20 millions de livres égyptiennes et 100.000 livres sterling transférés de l’une des succursales d’une banque britannique en Égypte. Farouk a affirmé que les Frères musulmans avaient collecté fonds colossaux par l’intermédiaire de l’organisation pendant les guerres en Bosnie-Herzégovine, en Afghanistan, en Tchétchénie et en Irak, et ont également bénéficié des cas de famine ayant touché la Somalie, l’Afrique du Sud et certaines autres régions sinistrées, dans le but de s’y infiltrer et d’y créer des entités fidèles à l’Organisation internationale.

De son côté, Dr Dalal Mahmoud, directrice du programme de la sécurité et des affaires de défense au Centre égyptien de réflexion et d’études stratégiques, a indiqué que le monde est conscient du grand danger posé par les institutions des Frères musulmans opérant sous le couvert du travail caritatif, surtout qu’il a été prouvé que ces associations étaient impliquées dans le soutien et le financement du terrorisme des Frères musulmans, suite à la chute de l’organisation dans plusieurs pays, notamment en Egypte. Et que les gouvernements de plusieurs pays, notamment en Allemagne et en Grande-Bretagne, vont prendre des mesures pour saper le travail des institutions liées aux Frères musulmans, car elles sont considérées comme des organisations terroristes transfrontalières opérant sous une couverture légitime et représentent un danger extrême.

Conclusion

Après que le terrorisme au nom de la religion de l’Islam est devenu une catastrophe touchant le monde entier, les ruses des Frères musulmans terroristes sont devenues claires. Ils ont exploité les associations, les institutions caritatives et les mosquées, comme couverture pour financer leurs opérations armées dans plusieurs pays sous le nom du travail caritatif et le don afin de « sauver l’humanité », mais le terrorisme demeurera une source de grande menace au cours de la prochaine décennie avec l’existence d’un ensemble plus diversifié de raisons matérielles et politiques et de nouvelles sources de propagation de l’extrémisme et avec le développement des opérations de planification, que ce soit pour collecter des fonds ou pour recruter les pauvres. Cela rend très difficile l’assèchement des sources du terrorisme à moins que la relation entre l’organisation terroriste des Frères musulmans et les associations et institutions caritatives ne soit révélée, puisqu’elles sont devenues une sorte de Bayt al-mal (maison de la richesse) du terrorisme. Il s’agit d’assécher ses sources de financement et de prendre les mesures appropriées à leur encontre, car elles contribuent à leur fournir de l’argent et des ressources humaines.

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