Ministre français : La France compte interdire le groupe des ultranationalistes turcs, les Loups Gris

La France va interdire le groupe ultranationaliste turc, les « Loups Gris », a annoncé le ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, le 2 novembre après qu’un Mémorial du génocide des Arméniens a été tagué d’inscriptions pro-turques ce week-end.

« L’interdiction des Loup Gris sera proposée au gouvernement français mercredi », a déclaré Gérald Darmanin devant une commission parlementaire. « Avec une expression atténuée, nous parlons d’un groupe particulièrement agressif », a-t-il ajouté.

Sa déclaration a été faite après qu’un mémorial près de Lyon du génocide des Arméniens exécuté à l’époque de l’Empire ottoman, était tagué d’inscriptions. Les inscriptions étaient des slogans pro-turcs tels que les «Loups Gris» et «RTE» faisant référence au président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’incident de la ville de Decines-Charpieu s’est déroulé dans un contexte de hautes tensions sectaires en France entre la minorité arménienne et la communauté turque à propos du conflit au Haut-Karabakh.

La Turquie a soutenu son allié Azerbaïdjan dans le conflit sur la région, qui fait partie de l’Azerbaïdjan, mais qui est contrôlée par les séparatistes arméniens depuis la guerre des années 1990 suite à l’effondrement de l’Union soviétique.

Quatre personnes ont été blessées près de Lyon mercredi dernier dans des affrontements entre des suspects nationalistes turcs et des Arméniens qui protestaient contre l’offensive militaire de l’Azerbaïdjan. La décision de Darmanin pourrait encore exacerber les tensions avec Ankara.

En Turquie, les Loups Gris sont étroitement liés au Parti du mouvement nationaliste (MHP) de Devlet Bahceli, qui a formé une alliance politique avec le parti d’Erdogan (AKP).

Considérés comme la branche armée du MHP, les Loups Gris ont fait des ravages dans les rues de Turquie dans les années 1970 et 1980 lorsque des affrontements éclataient entre leurs membres et des militants de gauche.

Les tensions entre la France et la Turquie sont allées crescendo depuis quelques semaines, mais elles ont atteint leur paroxysme le mois dernier quand Erdogan a mis en doute la santé mentale du président Emmanuel Macron.

La France a répondu par une décision très inhabituelle en rappelant son ambassadeur à Ankara pour des consultations.

Dans une interview accordée à Al-Jazeera le samedi, Macron a accusé la Turquie d’adopter une position «belliqueuse» envers ses alliés de l’OTAN, en ajoutant que les tensions pourraient être apaisées si Erdogan faisait preuve de respect et ne disait pas de mensonges.

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