Y compris des dépôts, Al-Sarraj offre à la Turquie 12 milliards de dollars de l’argent de la Libye

Comité de rédaction

Une source digne de confiance a affirmé à l’observatoire MENA que l’actuel premier ministre Fayez al-Sarraj a payé 12 milliards de dollars au gouvernement turc dans le cadre de l’intervention militaire de ce dernier dans les opérations aux alentours de la capitale Tripoli.

Selon notre source, les montants ont été répartis sur plusieurs parties, dont 8 milliards de dollars qui ont été déposés en dépôt à la Banque centrale turque, tandis que le gouvernement turc a reçu 4 milliards en espèces.

La Turquie avait annoncé cette année, son intervention militaire directe en Libye en faveur du gouvernement Al Wifak, qui est proche des Frères musulmans, après que l’armée libyenne ait progressé sur plusieurs fronts au détriment des forces soutenant la Al Wifak.

Les Élections et la crise des liquidités

Notre source ajoute dans ce sens que le gouvernement turc, à travers ces dépôts, cherche améliorer son image devant la rue turque surtout que les élections de 2023 approchent et l’opposition ne cesse d’exercer une énorme pression. Sachant, que plusieurs leaders du parti d’Erdogan ont claqué la porte pour jopindre l’opposition à l’instar d’Ahmet Davutoglu et l’ancien vice-Premier ministre, Ali Babacan.

Dans ce sens, le dollar américain a enregistré une nouvelle hausse au cours des deux derniers jours par rapport à la livre turque et son taux de change ayant atteint 6,84 livres. Selon les analystes, le dollar continuera d’augmenter au cours de la période à venir, d’autant plus que le pays a été touché par la crise de Corona.

Par ailleurs, notre source a mis le point sur les inquiétudes qui règnent ces derniers temps entre les dirigeants de l’actuel gouvernement turc en ce qui concerne l’impact du dossier économique sur la situation électorale et la popularité du parti, d’autant plus que les indicateurs de l’économie ont connu une baisse importante dans divers secteurs et les taux de pauvreté et de chômage ne cessent de grimper, soulignant que cette crise est capable de faire perdre au parti d’Erdogan une grande partie de son pouvoir. D’ailleurs, lors des dernières élections municipales, le parti a perdu le contrôle de la municipalité d’Istanbul.

D’autre part, l’Instance turque des statistiques a précédemment indiqué que les taux de pauvreté en Turquie ont passé le 37,5% en 2019, après avoir atteint 18% en 2002, suite à la prise du pouvoir par le parti de la justice et du développement.

Banque détournée

Selon notre interlocuteur, le mouvement des capitaux de la Libye vers la Turquie, demeure une explication logique du soutien turc au gouvernement d’Al Wifak, et la raison de la tentative de ce dernier de contrôler la Banque centrale de Libye sous diverses formes, soulignant que la banque s’est transformée, au cours des dernières années, en un champ de bataille, dans lequel le gouvernement de réconciliation a tenté d’imposer des personnalités proches de l’organisation des frères musulmans dans cette institution.

D’ailleurs, le chef du comité de liquidité de la banque libyenne, « Ramzi Agha », a déclaré que la banque centrale libyenne avait été « kidnappée » par le gouvernement d’Al Wifak et les Frères musulmans. Ainsi, le porte-parole de l’armée libyenne, le général de division Ahmed Al-Mismari a révélé la contrebande de plus de 50 milliards de dinars libyens vers Turquie, et la dépense de plus de 2 milliards de dollars de argent de la Banque Centrale en une journée afin de financer les opérations militaires turques en Libye.

Pour notre source, les opérations de contrôle de la Banque Centrale libyenne, remontent à l’année 2018, après une série de décisions rendues par le premier ministre du gouvernement d’Al-Wefaq, «Fayez al-Sarraj», au cours desquelles il a donné aux courants islamiques une large pénétration dans les nerfs économiques de l’État. Il a nommé à l’époque le chef du parti d’Erdogan, Fathi Akoub secrétaire du conseil d’administration de la banque et a nommé le chef des Frères musulmans Tarek Makrif en tant que membre du conseil d’administration de la banque.

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