Qu’est-ce que l’organisation « Daech au Khorasan » qui se bat contre les talibans et les Américains?

L’organisation de l’Etat islamique à « la province du Khorasan » a revendiqué la responsabilité de l’attentat sanglant qui a frappé l’aéroport de Kaboul, hier jeudi, en causant 150 entre morts et blessés. Qu’est-ce que donc le groupe Daech au Khorasan?

« L’Etat islamique- province Khorasan » a été baptisé selon un ancien nom de la région, et il est apparu pour la première fois dans l’est de l’Afghanistan à la fin de 2014, et il est rapidement devenu célèbre en raison de ses opérations atroces, tandis que les experts disaient que l’organisation a été fondée par des éléments extrémistes parmi les « talibans du Pakistan » qui ont fui en Afghanistan lorsque les forces de sécurité pakistanaises ont lancé une campagne pour les chasser.

Certaines sources indiquent que «Chihab el-Mouhajir» est le chef de la branche « Deach » dans la région, et on pense que le groupe compte entre 1500 et 2000 combattants en Afghanistan, selon un rapport des Nations Unies publié en juin dernier.

L’État islamique-province du Khorasan a combattu à la fois le gouvernement afghan soutenu et les talibans, et des responsables du renseignement américain croient que le mouvement exploite les troubles qui ont conduit à l’effondrement du gouvernement soutenu pour étendre sa base et intensifier les opérations de recrutement parmi les talibans navrés.

Parmi les cibles récentes du groupe figurent les mosquées soufies, les installations d’électricité, les camions-citernes pour le transport du pétrole et les passagers par bus de Hazaras à Kaboul. En outre, des responsables américains pensent que le groupe est responsable d’une attaque contre une école de filles appartenant essentiellement à la minorité des Hazaras.

Dès le début, l’organisation extrémiste, communément appelée Daech, est entrée en conflit avec le mouvement des talibans en Afghanistan pour contrôler des zones clés sur les frontières avec le Pakistan liées à la contrebande de drogue et d’autres marchandises. En même temps, l’organisation a mené une série d’attentats suicides à Kaboul et dans d’autres villes contre le gouvernement et des cibles militaires étrangères en cherchant à ancrer une image d’un mouvement très violent et très extrémiste.

Ses attaques allaient d’exécutions horribles contre des responsables des villages, de meurtres d’employés de la Croix-Rouge, à des attentats-suicides au milieu des foules, y compris une série d’attentats-suicides sanglants contre des cibles liées à la minorité Hazaras.

Daech-Khorasan a initialement limité sa présence à un nombre restreint de régions sur les frontières avec le Pakistan, puis il a mis en place un deuxième front majeur dans les provinces du nord, notamment Djozdjan et Fâryâb. Le Centre de lutte contre le terrorisme de West Point a déclaré que EI-K compte parmi ses rangs des Pakistanais issus d’autres groupes extrémistes, des extrémistes ouzbeks, ainsi que des Afghans.

 Selon un rapport de 2018 du Centre d’études stratégiques et internationales, et avec la perte de l’État islamique de ses territoires en Irak et en Syrie, « les regards se tournaient de plus en plus vers l’Afghanistan comme base de son califat mondial », selon le Service du renseignement sécuritaire canadien.

Les Nations Unies affirment que le groupe s’appuie principalement sur des cellules déployées à travers tout le pays opérant indépendamment mais elles partagent la même idéologie. Et il en ressort du rapport des Nations Unies  que « malgré les pertes globales en 2020, l’organisation constitue toujours une menace pour le pays et le région d’une façon générale ».

Selon les Nations Unies, au cours des quatre premiers mois de 2021 seulement, l’organisation a mené 77 attentats en Afghanistan. Et Cela représente une augmentation significative par rapport à la même période de 2020, lorsque le nombre d’attaques revendiquées par l’organisation ou qui lui sont attribuées avaient atteint 21 attaques.

Jennifer Cafarella, spécialiste de la sécurité nationale à l’Institute for the Study of War (Institut des études sur la guerre), a affirmé que le groupe avait luté pour s’installer en Afghanistan et qu’il constitue une grande menace et l’un des « groupes les plus importants appartenant à l’État islamique mondial ». Cafarella estime que l’Etat islamique tente de saper le régime des talibans et « d’attaquer la légitimité religieuse des talibans sur le terrain».

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