Yémen: les chances de paix éloignée entre le rendement de Griffiths et les alliances des Houthis

Malgré le grand optimisme exprimé par l’envoyé de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, autour de la possibilité de la paix au Yémen, mais cette paix manque encore ses attributs et ses exigences fondamentaux, ce qui en fait une paix impossible du point de vue d’un certain nombre d’analystes et de chercheurs en affaires yéménites.

Il est à indiqué que « Griffiths » a précédemment déclaré que les parties yéménites ont exprimé leur intérêt pour les besoins humanitaires, en soulignant qu’elles prennent la question de la paix au sérieux dans le pays déchiré par la guerre depuis l’été 2015.

Faiblesse onusienne et rôles perdus

Parmi les premiers indicateurs de l’absence d’horizons de paix au Yémen, c’est le faible rendement de l’envoyé de l’ONU, selon l’analyste politique «Mohammed Al-Hilali», en considérant que «Griffiths», bien qu’il occupe son poste depuis des années, mais aucun pas concret n’a été avancé vers la paix et pour mettre un terme au conflit.

Al-Hilali a ajouté que Griffiths n’était pas en mesure de convaincre les milices houthies à s’engager dans des négociations sérieuses avec le gouvernement yéménite, en considérant que le rôle des Nations Unies est absent dans plusieurs domaines, particulièrement le domaine humanitaire, et surtout après la propagation de l’épidémie de Coronavirus.

Le gouvernement yéménite et la Coalition arabe de soutien de la légitimité ont proposé, rappelle-t-on, en avril dernier, un accord de cessez-le-feu afin d’épargner les efforts pour faire face à la propagation de l’épidémie de Coronavirus au Yémen. Mais cela a été rejeté par les milices houthies, en imposant des conditions excessives pour l’accepter.

Dans le même contexte, Al-Hilali a poursuivi que l’approche de Griffiths est basée sur l’égalité entre la victime et le bourreau, tout en négligeant le fait que les milices sont présentes à cause de l’ingérence extérieure et à un coup d’État soutenu par l’Iran. Il a en effet accusé l’envoyé de l’ONU d’être indolent envers les milices, ce qui leur a permis de continuer avec la même politique.

D’ailleurs, le gouvernement yéménite a accusé, l’année dernière, Griffiths d’encourager les crimes houthis et d’être complice avec eux quand le Ministre yéménite de l’Information, Mouammar Al-Iryani, a indiqué à l’époque que le rendement de l’envoyé onusien avaient contribué à l’intensification des violations houthies dans le pays.

En parallèle, le président du Centre Jouhoud (Efforts) d’études politiques au Yémen, Abdessatar Al-Shamiri, a décrit l’appel de l’envoyé de l’ONU au gouvernement yéménite et au Conseil de transition à former une équipe pour négocier avec les Houthis dans le but de parvenir à une solution définitive à la crise yéménite, d’à côté de la plaque, d’inutile et de perte du temps. Il a ajouté que les Yéménites se sont habitués à de telles déclarations depuis la nomination de « Griffiths » à son poste.

Connexions avec l’extérieur

La dépendance de la décision des milices aux directives iraniennes représente l’un des défis les plus importants pour parvenir à la paix au Yémen, selon le chercheur en affaires du Moyen-Orient, Amer Dossari, en ajoutant : «Les intérêts iraniens, soit en Syrie, en Irak, au Yémen ou au Liban, sont basés sur l’escalade et le fait d’attiser les tensions. Et cela veut dire que l’Iran n’a pas autorisé aux Houthis d’entrer en négociations sérieuses de paix, indépendamment des conditions proposées.

Le groupe Houthi avait précédemment reconnu son association avec la Velayat-e Faqih et sa loyauté à son égard, quand le leader houthi, Ibrahim Al-Dulaimi, apparaissait sur une photo embrassant la main du Guide suprême de la révolution iranienne, «Ali Khamenei» lors d’une visite d’une délégation houthie à Téhéran en 2018.

Dossari a par ailleurs souligné que l’intérêt de l’Iran spécifiquement au Yémen nécessite de ne pas parvenir à un accord, surtout avec les préparatifs pour entrer dans un nouveau round de négociations avec la communauté internationale sur le programme nucléaire, d’autant plus qu’il cherche à faire pression sur la communauté internationale en menaçant les routes commerciales à partir du Golfe et en passant par la mer d’Arabie, le golfe d’Oman et la mer Rouge.

Il est à indiqué que les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé à maintes reprises de cibler le mouvement commercial mondial, particulièrement les approvisionnements en pétrole, en cas où l’Iran serait la cible des frappes militaires américaines contre ses sites nucléaires. Le commandant-adjoint du corps «Khatam Al -Anbiya » au quartier général des Gardiens de la révolution, « Ali Shadmani », a précédemment dit : « les milices houthies comptent un million de résistants et de révolutionnaires qui soutiennent idéologiquement l’Iran ».

Par ailleurs, l’expert militaire, le brigadier, «Thabet Hussein», a indiqué que les Houthis rejettent la paix et ils exploitent chaque initiative de paix en tant qu’occasion pour se réorganiser et organiser leurs forces afin de continuer la guerre, selon ses propos.

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