
Dr Sami Khater — Universitaire et professeur d’université
Préparé par : Ahmed Al-Romah
Lorsque la plus haute autorité mondiale en matière de droits humains abandonne le langage diplomatique et qualifie les actions d’un État de « schéma systématique d’utilisation de la peine de mort comme outil d’intimidation », nous avons dépassé le stade de la condamnation politique pour entrer dans celui de la documentation officielle d’un crime contre l’humanité.
Le rapport publié par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme n’est pas simplement une compilation de statistiques terrifiantes. C’est un document historique — un acte d’accusation officiel contre le régime des mollahs — et une déclaration selon laquelle ce qui se passe en Iran n’est pas une simple répression, mais une véritable guerre menée par l’État contre son propre peuple.
Cette annonce de Genève, formulée avec retenue juridique mais avec force morale, place la conscience du monde face à une question urgente : Que se passe-t-il ensuite ? La réponse à ce crime documenté ne viendra pas d’une nouvelle série de condamnations stériles. Elle viendra des foules vivantes qui se rassemblent au cœur de l’Europe. La manifestation du 6 septembre à Bruxelles est la réponse concrète, populaire et humaine à cette brutalité systématique.
Démanteler la stratégie de la terreur : derrière la machine à tuer
Pour mesurer l’ampleur de la crise, il faut aller au-delà du chiffre stupéfiant — 841 exécutions en huit mois — et analyser la stratégie qui la sous-tend. Comme l’a souligné la porte-parole de l’ONU, Ravina Shamdasani, il ne s’agit pas de simples punitions ; ce sont un « outil d’intimidation » utilisé par l’État.
- Premièrement, le régime vise de manière disproportionnée les minorités ethniques — Kurdes, Arabes, Baloutches — ainsi que les migrants afghans. Ce n’est pas une coïncidence. Cela fait partie d’une politique malveillante de « diviser pour régner » destinée à fracturer l’unité nationale et empêcher l’émergence d’un front d’opposition interethnique.
- Deuxièmement, l’État recourt aux exécutions publiques — des rituels barbares d’un âge obscur — afin d’écraser le moral de la société, en particulier celui des enfants, et de banaliser le spectacle de la mort. C’est une tentative d’assassiner la dignité humaine dans l’espace public.
- Troisièmement, et c’est le plus dangereux, ces exécutions ciblent délibérément les symboles de résistance et de changement. Le fait que six personnes accusées d’appartenir à l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, ainsi que cinq militants du soulèvement de 2022 — dont la courageuse ouvrière Sharifeh Mohammadi — soient sur le point d’être exécutées, révèle la véritable peur du régime. Ce qu’il craint, ce n’est pas la criminalité ordinaire : il craint la pensée organisée, le courage politique et la volonté de changement. Chaque peine de mort prononcée contre un militant politique est une tentative désespérée de tuer une idée — mais l’histoire a prouvé que les idées ne meurent pas par exécution.
Quand les mots ne suffisent plus : l’urgence de l’action
Le Haut-Commissaire Volker Türk et l’ensemble du bureau de l’ONU ont appelé Téhéran à suspendre les exécutions. Ces appels sont nécessaires et importants — mais tragiquement insuffisants. Depuis plus de quatre décennies, le régime des mollahs a montré qu’il ne comprend ni le droit international ni ne respecte les appels des instances onusiennes.
Son seul langage est celui de la force et de la violence. Comme l’a noté la porte-parole de l’ONU, les gouvernements confrontés à une opposition à leurs politiques « deviennent plus répressifs ». Cela signifie que le régime ne s’arrêtera pas de lui-même — il faut l’arrêter. C’est ici que la force populaire organisée devient le facteur décisif pour changer le rapport de forces.
Bruxelles : là où la culture de la vie affronte la culture de la mort
Dans ce contexte tragique, la manifestation du 6 septembre à Bruxelles prend une dimension à la fois humaine et historique. Ce n’est pas seulement une marche politique ; c’est un acte de résistance contre la culture de la mort promue par le régime. C’est une réponse directe à chaque corde de pendaison dressée en Iran.
Pour chaque exécution, des milliers de personnes se tiendront à Bruxelles pour affirmer leur engagement envers la vie. Contrairement au ciblage des minorités, la manifestation présentera un modèle d’unité nationale iranienne dans toute sa diversité. Face aux procès-spectacles fondés sur des « lois vagues », les participants proposeront une vision claire d’un État fondé sur l’État de droit.
Cette vision est incarnée dans le plan en dix points de Mme Maryam Radjavi. La réponse la plus forte au rapport accablant de l’ONU se trouve dans le tout premier point de ce plan : « Abolition de la peine de mort. »
Cette seule clause est l’antithèse complète de tout ce que représente le régime des mollahs. C’est un engagement à construire une société qui respecte le plus sacré des droits : le droit à la vie. La manifestation de Bruxelles sera le moment où le peuple iranien déclarera qu’il ne fait pas que rejeter ce régime ensanglanté — mais qu’il dispose d’une alternative démocratique et humaine prête à le remplacer.
Le message envoyé de Bruxelles s’adressera au monde entier : les Nations unies ont livré leur témoignage — il est maintenant temps pour les peuples libres d’apporter leur soutien. Le moment est venu de se tenir aux côtés du peuple iranien et de sa résistance organisée, de mettre fin à ce crime continu et de construire un avenir radieux pour l’Iran.







