Sur les décombres du Liban… Hezbollah : « je suis l’Etat »

حسن نصر الله

Pour la classe politique au Liban, le message de Hassan Nasrallah, lors de son dernier discours, est clair : «Je suis l’Etat ».

Une déclaration officielle qui reflète la domination de l’État libanais et de sa décision par le Hezbollah. Nasrallah a défié formellement les décisions du gouvernement libanais en ce qui concerne les passages illégaux entre le Liban et la Syrie qui sont encore sous le contrôle de Hezballah.

Le Parti des Forces libanaises a considéré que Nasrallah a rejeté la décision du Conseil suprême de la défense libanaise, de renforcer le contrôle sur les frontières avec la Syrie pour empêcher les opérations de contrebande, quand il a considéré que le Liban et la Syrie sont deux pays et deux armées avec des frontières conjointes.

Dernièrement, des médias libanais ont accusé le Hezbollah de diriger des réseaux de contrebande des pièces de rechange, du carburant et de la céréale au profit du régime syrien, malgré la crise économique qui dépasse le Liban.

L’Etat et le parti

Pour l’ancien responsable du bureau du directeur de la sécurité nationale des États-Unis, Norman Roll, la milice du Hezbollah au Liban constitue un Etat dans l’Etat surtout avec la clarification de ses principaux objectifs qui visent à contrôler les rouages de l’État libanais et ses secteurs vitaux.

Roll considère l’influence et les armes du Hezbollah comme une menace réelle pour la souveraineté et les intérêts du Liban, surtout avec l’implication du ce parti dans de nombreuses crises régionales à l’instar de la guerre du Yémen, la crise syrienne, son implication dans les caches d’armes découvertes dans les certains pays du Golfe.  Roll mis le point dans ce sens sur l’implication de Hezbollah dans la dégradation des relations du Liban avec les pays voisins.

D’ailleurs, les pays du Golf, les États-Unis et l’Union européenne ont annoncé leur refus de fournir une aide financière au gouvernement libanais à cause de la domination du Hezbollah sur le Liban, ses politiques et ses décisions, sachant que ce dernier est classé comme une organisation terroriste.

Derrière les coulisses

L’influence et le contrôle du Hezbollah de la décision politique au Liban a pris de l’ampleur avec la formation de l’actuel gouvernement, dirigé par Hassan Diab. En effet, l’ancien premier ministre Fouad Siniora considère le nouveau gouvernement comme une annonce officielle de la domination effective de Hezbollah sur le Liban, ajoutant : « Le Hezbollah est désormais la plus grande autorité au Liban. »

Pour Siniora, le Hezbollah contrôle les trois têtes du pouvoir au Liban, la présidence de la République, l’Assemblée de peuple et le gouvernent et ses ministres. D’ailleurs, l’installation de Diab à la tête du gouvernement et son obtention de la confiance, malgré l’absence de soutien des partis sunnites, confirme la mainmise de parti chiite sur le pays.

Le mouvement libanais avait annoncé son rejet du gouvernement actuel, considérant qu’il s’agit du gouvernement du Hezbollah, appelant au renversement de l’ensemble du système politique libanais et à la formation d’un gouvernement de des compétences réduit.

Norman Roll ajoute que la politique de gouvernance du Hezbollah est basée sur le contrôle indirect. Il gère le système politique de derrière les coulisses. Soulignant que la direction du parti ne veut pas priver complètement le Liban de l’aide étrangère dont il a besoin pour dépasser  la crise actuelle.

Le Liban souffre d’une crise économique sans précédent. Au milieu des avertissements d’une vague imminente de pauvreté et de faim à cause de l’effondrement du taux de change de la livre par rapport au dollar et de taux élevés de dette publique qui touchent les 90 milliards de dollars américains contre le faible taux de croissance de l’année dernière, le Liban est la troisième plus grande dette au monde.

Pouvoirs et guerre inhabituelle

L’écrivain Ali Al-Amin indique que le Hezbollah est en confrontation directe pour contrôler le système de l’Etat et de ses institutions, ce qui est, selon l’écrivain, un grand défi pour la direction du parti, surtout que la gestion de l’administration profonde de l’État au Liban ne fait pas partie des tâches auxquels le Hezbollah est habitué depuis sa création.

Al-Amin explique que le Hezbollah, au cours de son parcours, a mis en place son système de sécurité militaire pour consolider son influence à l’intérieur du Liban, y compris ses intérêts fondamentaux, sans prêter aucune attention à l’État libanais, dans une indication implicite que le Hezbollah été en dehors de la décision libanaise sans avoir contrôlée.

Le Hezbollah jouit d’une totale indépendance sécuritaire, militaire et politique par rapport à la direction du gouvernement. Il dispose également de son propre réseau de communication et de ses activités financières, qu’il est interdit à l’État de poursuivre, ainsi que de prisons privées en dehors du gouvernement.

Dans le même contexte, Al-Amin estime que le parti mène aujourd’hui une guerre existentielle. Il considère que le passage au stade du contrôle des institutions de l’État met Hezbollah face à une véritable crise liée à son existence.

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