Sur la scène libanaise : Les tambours de la guerre résonnent de nouveau et le Hezbollah devant un choix cornélien

À peine quelques heures après les menaces du ministre israélien de la Défense, «Benny Gantz», au Hezbollah, qu’une vedette israélienne a violé les eaux territoriales libanaises au large de Naqoura dans le sud du pays. Ceci a été confirmé ultérieurement dans un communiqué publié par le commandement de l’armée libanaise.

Il est à noter que « Gantz » a menacé le Hezbollah de répondre sévèrement et que sa réponse touchera tout le territoire libanais si le parti avait lancé des attaques contre Israël, tout en insistant que la réponse d’Israël ne se limiterait pas uniquement au parti.

Selon les données officielles libanaises, ce viol des eaux territoriales ne s’est pas arrêté aux eaux territoriales, mais il a coïncidé également avec un viol de l’espace aérien libanais, réalisée par l’avion israélien, qui a volé à moyenne altitude dans le ciel des régions de Nabatiyeh et Iqlim al-Tuffah, dans la ville de Sidon.

Message avec des mots et des indices

Les pas de l’armée israélienne dans les eaux et l’espace aérien libanais sont expliqués selon le chercheur spécialiste des affaires du Moyen-Orient, Mohammad Hajj Ali, par l’une des deux possibilités. La première est l’existence d’informations israéliennes concernant des activités inhabituelles menées par le Hezbollah près des frontières sud. La deuxièmement, la plus probable, c’est qu’Israël essaie de montrer qu’il est sérieux en ce qui concerne la réponse contre tout mouvement du parti et pour confirmer les déclarations du ministre de la Défense « Gantz ».

Hajj Ali a par ailleurs indiqué que ces déclarations annoncées par «Gantz » prouve qu’il y a des informations de renseignement ou un vrai sentiment de danger de la part d’Israël. Puis, il a expliqué: «Gantz est moins enclin au langage de la guerre, des menaces et des déclarations incendiaires par rapport au premier ministre israélien, Netanyahu. Et il est plus proche du langage politique. Et le fait d’utiliser ces expressions signifie qu’Israël a observé réellement l’existence de mouvements suspects, et cela reflète un pas plus grand sur le Liban que n’importe quelle aventure que le Hezbollah pourrait commettre au cours de la prochaine période.

Il est à rappeler que le secrétaire général de la milice libanaise du Hezbollah, «Hassan Nasrallah», a menacé Israël d’une guerre sans précédent, tout en affirmant en même temps qu’il ne recherchait pas une confrontation avec Israël. Il a poursuivi dans un discours télévisé : « Pour toute future guerre, le front intérieur israélien sera confronté à ce qu’il n’a jamais connu depuis la création d’Israël »

Bien que le Liban et même le Hezbollah ne soient pas en mesure de supporter les conséquences d’une guerre avec Israël, le politologue Michel Bou Saab a tiré l’attention sur le fait que le dernier mot sera pour la décision iranienne en ce qui concerne la possibilité que le parti se dirige vers une guerre contre Israël. Et Il a souligné que la volonté de l’Iran et du monde d’engager des négociations sur le dossier nucléaire iranien et les capacités de missiles de l’Iran, peut pousser l’Iran à inciter le parti à mener une guerre contre Israël visant à améliorer les conditions des négociations avec Washington et le Troïka européenne.

Bou Saab a également exclu qu’Israël prenne l’initiative de lancer une guerre contre le Hezbollah, en disant que la décision de guerre dépendra des mouvements et des décisions du Hezbollah, et que si la guerre éclatait, ce serait le dernier coup sur le dernier clou dans le cercueil du Liban, déjà en difficulté.

Il convient de noter que le Liban connaît une crise économique, de vie et politique générale, avec des taux élevés de la faim, de la pauvreté et du chômage. D’ailleurs les Nations Unies indiquent que plus d’un quart des Libanais vivent dans une situation précaire et sont incapables d’assurer les coûts des produits de première nécessité tels que la nourriture, l’habillement, le logement et la santé, tandis que l’autre quart vit sous le seuil de la pauvreté, avec des taux de chômage atteignant 35%.

Le choix cornélien

Dans le cadre de la détermination de la position du parti par rapport aux menaces israéliennes, «Bou Saab» considère que le fait de menacer tout le Liban et son peuple n’empêchera pas le parti de prendre la décision de guerre, quels qu’en soient les résultats. Il a ajouté : «Le plus difficile pour la prise de décision de guerre par le parti réside dans sa situation financière difficile et leur nombre. Au cours des dernières années, il a perdu des centaines de membres des forces d’élite en s’impliquant dans la crise syrienne, d’autant plus que l’embargo sur l’Iran et la politique de sanctions qui l’a touché ont affecté le budget financier du parti, de sorte que sa capacité de continuer ne pourrait se tenir plus de deux semaines dans les meilleurs des cas pendant toute guerre.

Dans le même contexte, « Bou Saab » a expliqué que la décision ne sera pas facile pour le Hezbollah et ses dirigeants, mais le dernier mot sera pour l’iranien, en estimant qu’Israël va principalement cibler l’infrastructure libanaise afin d’exercer plus de pression populaire sur le Hezbollah.

De son côté, l’homme politique libanais, Toufic Hindi, a commenté la situation de crise avec Israël, en considérant que les Libanais sont devenus un otage entre les mains du Hezbollah et que la tension entre l’Iran et Israël finira inévitablement par la destruction du Liban et l’extermination des Libanais. Il a ajouté : «La solution est de redonner au Hezbollah ses armes et l’exigence de placer les résolutions 1559 et 1701 sous le chapitre sept et de respecter l’Accord de Taëf et les résolutions internationales, en particulier la résolution 1701 stipulant un retour à la mise en œuvre de l’accord d’armistice entre le Liban et Israël de 1949 ».

Il est à noter que l’année dernière a enregistré une escalade des demandes des partis politiques libanais pour que Hezbollah rende ses armes et ferme les passages frontaliers illicites qu’il contrôle au niveau des frontières avec la Syrie, notamment que la communauté internationale a conditionné le fait de donner de l’aide à l’Etat libanais par la régression de l’influence du Hezbollah sur les institutions gouvernementales libanaises.

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