Un chaos juridique en Autriche pour sa confrontation de l’Islam politique

Un tribunal supérieur régional autrichien a remercié deux experts dans l’enquête de « L’Opération Luxor ». Maintenant, deux autres experts doivent être choisis pour faire le rapport de l’examen judiciaire autour des procédures des forces de sécurité autrichiennes contre le Hamas et l’islam politique dans le pays, après la campagne antiterroriste de novembre 2020 contre des cellules suspectes du Hamas en Autriche et ce qui en découlaient d’enquêtes. Les deux experts nommés ont dû être démis de leurs fonctions étant donné que le tribunal régional supérieur a donné raison à une plainte de l’un des accusés.

En fait, le porte-parole du ministère public a affirmé que plusieurs suspects s’étaient opposés aux deux experts par l’intermédiaire de leurs représentants judiciaires. Selon les plaintes, les experts sont partiaux et inexpérimentés. Toutefois, ceux qui ont de l’expérience parmi les nouveaux experts sont rares et sont éloignés dans le cas de l’extrémisme islamique. Les experts étrangers peuvent également avoir une chance, mais il faudra du temps pour se renseigner sur leur situation.

Au début, le tribunal régional de Graz chargé des procédures avait rejeté les appels de recours. Les experts ont obtenu une large autorisation en tant que partie de l’acte d’instruction par le pouvoir judiciaire, tandis qu’il y avait de nombreuses plaintes déposées contre cette décision de justice, notamment à l’encontre de l’un des experts. Selon des observateurs, la cause de l’impasse pourrait être un débat télévisé en juillet 2017 autour des jardins d’enfants islamiques : « L’apparition de l’expert (…) dans l’émission de télévision précitée, dans laquelle il a cité le nom d’(une personne qui n’était pas présente), pourrait, donner l’impression au public qu’il le considère comme un activiste ou un membre éminent des Frères musulmans et de la Confrérie en général d’une organisation islamique liée à des organisations terroristes ».

Durant les deux dernières années, plus de suspects ont déposé des plaintes contre les deux experts, et les allégations ont toujours été : manque d’expérience et prise de position. Il était clair que le parquet considérait ces deux experts comme ayant fait leurs preuves dans le domaine de l’islam dit politique. Les nombreuses plaintes avaient échoué jusqu’à fin septembre de l’année dernière en raison de la décision du tribunal régional. Maintenant, les deux experts ont été démis de leurs fonctions dans le cadre de l’enquête.

Du point de vue du tribunal, l’apparition à l’émission télévisée pourrait susciter le doute autour de la « l’impartialité totale » de l’expert à l’égard de l’accusé. D’autant plus que dans le dernier rapport sur « l’Opération Luxor », la position de l’accusé est considérée « en tant qu’un indicateur-clé pour classer l’institution en question comme une branche des Frères musulmans ou comme faisant partie de son réseau ».

Quel commentaire des experts par rapport à la décision ?

L’un d’eux a déjà commenté la décision du tribunal dans une publication sur Facebook. Selon elle, son collègue qui avait participé à l’émission télévisée n’a fait que reproduire ce que l’accusé lui-même avait affirmé dans une interview à une chaîne de télévision égyptienne en 2013, et ces propos ont également été cités comme source dans le rapport. Elle a également trouvé « un peu étrange » de quitter son travail d’experte, tandis qu’aucune preuve de manque d’expérience ou de partialité, seulement parce qu’elle a rédigé le rapport avec son collègue.

« En lisant la décision du tribunal, la question se pose de savoir s’il est possible de considérer que les experts sont seuls qui n’ont pas publiquement commenté les structures des Frères musulmans et leurs partisans ? Cela ne peut pas être le cas, car aucun expert n’a traité la question secrètement au passé ». Pour cette raison, elle croit qu’il ne sera pas facile pour le tribunal de trouver de nouveaux experts qui, d’une part, ont une expérience dans ce domaine et, d’autre part, n’ont jamais commenté aucun des suspects dans le passé, soit de manière négative ou positive, car la partialité veut pas dire seulement les expressions critiques, elle implique également tout ce qui pourrait signifier un manque d’impartialité.

Environ 100 suspects font actuellement l’objet d’une enquête. Mais depuis 2020, aucun progrès signifiant n’a été réalisé et même aucune accusation n’a encore été portée contre aucun des accusés.

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