Primakov a dit à Saddam … Ce que Lavrov n’a pas dit à Assad

Yevgeny Primakov raconte les faits de la pré-invasion américaine de l’Irak. En fait, l’homme a transmis un message de Vladimir Poutine à Saddam Hussein, et il était déterminé à lui communiquer personnellement le message sans passer par Tariq Aziz, le ministre irakien des Affaires étrangères de l’époque. Après des négociations, et peut-être des obstacles, il a rencontré Saddam Hussein personnellement et le texte du message était:

Cher Saddam, démissionnez-vous du pouvoir pour éviter une guerre dévastatrice en Irak.

Avec son caractère spécial, Saddam Hussein a rejeté la demande, et a tapoté sur l’épaule de Primakov en quittant la rencontre. Quelques jours plus tard, l’Irak a été envahi et les forces irakiennes s’effondraient, un effondrement humiliant, tandis que l’Irak est encore affaibli par la guerre, sans pouvoir restaurer l’Etat et payer des millions de morts.

La colère seule a conduit Saddam à se détruire et à détruire son propre pays. Aujourd’hui, voici la Syrie par la même arrogance se met sur la voie de la destruction, même si Sergei Lavrov ne porte pas le même message américain comme l’a fait son prédécesseur Primakov et même s’il le porte il ne serait pas de la même détermination.

Le ministre russe des Affaires étrangères, comme son président, Vladimir Poutine, ne déracineront pas Bachar al-Assad de la Syrie facilement. Mais le bazar peut le déraciner. Le bazar syrien est en mesure de donner à la Russie beaucoup de côtes syriennes, en échange d’abandonner le régime d’Al Assad et en particulier la personne de Bashar al-Assad, qu’ils décrivent comme: Têtu, stupide et provoquant des maux de tête.

La situation devra être différente de celle de l’Iraq. Les forces américaines ne sont pas prêtes à lancer une guerre contre Assad et à enflammer le ciel avec ses avions de combats. Jusqu’à ce moment, elle n’aille pas au-delà de parler de réformer du régime, pas de le renverser. Toutefois,  le réformer du système signifie leur renverser, car un système comme celui-ci ne peut être démantelé que par l’achèvement de l’ensemble de ses structures. En effet, le système sait avec certitude que tout règlement politique dans le pays signifie son éloignement du pouvoir, et ce n’est pas ce que le président Assad peut accepter. Il est remplit par l’idée de « président pour toujours ». Et ses partisans sont prêts à la guerre.

Finalement, est ce que les routes pour affronter le régime seront-elles fermées pour toujours?

Aujourd’hui, la situation économique  est très difficile pour les syriens qui ne trouvent pas leur pain quotidien. La crise a poussé certains à vendre leur corps et d’annoncer la vente de son fils.

En l’absence des promesses que la faim ne doublera pas dans les prochains jours, le scénario de la révolution syrienne de 2011 sera de retour mais avec une différence au niveau de l’expérience. L’expérience a confirmé que l’entrée des islamistes dans la révolution, a mis fin à la révolution.  Bien sûr sans négliger la violence du régime qui a mis les mains dans les mains avec les islamistes dans le carnage syrien. Face à un cas de ce genre, que pourraient faire les russes, sans oublier l’engagement russo-iranien sur le sol syrien?

Les russes devront abandonner le régime. D’ailleurs, l’ouverture de l’espace aérien syrien aux avions de chasse israéliens pour cibler les forces iraniennes sur le sol syrien, confirme cette orientation.

Aujourd’hui, l’affaire est sur la table des discussions américano-russes.

La table recouverte de mille nappes et d’une nappe.

Les discussions sous la table déterminera beaucoup du sort de la Syrie.

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