Viol de mineures et enterrement des vivants : La Syrie sous le règne d’après-guerre du régime Al-Assad

Malgré le calme relatif que connaît la Syrie après plus de dix ans de guerre, la stabilité demeure encore absente, notamment au niveau sécuritaire, avec l’augmentation du taux des crimes commis dans le pays, où des récentes statistiques de la direction de lutte contre la criminalité du régime Al-Assad ont révélé qu’environ 7.500 crimes ont été commis entre le début de cette année et le début du mois d’août 2021.

Selon le directeur de la sécurité de lutte contre la criminalité, « Hussein Jomâa », les crimes susmentionnés se répartissent en 366 meurtres, 3663 cas de vol, 120 cas de faux-monnayage et 62 crimes commis avec des armes non autorisées, en soulignant que les autorités de sécurité n’ont pas encore d’informations ou de statistiques en ce qui concerne le port illégal des armes .

Il est à noter que les déclarations du responsable de la sécurité du régime de « Bashar al-Assad » interviennent après l’enregistrement d’une augmentation de l’utilisation des armes à feu et de bombes dans des crimes, des conflits collectifs, en particulier dans la capitale, Damas.

La sécurité n’est plus une « bénédiction »

Commentant les statistiques mentionnées dans les archives du gouvernement du régime, l’analyste de la sécurité et en criminologue, « Ahmed Souid » a indiqué que même la seule carte dont le régime Al-Assad se vantait n’existe plus, en ajoutant que la Syrie est actuellement classée première dans le monde arabe en termes des taux de criminalité et la neuvième au niveau mondial, selon les statistiques du site Numbeo, pour l’année 2021.

Et les données du site « Nembeo » relatives à la criminalité classait la Syrie en 2019 comme étant le pays arabe avec le taux de criminalité le plus élevé et au 16e rang mondial sur 118 pays.

Souid a ajouté : « Le classement du site web susmentionné prend en considération plusieurs facteurs, notamment le niveau de sécurité sociale, le niveau de criminalité et de vol, ainsi que les conflits armés, la criminalité et les menaces terroristes. Cela indique l’effondrement total du système de l’État syrien et l’incapacité générale à entretenir tous les types et formes de sécurité demandée », en poursuivant que non seulement les taux de criminalité ayant augmenté, mais aussi les crimes deviennent plus brutaux et plus cruels.

Il est à rappeler que la rue syrienne a été sous le choc en 2020 à cause d’un meurtre commis par deux jeunes hommes dans la région de Beit Sahem, lorsqu’ils sont entrés par effraction dans une maison et ont menotté le propriétaire de la maison puis ils ont violé sa femme devant lui puis ils l’ont poignardé plusieurs fois, ont tué sa femme et ses enfants, ainsi qu’ils ont volé une somme d’argent et brûlé la maison, avant de s’enfuir. Cependant, la survie du mari a aidé à dévoiler le crime et ses auteurs.

Dans le même contexte, Souid a dit que le niveau élevé de corruption dans la sécurité et la justice et la propagation du népotisme ont largement contribué à l’augmentation des taux de criminalité, d’autant plus que de nombreux criminels se rendent compte qu’ils ont la possibilité d’échapper à la peine en payant des sommes d’argent et des pots-de-vin. Ce qui encourage à préparer un environnement favorable au crime. Il a par ailleurs insisté sur le fait que la propagation de la drogue, le chômage, la pauvreté, l’ignorance généralisée et les sans-abris, fait partie d’un ensemble de facteurs ayant contribué à l’horrible réalité que connaît la Syrie en général.

Souid a aussi considéré que cette réalité constitue un environnement idéal pour le régime syrien, qui cherche par ce biais à désintégrer la société et à dissimiler ses crimes, ainsi que la possibilité d’exploiter ces crimes pour arrêter certains opposants ou militants dans des campagnes de vengeance, en affirmant que le régime est le principal bénéficiaire de cette réalité.

Des crimes odieux et une tentative de marginaliser les services de sécurité

Abordant la crise sécuritaire en Syrie, le chercheur en sciences sociales, Farouk Abdullah, a rappelé un certain nombre de crimes ayant été enregistrés en Syrie parmi les crimes les plus odieux, en considérant que cette brutalité révèle la stituation dans lequel se trouve le pays pendant les 10 années de guerre du régime pour rester au pouvoir.

Abdullah a aussi rappelé le crime commis contre la jeune fille de 14 ans, Haya Habib, dont le corps carbonisé a été retrouvé dans la région de Masyaf dans la campagne de Hama fin de l’année dernière, en indiquant que les détails de ce crime montrent l’ampleur de la tragédie.

Il est à noter que la médecine légale du régime a confirmé que la jeune fille avait été violée avant d’être tuée par étranglement puis brûlée par l’auteur, afin d’effacer toutes les traces du crime.

Dans le même contexte, « Abdullah » a expliqué que : « le régime est considéré comme le principal responsable de ce que connait la Syrie, car il a travaillé pour créer une génération entière élevée sur le meurtre et l’utilisation des armes, d’autant plus qu’il a recruté de grands groupes d’enfants parmi les rangs des milices ayant combattu à ses côtés à travers ce qu’on appelle les milices de défense nationale, en précisant que la société syrienne n’a connu ce genre de crimes qu’après 2011 avec les fléaux comme les déplacements, le recrutement d’enfants et l’insécurité.

Abdullah a souligné également que de nombreuses valeurs sociales se sont effondrées en raison des années de guerre et des événements exceptionnels qui l’ont accompagnée, en considérant que « Bashar al-Assad » et la politique de son régime se sont non seulement contentés de tuer et de détruire, mais aussi de changer les caractéristiques de la société syrienne, en renforçant la délinquance et en travaillant à créer une niche de criminels et de tueurs d’une manière à désintégrer la société et de terroriser le peuple, et de faire croire que la seule solution face à l’effondrement de la sécurité est le retour à l’oppression , l’emprisonnement et la sécurité répressive.

Il est à rappeler que les médias syriens ont publié mi-avril une vidéo d’un crime commis par un père et une mère syriens contre leur fille de deux ans, en l’enterrant vivante à cause de ses pleurs la nuit, ce qui a provoqué un état de choc.

Le chaos des armes

Dans son analyse du phénomène de la criminalité en Syrie, le politologue « Fadi Jouma » est revenu sur les débuts de la révolution syrienne, en indiquant que le régime de « Bashar al-Assad » a œuvré à la consolidation de la criminalité en Syrie à travers l’amnistie décidée en 2011, en libérant ainsi un grand nombre de condamnés de crimes et en les armant et en leur donnant des pouvoirs, une puissance et une influence qui leur ont permis de s’imposer dans l’équation syrienne.

Jouma a par ailleurs considéré que les premiers crimes commis en Syrie ont été directement liés au régime, en expliquant : « Les exécutions sur le terrain, les pillages, les vols de biens et les viols ont été commis par les forces du régime et les milices qui les soutenaient. Et on peut dire là que ces criminels ont profité des avantages qu’ils ont obtenus du régime pour élargir considérablement le cercle de leurs crimes, surtout que de nombreux crimes ont été commis avec des armes à feu et des bombes, et certains d’entre eux sont commis par d’anciens membres des forces du régime ».

Dans le même contexte, Jouma a affirmé que la montée en flèche des taux de criminalité ne laisse aucun doute sur le fait qu’il y a certains partis, au premier rang desquels le régime syrien, qui soutiennent ces fléaux, d’autant plus qu’il s’agit des mêmes parties accusées d’inonder les villes syriennes de drogues, considérées comme les principales raisons pour qu’une personne devienne vers un criminel à cause du fait de perdre connaissance et être constamment sous l’influence de stupéfiants.

Le cousin du président du régime syrien, Douraid al-Assad, avait précédemment reconnu la responsabilité du régime syrien dans le trafic de drogue en Syrie. Il a écrit sur sa page Facebook que la cargaison de drogue, saisie par la police italienne en provenance de Syrie l’année dernière, Daech n’était pas derrière cette affaire, mais plutôt le régime, en ajoutant : « Si on veut fabriquer du papier, on peut dire vive les industries nationales, et les rouages ​​de l’économie nationale se remettent à tourner ! Ensuite, nous mettons dans ces rouleaux de papier, des pilules de Captagon et de stupéfiants ».

All publishing rights and copyrights reserved to MENA Research and Study Center.