L’UE en colère suite au retrait de la Turquie de la Convention sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes

La Turquie a officiellement annoncé jeudi son retrait d’une convention internationale visant à prévenir la violence à l’égard des femmes, mettant ainsi en œuvre une décision qui a été condamnée par de nombreux alliés turcs et occidentaux lorsque le président Recep Tayyip Erdogan l’a annoncée en mars.

Canan Gullu, présidente de la Fédération des associations des femmes turques, a déclaré mercredi: « Nous continuerons notre lutte… La Turquie se fait du mal avec cette décision», en ajoutant que les femmes et autres catégories vulnérables depuis mars 2021 sont les plus réticentes à demander de l’aide et moins susceptibles de la recevoir, vu que le Coronavirus a enfoncé les difficultés économiques et a engendré une augmentation significative de la violence.

Le retrait d’Ankara a été condamné par les États-Unis et l’Union européenne, et les critiques disent que cela éloigne encore plus la Turquie du bloc auquel elle a demandé d’adhérer en 1987.

Il convient de noter que le taux de féminicide en Turquie a augmenté, puisqu’un groupe de surveillance avait enregistré un cas par jour au cours des cinq dernières années, tandis que ceux qui soutiennent la Convention et les législations qui lui sont liées estiment qu’une application plus stricte est nécessaire. Par ailleurs, d’autres  considèrent que la Convention promeut l’homosexualité à travers le principe de la non-discrimination sur la base de l’orientation sexuelle.

Le bureau du président turc Recep Tayyip Erdogan a anticipé l’annonce du retrait et s’est référé à un communiqué publié par le tribunal administratif, qui mentionnait que : « Le retrait de notre pays de la Convention n’entraînera aucun manquement juridique ou pratique permettant d’empêcher la violence contre les femmes».

De son côté, la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, a adressé ce mois-ci une lettre aux ministres de l’Intérieur et de la Justice de la Turquie exprimant sa préoccupation face à l’escalade des discours homophobes de certains fonctionnaires.

Elle a encore dit : « Toutes les mesures mentionnées dans l’Accord d’Istanbul renforcent les fondements et les liens familiaux à travers la lutte contre la principale cause de destruction familiale, qui est la violence».

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