Le miracle n’est pas une exigence de la religion, et le miracle coranique ne fait pas de même partie des piliers de la foi musulmane. En fait, les miracles mentionnés aux prophètes dans le noble Coran étaient dans un contexte narratif et pour des finalités d’éducation, de considération et d’orientation, conformément à la culture des sociétés à l’époque de ces prophéties. Le prophète Mohamed (Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) lui-même a rejeté le principe de miracles dans certains contextes du noble Coran. Puis, on se demande où se manifeste le plus la puissance du Dieu dans (le miracle de téléphone mobile) ou dans le miracle de la huppe de Salomon ?! Les rhétoriques du langage prouvent-elles l’origine divine des mots et des textes ? Et dans quelle mesure la rhétorique peut-elle être considérée comme un miracle ?

Pour cette raison, l’absolu ne peut être saisi que relativement. Dieu le tout-puissant n’est pas séparé du monde, comme le monde n’est pas le Dieu, et la puissance de Dieu n’est rien d’autre que les lois universelles et l’extraordinaire ordre de la nature. Et il ne faut pas mettre la puissance de Dieu dans un contexte séparé ou en contradiction avec les lois de l’univers et l’ordre de la nature. Parce que la puissance du tout-puissant touche nos sentiments, en provoquant dans nos esprits l’étonnement et la frayeur mystérieuse. Dieu est l’âme qui réside au monde pour qu’il ait un sens ! La preuve du message de l’Islam – et de toute autre croyance religieuse – est interne et non pas externe. C’est en relation avec les croyances et n’est pas scientifique au sens des sciences. La preuve du message de l’Islam est dans son harmonie avec les normes universelles et les lois du monde, et non pas dans sa violation de ces normes et des lois ! La crédibilité et l’importance de l’islam en tant que message résident dans son discours lui-même et dans ce qu’il veut dire aux gens d’une manière qu’il se transformera en un bien pour les croyants et un engagement envers les priorités de la vie, de la justice et de la liberté.

Le miracle ne signifie pas une violation de la loi de la science et de l’ordre de la nature, plutôt il signifie que notre connaissance de la loi est incomplète et qu’elle doit être améliorée. Philosophiquement et doctrinalement, on peut distinguer entre deux types différents de manifestation de l’absolu divin. Le premier type voit la présence divine dans la loi de la nature et son ordre extraordinaire. Quant au deuxième type, il voit la présence divine la plus puissante réside dans la sortie de l’ordre de la nature et de violer ses lois. Le premier type conduit au devoir de la présence causale/ ce qui provoque les raisons, tandis que le deuxième type conduit à l’absence/ ce qui contredit les causes, scientifiquement il conduira à l’exclusion d’une personne ou à l’écart d’un groupe des lois de la nature et de son ordre extraordinaire. Et cela ouvrira la voie à l’émergence du concept du miracle et autres.

Par la suite, nous nous demandons : si les miracles et le génie coranique font-ils partie des piliers de la foi islamique ? Ce que nous voulions dire là, c’est que le miracle n’est pas une exigence dans la religion. Vous pouvez être un bon croyant qui croit au Dieu, en la prophétie mahométane, au jour du Jugement dernier et en la sainteté du Noble Coran sans avoir besoin de défi, de défier les autres ou de miracles. Le principe des miracles en soi est incohérent avec la méthodologie de la science et des traditions universelles.

Les miracles mentionnés aux prophètes dans le noble Coran étaient dans un contexte narratif et pour des finalités d’éducation, de considération et d’orientation, conformément à la culture et à la conscience des sociétés à l’époque de ces prophéties. Les histoires ont généralement plusieurs fonctions, et il n’est pas nécessaire qu’elles correspondent aux faits de l’histoire et les détails de leur déroulement. Tirer les histoires coraniques de leurs contextes, en considérant leur contenu comme des faits scientifiques historiques, ou les considérer comme un miracle scientifique ou un miracle historique passé, tout cela constitue un abus en mettant le texte coranique en contradiction avec la science et la preuve objective.

En réalité, la relation supposée entre le prophète et les miracles sensoriels est une relation chimérique qui sous-estime l’expérience prophétique. Elle est en fait le fruit de l’imagination populaire qui venait après l’époque de la prophétie. Les théories des miracles coraniques sont relativement tardives, elles ont été formulées au IIIe siècle de l’Hégire, au début du miracle rhétorique, et progressivement par étapes pour finir avec les miracles scientifique et numérique à la fin du XXe siècle.

Pour l’État moderne, des droits et des institutions, se manifeste la puissance de l’État dans son organisation, dans ses lois et l’engagement des citoyens envers ce qui servira les intérêts du peuple. Par contre, dans l’État tyrannique, le pouvoir de l’État se manifeste dans sa coercition, ainsi que le pouvoir du sultan et de ses partisans se manifeste dans leur violation de l’ordre de l’État et des lois.

Les miracles appartiennent culturellement à l’État du sultan dans lequel règne le chaos, l’État qui accepte de violer les lois et considère cela un signe de la puissance du sultan. Le principe du miracle est similaire au principe de privilège et des pistons- que les Syriens connaissaient très bien durant le dernier demi-siècle. C’est le privilège accordé à un individu ou à un groupe sans les autres, et il peut s’agir d’un privilège positif pour favoriser, ou un privilège négatif encourageant les abus et la multiplication des violations.

Le concept de miracle viole le principe de l’ordre et de la justice divine. Par exemple, le Bon Dieu a anéanti le peuple de Loth à cause de la propagation de l’immoralité parmi eux, plus tard et maintenant il existe de nombreuses sociétés à travers le monde qui répandent la même immoralité parmi elles, mais Dieu ne les a pas détruits ! Les agissements commis par les peuples d’Ad, Thamūd, Pharaon et le peuple de Noé sont en train d’être reproduits et répandus dans le monde, pourtant Dieu n’a pas interagi avec un acte divin miraculeux !

Spinoza définit un miracle comme « toute action dont la cause est inconnue de l’esprit humain », mais l’ignorance de la cause ne signifie pas l’absence des causes, et l’ignorance peut changer avec plus de connaissances. L’ignorance est le manque relatif de connaissances pour une raison ou une défaillance. Les gens sont habitués à appeler l’action dont la masse ignore ses raisons par un acte divin, soit une œuvre de Dieu.

La manipulation là consiste à associer l’action divine à l’ignorance de la cause, en présentant l’œuvre divine en dehors de la régularité de la nature et de la loi de la causalité.

L’une des définitions courantes d’un miracle est « un phénomène extraordinaire de la norme, dont les humains sont incapables de le reproduire et la croyance que ce miracle est une expression déficiente de la compréhension du principe de causalité et des normes universelles, et que la pensée miraculeuse est conditionnée par sa circonstance et représente l’enfance de l’esprit humain dans une histoire passée et ancienne.

Pour se demander où se manifeste le plus la puissance de Dieu : dans le (miracle de téléphone mobile) ou dans le miracle de la huppe de Salomon ?! La découverte des lois de Dieu en matière de physique et des ondes radio, puis leur adaptation en les exploitant pour inventer le téléphone portable, n’est-il pas une chose similaire au miracle !

Le prophète Mohamed lui-même a rejeté le principe de miracles dans différents contextes dans le noble Coran. La distinction du prophète Mohamed est qu’il était comme tout autre humain concerné par les spécificités humaines comme la maladie, la santé, le succès et l’échec…etc. La Da’wa mahométane a triomphé parce qu’elle a adopté les normes universelles de la victoire – comme d’autres vocations politiques idéologiques. En réalité, la relation supposée entre le prophète Mohamed et les miracles sensoriels est chimérique qui sous-estime l’expérience prophétique. Elle est le fruit de l’imagination populaire qui venait après l’époque de la prophétie de Mohamed. Les théories du miracle coranique sont relativement tardives, elles ont été formulées au IIIe siècle de l’Hégire, avec le miracle rhétorique, puis progressivement selon des étapes pour finir avec les miracles scientifique et numérique fin du XXe siècle.

Il y a le courant mu’tazilite, apparu tôt au début du deuxième siècle de l’hégire, avant de qualifier le Coran de miraculeux, avait rejeté le caractère objectif du miracle coranique (le pur dicton selon lequel Dieu a empêché les gens de s’opposer au Coran).

Les rhétoriques du langage prouvent-elles l’origine divine des mots et des textes ? Et dans quelle mesure la rhétorique peut-elle être considérée comme un miracle ? Quels critères utilisons-nous pour distinguer la rhétorique miraculeuse ou autre ? Comment le noble Coran peut être miraculeux pour les non-arabophones ?

Le meilleur exemple qu’on puisse mentionner par rapport à la relation du prophète Mohamed avec les miracles est les textes du noble Coran lui-même, où nous critiquons deux exemples célèbres considérés comme des miracles prophétiques majeurs : le miracle d’Isra et Miraj et celui de la division de la lune

Tous les droits de publication et les droits d’auteur sont réservés au centre d’études et des recherches MENA